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Maggy, après la guerre au Burundi, le nécessaire pardon

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Après avoir assisté malgré elle à des massacres durant le conflit ethnique qui a éclaté au Burundi en 1993, Marguerite Barankitse a fondé la Maison Shalom, qui aide les victimes des conflits à se réparer intérieurement. Pourtant, elle n’a pas été épargnée. Son souffle, elle le tient d’en haut. Elle a raconté son histoire à Aleteia.

Les ongles peints d’un rose vif, la tête couronnée d’un foulard bigarré, tout sourire et le visage franc, on la sent coquette et éminemment féminine. Marguerite Barankitse, 63 ans, est la fondatrice de la Maison Shalom, qui agit au Rwanda  auprès des personnes traumatisées par les conflits dans leurs pays, que ce soit le génocide au Rwanda ou la crise de 2015 au Burundi. « Maggy », ainsi qu’on l’appelle, a une foi à déplacer les montagnes. Pas étonnant, quand on sait qu’elle est née au Burundi, joliment surnommé par ses habitants « le pays aux mille et une collines », par esprit de taquinerie vis-à-vis de leurs voisins rwandais.

En 1993, alors que s’affrontent tragiquement Hutus et Tutsis, la jeune femme âgée de 37 ans assiste, impuissante, au massacre de 72 personnes dans sa ville natale de Ruyigi. Sa foi, transmise par sa mère Thérèse, l’aide à surmonter cette épreuve. « C’est ma foi qui m’a gardée parce que j’ai pensé que Jésus aussi sur la croix avait été assassiné par les gens qu’il connaissait », affirme-t-elle avec douceur. « Si je n’étais pas chrétienne, je me serais suicidée », lance-t-elle sans détour.

« Faire naître une nouvelle génération »

À la suite de cette tuerie, elle accueille et cache 25 enfants. C’est le début de l’aventure Shalom, un lieu qui éduque, forme et donne un métier aux victimes de la guerre afin de briser le cycle de la violence et de leur transmettre une culture de paix. En 35 ans, Shalom est venu en aide à plus de 50.000 enfants. « J’ai voulu faire naître une nouvelle génération et éduquer ces enfants à la tolérance, au pardon, à la réconciliation. Mes enfants avaient besoin d’un lieu de convivialité, d’une maman qui leur dit : “Vous avez du prix, je vous aime” », poursuit « Maggy ». « On avait cet amour et cette conviction que c’est possible d’aller au-delà de toutes ces souffrances ».

Lire aussi : La bouleversante histoire de pardon de « la petite fille au napalm »

Les enfants l’appellent « Oma », un petit nom affectueux pour désigner une grand-mère, signe qu’ils se sentent aimés. Shalom, c’est « l’aurore dans l’horreur », note la fondatrice. Une métaphore qui n’est pas sans rappeler la scène finale d’Électre, de Giraudoux. « Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, mais que l’air pourtant se respire […] ? […] Cela porte un très beau nom : cela s’appelle l’aurore ».

Oui, l’horreur, cette femme de paix l’a connue jusque dans sa chair, elle qui a perdu une soixantaine de membres de sa famille durant la guerre civile. Jugée dangereuse, elle a été chassée de son pays en 2015 et vit à présent au Rwanda en attendant de pouvoir rentrer chez elle. Pourtant, le pardon a été plus fort que le reste, même si, insiste-t-elle, il n’exclut pas la justice. « Je crois qu’il n’y a pas d’avenir sans le pardon. Le pardon vous libère et libère aussi celui qui vous a fait du mal. En tant que chrétienne, la valeur la plus sublime, c’est le pardon ». Chez cette maman de cœur, l’amour a gagné, sans nul doute : « L’unique vocation humaine qui vaille la peine, c’est aimer. On nous demande d’être des instruments de communication de cet amour de Dieu. Moi, le Bon Dieu m’a donné cette sublime vocation vers les enfants : leur redonner toute la dignité ».

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