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Une religieuse privée de maison de retraite à Vesoul ?

religieuse
© Anton Opanasiuk - Shutterstock
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C’est une information de France Bleu Besançon qui a provoqué, ce mardi 19 novembre, un vif émoi sur les réseaux sociaux. Une religieuse âgée de 70 ans s’est vue refuser une place en maison de retraite à cause de son voile. Une interprétation surprenante de la laïcité par la maison de retraite de Vesoul qui, devant le tollé suscité, s’est vue contredite en fin d’après-midi par le maire de Vesoul et l’Observatoire de la laïcité.

C’est le père Florent Belin, curé de l’église Saint-Georges-de-Vesoul, qui a choisi de raconter dans son bulletin paroissial du mois de novembre cette histoire. Une religieuse âgée de 70 ans a fait part de son souhait de revenir en Haute-Saône pour sa retraite après des années passées dans un couvent de la Drôme. Fin 2018, elle fait alors une demande dans la structure « Foyer Logements », une résidence pour personnes âgées gérée par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville de Vesoul. Sur liste d’attente, c’est le presbytère qui la loge en attendant. En juillet 2019, la sœur reçoit un courrier du CCAS de la ville de Vesoul lui précisant que si une place se libérait, on lui demanderait de ne pas porter son habit religieux, « dans le respect de la laïcité tout signe ostentatoire d’appartenance à une communauté religieuse ne peut être acceptée en vue d’assurer la sérénité de toutes et de tous ».

Choquée par ce refus, la communauté paroissiale s’organise pour loger la sœur qui se retrouve en appartement, seule, et meurtrie de ce refus, elle qui a consacré sa vie à la prière, et toujours en habit. Après l’émoi local, c’est France Bleu Besançon qui révèle, ce mardi 19 novembre, l’affaire au grand public, indiquant que lors de son enquête sur ce refus, le président du CCAS de Vesoul, Claude Ferry, par ailleurs premier adjoint au maire, a parlé « d’une affaire classée ». « La religieuse a refusé la place qui lui était proposée, elle n’a pas voulu accepter le règlement intérieur qui est le même pour tout le monde », a-t-il affirmé.

Lire aussi : Laïcité : 87% des Français sont attachés à la loi de 1905

S’ils sont souvent décriés, les réseaux sociaux ont néanmoins permis de mettre en lumière, aujourd’hui, cette décision ubuesque. En moins d’une demi-journée, l’histoire a fait le tour de Twitter et les réactions choquées de très nombreux internautes se sont multipliées. Cécile Duflot, ancienne ministre de François Hollande, a par exemple parlé de « dinguerie » et s’est attristée de cette décision violente. « Et puis surtout demander à cette femme qui a toujours vécu en habits de religieuse et en communauté de choisir entre ses vêtements et la solitude, c’est une grande violence. Face aux croisés des principes sabre aux clair, on peut choisir l’humanité et la délicatesse aussi », explique-t-elle dans son message.

L’abbé Grosjean et le père Amar ont également réagi en dénonçant une mauvaise interprétation de la laïcité :

Ancien député du Tarn et maire de Lavaur, Bernard Carayon a rappelé qu’on : « Ne refuse pas l’accès à sa maison communale de retraite une religieuse parce qu’elle porte la tenue de son état ! »

Quelques heures à peine après le tollé suscité, le maire de Vesoul, Alain Chrétien, s’est dit « stupéfait de la découverte de cette polémique » dans un communiqué de presse sans équivoque. Il faut dire que même l’Observatoire de la laïcité, par la voix de Nicolas Cadène, s’est étonné de la décision du CCAS de Vesoul, « la laïcité n’impose la neutralité qu’à l’administration et ceux qui exercent un service public. Illustration d’une dérive visant à neutraliser tout le monde en tout lieu, ce qui s’oppose à la laïcité » a-t-il indiqué fermement.

Le maire de Vesoul a donc tenu à rappeler que « ni le règlement intérieur des résidences, ni les principes de laïcité auxquels nous sommes tous attachés, n’empêchent cette sœur d’accéder à un logement. L’obligation de neutralité s’applique aux agents du service public et pas aux résidents qui doivent pouvoir jouir de leur liberté de conscience. » Et pour clore la polémique, le maire ajoute : « Je m’engage personnellement à lui trouver une place aux Résidences Autonomies si elle souhaite les intégrer ».

Reste à savoir ce que décidera la sœur qui, sans aucun doute, souhaite avant tout le respect et la discrétion, elle qui a toujours vécu ces valeurs dans une vie entière donnée à la prière. Le père Florent Belin a indiqué ce 20 novembre que la paroisse lui avait « trouvé un appartement afin de vivre dans la quiétude » au sein de la communauté. L’accueillir « est une richesse pour nous tous », a-t-il précisé.

Lire aussi : Pour Emmanuel Macron, la laïcité c’est « 1905, rien que 1905 »

Cet article a été modifié le 20 novembre 2019 à 17h afin d’y ajouter les propos du père Florent Belin sur l’avenir de la religieuse.

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