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Le jour où Blaise Pascal a découvert « qu’il est raisonnable de croire »

© LPLT - Wikimedia commons
Cloître de Port-Royal dans l’hôpital Cochin à Paris.
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C’est au cours de la nuit du 23 au 24 novembre 1654 que le philosophe Blaise Pascal rencontre le Christ. À l’occasion du 365e anniversaire de cette conversion, « Mémorial », le texte dans lequel il raconte sa « nuit de feu », sera lu à la chapelle de Port-Royal, en ouverture de la célébration de la messe.

C’était il y a 365 ans. Dans la nuit du 23 au 24 novembre 1654, entre 10h et demie et minuit et demie Blaise Pascal, l’un des plus grands génies français, va vivre ce qu’il appellera sa « nuit de feu ». Il y fait l’expérience de Dieu en ressentant pleinement sa présence et s’abandonnant totalement à lui. Mystique, surprenante, touchante… Les mots furent nombreux par la suite pour décrire ce qu’a vécu Blaise Pascal. Mais aucun d’eux ne s’en approche vraiment à l’exception de ceux du penseur lui-même. Dans un texte intitulé Mémorial, Blaise Pascal décrit ce qu’il s’est passé :

L’an de grâce 1654,

Lundi, 23 novembre, jour de saint Clément, pape et martyr, et autres au martyrologe.
Veille de saint Chrysogone, martyr, et autres,
Depuis environ dix heures et demie du soir jusques environ minuit et demi,

FEU.

« DIEU d’Abraham, DIEU d’Isaac, DIEU de Jacob »
non des philosophes et des savants.
Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix.
DIEU de Jésus-Christ.
Deum meum et Deum vestrum.
« Ton DIEU sera mon Dieu. »
Oubli du monde et de tout, hormis DIEU.
Il ne se trouve que par les voies enseignées dans l’Évangile.
Grandeur de l’âme humaine.
« Père juste, le monde ne t’a point connu, mais je t’ai connu. »
Joie, joie, joie, pleurs de joie.
Je m’en suis séparé:
Dereliquerunt me fontem aquae vivae.
« Mon Dieu, me quitterez-vous ? »
Que je n’en sois pas séparé éternellement.
« Cette est la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
Jésus-Christ.
Jésus-Christ.
Je m’en suis séparé; je l’ai fui, renoncé, crucifié.
Que je n’en sois jamais séparé.
Il ne se conserve que par les voies enseignées dans l’Évangile:
Renonciation totale et douce.
Soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur.
Éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre.
Non obliviscar sermones tuos. Amen.

« C’est un texte bien mystérieux », confie à Aleteia le père Franck Derville, aumônier de l’hôpital Cochin et de la maternité Port-Royal. Il célébrera ce dimanche 24 novembre à 10h30, à la chapelle de Port-Royal, la messe au cours de laquelle sera lu ce texte. « En découvrant ce texte cousu dans son pourpoint, ses contemporains avait compris qu’il s’était passait quelque chose dans la nuit du 23 au 24 novembre 1654, sans bien savoir quoi. Aujourd’hui on parle de conversion, c’est plus exactement une expérience mystique ». « Ce texte peut être compris comme des notes d’oraison », reprend le prêtre. « Il n’avait très certainement pas vocation à être publié, c’est une sorte de jaillissement, traduisant une expérience intérieure, affective mais aussi intellectuelle ». Pour le père Franck Derville, c’est un peu comme si, dans cet événement « Blaise Pascal avait été saisi par la profonde convergence entre la foi et la raison, comme s’il avait découvert qu’il était raisonnable de croire».

Blaise Pascal
Janmad / Wikipedia
Blaise Pascal

À la mort de Blaise Pascal, son serviteur trouvera même une copie de ce texte cousu dans la doublure de son vêtement. Des proches diront qu’il s’agissait pour lui de « conserver le souvenir d’une chose qu’il voulait avoir toujours présente à ses yeux et à son esprit ». « Chacun a dans sa vie des moments où il a été marqué, saisi par une rencontre », détaille le père Franck Derville. « Blaise Pascal a simplement pris la plus pour garder témoignage de cela, il a senti que cette rencontre était fondatrice ».

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Quel signification peut avoir aujourd’hui pour nous cet événement ? « Il est intéressant de rappeler cet événement est d’abord de l’ordre de l’expérience de la grâce de Dieu a l’œuvre dans le cœur de quelqu’un. Cet anniversaire tombe chaque année lors de la solennité du Christ Roi et nous interroge : qu’est-ce que reconnaître la royauté, la seigneurie du Christ sur nos vies ? Blaise Pascal en a fait l’expérience : il ne parle pas du Dieu des savants mais du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob le « Dieu de Jésus Christ » ». Tout au long de ses expériences, « Blaise Pascal a pris conscience de la fragilité de l’homme au cœur de l’univers ». Ce qui est certain, reprend encore le prêtre, « c’est que ce texte reflète énormément les questions d’aujourd’hui. Blaise Pascal y a répondu en s’ouvrant à plus grand que lui ».

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