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Avent : pourquoi Jésus se compare-t-il à un voleur ?

Por Jacob Lund/shutterstock
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Dans l’Évangile du premier dimanche de l’Avent, le Christ se compare à un voleur venant dans la nuit, alors qu’on ne l’attendait pas. Avec cette image aussi peu désirable, Jésus nous prévient que son arrivée à l’improviste nous déstabilisera tant ses bienfaits sont au-delà de nos idées reçues sur sa venue.

Pour signifier la bonne nouvelle de sa venue, Jésus a parfois usé d’images fortes qui peuvent nous surprendre tant elles semblent prendre le contrepied d’un heureux événement. En fait, il désire nous avertir que sa venue bouleversera de fond en comble nos cadres de vie.

« Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur devait venir, il aurait veillé et n’aurait pas permis qu’on perçât le mur de sa demeure. Ainsi donc, vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir » (Mt 24, 43-44) lit-on dans l’Évangile du premier dimanche de l’Avent, où le Christ se compare à un voleur venant dans la nuit, alors qu’on ne l’attendait pas ! Pourquoi a-t-il choisi une image si surprenante ? Elle ne semble pas faite pour éveiller le désir. En effet, un voleur est moins désirable qu’un fiancé, et difficilement identifiable à un porteur de bonne nouvelle ! Qu’est-ce qui a motivé Jésus dans le choix d’un personnage qui arrive à l’improviste pour dévaliser les dormeurs insouciants, alors qu’il est le Messie, le désiré des nations ? 

La force d’interpellation des paraboles

En fait, il faut se garder de prendre le récit au premier degré. Nous avons affaire ici à une parabole, et une parabole n’est pas une allégorie. Dans l’allégorie, chaque élément évoque une idée, et un personnage renvoie à une personne réelle. Il en va différemment avec la parabole où les situations ne sont pas transposables telles quelles dans la réalité, et les personnages ne correspondent pas forcément à un homme réel ou à un type humain particulier. La parabole nous fait plutôt pénétrer dans un monde imaginaire qui nous dépayse. L’univers des paraboles est assez différent du monde réel. La parabole emploie souvent le procédé de l’exagération.

Que l’on pense à celle du débiteur impitoyable qui doit à son maître une dette qu’une vie entière ne suffirait pas à rembourser ! Pareillement, on rencontre rarement dans la réalité un berger qui abandonne 99 brebis pour aller en chercher une qui s’est égarée ! Pourtant, tel est le sujet d’une parabole de Jésus. De la même façon, Jésus n’a pas délivré la parabole du voleur pour que soit appliqué à chacun des éléments qui la composent une idée ou un personnage bien précis, mais afin de nous faire réagir. La parabole vise en effet à interpeller un auditoire qui n’arrive pas à prendre la mesure du moment décisif qu’il est en train de vivre avec Jésus — moment de la venue du Messie dans le monde. Tel est l’objectif de la parabole du voleur. 

Si nous identifions purement et simplement le personnage du voleur à celui qui est l’objet de notre désir, il y aurait en effet matière à être déçu. Un voleur n’est jamais l’objet d’une attente fervente ! Or, l’Avent constitue le temps de la veille amoureuse durant laquelle nous guettons l’arrivée du Promis des siècles, de celui qui amènera la justice et la paix, ainsi que l’ont promis les prophètes. Dans ces conditions, pourquoi Jésus a-t-il opté pour l’image du voleur afin de décrire son avènement à la fin des temps ?

L’amour déstabilisant du Christ

La première raison tient à ce que le Christ désire que nous restions vigilants et éveillés dans la prière comme des personnes qui gardent un œil attentif sur la porte d’entrée par où pourrait entrer un cambrioleur. Il s’agit de guetter la venue de celui dont on sait qu’il doit venir. Car l’avènement glorieux du Christ est plus certain que la possibilité du cambriolage de notre propriété. Mais dans les deux cas, nous ne savons ni le jour ni l’heure. D’où la nécessité de rester sur nos gardes, et de ne pas s’assoupir.

Toutefois, cela n’explique pas complètement la raison pour laquelle le Christ s’assimile à un personnage aussi négatif qu’un voleur. Mais comme nous le soulignions précédemment à propos de la différence entre allégorie et parabole, il ne s’agit pas de l’identifier littéralement au voleur du récit. La clé de l’énigme se trouve non pas du côté du Christ, mais plutôt du côté de la perception que nous avons de son amour et de ses exigences. Car nous désirons tout maîtriser dans nos existences, nos affections comme le reste. Or, l’Amour divin s’introduit souvent en nous comme un hôte que l’on n’attendait pas — ou comme un… voleur ! Avec l’amour, c’en est fini de notre belle indépendance ! Un Autre a investi la maison !

En parlant de sa venue comme de celle d’un voleur, Jésus ne désire pas instiller la crainte en nous, ni nous avertir qu’il va nous dérober les rares biens que nous possédons. Il tient seulement à nous prévenir que son amour est plus grand que toutes les idées que nous nous en faisons. Avec la parabole du voleur qui chamboule notre intérieur, Jésus attire notre attention sur sa miséricorde qui nous amènera plus loin que ce que nous avions prévu initialement. Son amour bouleversera nos habitudes de confort. Le Christ n’a pas trouvé d’image plus parlante que celle du voleur survenant dans la nuit pour exprimer le changement qu’il va produire en nous si nous acceptons de le recevoir. 

Une nouveauté à laquelle il faut nous préparer

De surcroît, son amour est tellement au-delà de ce que nous pouvons imaginer qu’il est nécessaire, pour l’accueillir, que nous mourions à une partie de nous-mêmes. Cette nouvelle naissance est comparable à une mise sens dessus dessous de notre domicile ! Ainsi, en empruntant l’image du voleur, Jésus nous prévient que son arrivée à l’improviste nous déstabilisera tant ses bienfaits sont au-delà de nos idées reçues au sujet de sa venue — que cette venue concerne sa naissance dans nos âmes aujourd’hui, ou bien son avènement glorieux à la fin des temps. 

Paradoxalement, pour nous faire toucher du doigt cette bonne nouvelle qui dépasse toute imagination, Jésus s’est servi d’une image négative afin que nous apprenions à surmonter notre appréhension devant un jamais-vu qui n’entre pas dans le cadre de nos logiciels de pensée.

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