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Les Toqué Frères, l’art de la rue qui fait du bien

© Frères Toqué
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Dans la ville de Paris et aux alentours, les frères Félix et Marin Toqué parsèment les rues de leurs messages joyeux. Cela donne des peintures qui mettent du baume au cœur. Dostoïevski a encore des disciples et, qui sait, la Beauté sauvera peut-être le monde.

Depuis bientôt cinq ans, les frères Toqué œuvrent côte à côte pour s’adonner à leur passion : la peinture et l’amour des jeux de mots. La capitale française les connaît bien à force de faire sourire ses passants et, grâce à eux, les murs de Paris sont un peu moins gris.

Éphémères ou permanents, les messages des deux frères ont toujours le même but : faire du bien. De même pour leurs peintures murales, aux styles hétéroclites mais toujours harmonieux, qui laissent surgir leur fibre artistique. Humbles, ils déclarent s’inscrire dans la lignée des graffeurs, peignant parfois sur des boîtes « Relais » ou des murs de chantier. Mais, comme en témoignent certaines peintures, ce sont bien là des artistes. « Éthique et esthétique sont une seule et même chose », écrivait le philosophe Ludwig Wittgenstein. On y pense quand on tombe sur l’un de leurs dessins. Au détour des immeubles et des devantures commerciales, leur vision de la vie essaime. « Aux innocents les mains pleines ! », « La vie est belle et vous êtes comme elle », « L’amour gagne toujours », « Dites à l’avenir que nous arrivons », « Éteignez vos portables allumez vos cœurs! », « N’ayez pas peur » ou encore « Fais-moi l’humour toute la nuit », c’est le style Toqué Frères.

Une devise : peindre avec du sens

Plus jeune, Marin fait une école d’art. Quant à son frère Félix, il traîne dans la rue depuis ses 13 ans pour colorer les murs à la bombe ou à l’aide de collages. C’est lors de son travail d’éducateur à Marseille qu’une idée émerge chez ce dernier. Une tuerie éclate dans le quartier. En réponse à l’acte de violence et en hommage aux morts, il décide de peindre une fresque avec les jeunes dont il s’occupe. Un geste très « apprécié par les personnes du quartier ». Plus tard, les frères décident de conjuguer leurs talents et d’en faire leur métier. À eux deux, l’imagination ne tarit jamais. Si certaines de leurs peintures murales sont éphémères, d’autres sont heureusement permanentes. Municipalités, associations, hôpitaux, écoles, restaurants et particuliers, — pour n’en citer que quelques-uns —, ils sont aujourd’hui nombreux à faire appel à leur art de jouer avec les mots tout en beauté. Ils peignent aussi des paysages et rendent les murs colorés pour égayer les plâtres et ciments les plus réfractaires. Depuis leur petit succès parisien, les clients abondent et en redemandent. Les passants aussi !

Frères Toqué
© Frères Toqué

La reconnaissance s’est également faite dans le milieu du street-art où les sollicitations et opportunités ne manquent pas. Mais les frères Toqué ne briguent pas la gloire. « Aujourd’hui, j’essaye de donner du sens à cette activité, d’embellir la ville mais je n’ai pas envie d’entrer dans une logique purement marchande », rétorque Félix. « Je développe donc davantage les chantiers d’insertion, les ateliers participatifs avec des jeunes de quartiers en difficulté. » L’homme, premier servi donc, et Dieu aussi à travers lui, même si leur foi reste discrète. Le but est de toucher le maximum de personnes.

Frères Toqués
© Frères Toqué

Marie et la Trinité ont de beaux jours devant eux

Chose assez surprenante, leur reproduction de la Trinité d’André Roublev est dans la rue depuis quatre ans « sans que personne n’ait osé y toucher », précise Félix, assez étonné de n’y voir aucun tag alors qu’elle est en plein Paris. Il lui arrive même de dessiner la Sainte Vierge et personne non plus n’ose y toucher, contrairement à d’autres références religieuses. D’un design très classique à des influences plus mexicaines, leurs peintures se révèlent très douces. Une patte personnelle bienvenue dans l’enfer des grandes villes. « L’impact de notre travail ne nous appartient pas, ça peut porter ses fruits comme être détruit en cinq minutes », explique encore Félix.

Un jour, un coup de téléphone de Marseille prouve la force de leur action. Au bout du fil, une femme explique que depuis trois ans leur phrase « confiance, Dieu t’aime » la porte tous les jours. Une anecdote parmi d’autres qui les renforce dans leur intuition. Mais la clef du mystère est peut-être ailleurs. Félix prie spontanément quand il peint, quelque soit le client ou le dessin à faire. Pour l’heure, les frères Toqué veulent continuer leur œuvre. « Au-delà du graphisme soigné, le message qu’on veut faire passer est quelque chose de positif. On voudrait également peindre des poèmes qu’on aime dans la rue. » Il paraît même que d’autres Vierges pourraient faire leur apparition…

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