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La messe Rorate, une autre manière de vivre l’Avent

MESSE RORATE
© Paroisse Saint-André
Messe Rorate en 2016 à la paroisse Saint-André de Reims (Marne). Le prêtre élève l'hostie à la simple lueur des cierges.
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Durant l’Avent, dans certaines paroisses, il est possible de vivre des messes « Rorate ». Célébrées tôt le matin à la seule lueur des bougies, elles permettent de se préparer à la venue de Jésus… autrement.

Fermez les yeux, humez l’air frais du petit matin, contemplez ces flammes vacillantes au parfum d’éternité… Durant l’Avent, dès potron-minet, quand certains dorment encore à poings fermés, quelques paroisses proposent des messes Rorate, célébrées avant l’aube et à la seule lueur des bougies. Leur nom vient du premier mot de l’hymne grégorienne Rorate caeli desuper chantée au tout début de la messe et qui signifie « Cieux, distillez d’en haut votre rosée » (Es 45, 8). Très pratiquée dans les pays alémaniques, cette liturgie permet de vivre l’attente de l’avènement du Christ de façon incarnée. Dans la plupart des grandes villes, il est possible d’y participer dans au moins un ou deux lieux. « En France, je pense qu’il y a un certain renouveau. Cela prend un petit peu d’ampleur », note auprès d’Aleteia le frère Cyrille-Marie Richard, dominicain et aumônier des étudiants à Strasbourg, qui leur propose cette démarche depuis 2018.

« Cette Lumière qu’on attend »

La célébration, qui se tient chaque mercredi à 6h15, est suivie d’un café accompagné de mänele — des brioches alsaciennes — puis des laudes à 7h30. « Nous sommes une bonne quarantaine. Et c’est déjà pas mal, quand il s’agit de faire se lever des étudiants pour une messe à 6h15 », s’amuse le religieux. « Il y a plusieurs aspects de la bougie. Il ne faut pas se le cacher, c’est un peu romantique », lance-t-il pour commencer. « C’est très beau et cela souligne des détails que l’on ne voit pas habituellement. Quand on la tient près du visage, elle fait ressortir certains traits que l’on ne voit pas habituellement », explique-t-il, osant le parallèle avec les tableaux de Georges de La Tour. « C’est une toute petite flamme prête à s’éteindre, qui peine à percer l’obscurité de l’église. L’obscurité a quelque chose de notre vie et la lumière symbolise cette Lumière qu’on attend. L’Enfant-Jésus est comparable à cette petite lumière. Peu l’ont reconnu dans la nuit de Bethléem ».

MESSE RORATE
© Paroisse Saint-André
Messe Rorate en 2016 à la paroisse Saint-André de Reims (Marne). La flamme des bougies vacille dans l'obscurité.

Au-delà des aspects esthétique et symbolique, il reconnaît l’aspect extraordinaire de cette liturgie, que renforce le decorum spécial. « On se lève tôt le matin pour la prière. Il y a quelque chose d’un peu extraordinaire qui marque le début d’une journée qui sera ordinaire. Même si c’est difficilement perceptible, c’est quelque chose qui nous vient du Ciel ». Le père Stephan Lange, curé de la paroisse Saint-André à Reims, parle de veiller ensemble. Chez lui, la démarche existe depuis sept ans. Chaque vendredi de l’Avent, à 6h45, la messe Rorate rassemble entre 200 et 250 personnes, parmi lesquelles une petite centaine d’enfants. Le prêtre s’en réjouit. « On fait un effort physique commun pour se lever tôt. Cela permet de se lever tous ensemble, d’être des veilleurs avant le lever du jour. C’est une belle démarche et c’est beau qu’il y ait des enfants ». Ici, le petit déjeuner est assuré par une paroissienne qui leur procure du pain frais et de la pâte à tartiner maison. « On fait la fête ensemble et on s’en donne les moyens », reconnaît-il. Une manière à la fois simple et belle de se mettre en route vers Noël.