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Le testament spirituel d’Arcabas enfin achevé

© Arcabas
Les derniers vitraux ont été posés en novembre 2019.
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Un an après sa mort, les 24 vitraux qu’Arcabas a imaginé pour la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble sont enfin installés. Sa fille, Isabelle Pirot et le vitrailliste Christophe Berthier, qui a réalisé les vitraux dans son atelier, partagent avec Aleteia l’histoire de cette grande aventure artistique qui sonne comme le testament spirituel de l’artiste.

Le 23 août 2018, l’artiste isérois Arcabas s’éteignait, laissant inachevée la dernière grande œuvre de sa vie : les 24 vitraux de la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble. Une commande titanesque que l’artiste avait d’abord refusée, présentant que son âge avancé ne lui permettrait pas de voir cette œuvre achevée. Si la vie lui a donné raison, sa passion pour le vitrail l’avait pourtant emporté sur ses réticences.

Un projet qui aura duré huit ans

Cette grande aventure artistique et spirituelle commence en 2012. À cette époque, la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble s’apprête à être entièrement restaurée. Mais pour parachever ce projet d’envergure, il manque un élément essentiel : des vitraux. L’église, qui ne possédait que des verrières translucides, laissait passer la lumière avec beaucoup trop d’abondance. L’architecte en chef en charge de la rénovation de l’église, qui apprécie le travail d’Arcabas, et en accord avec l’évêché, se tourne naturellement vers l’artiste pour lui demander d’apporter à la basilique sa touche finale. Après plusieurs semaines de discussion, Arcabas accepte et se lance dans l’aventure.

© Arcabas
Les derniers vitraux ont été posés en novembre 2019.

En décembre de la même année, il pénètre pour la toute première fois dans l’église, accompagné de sa femme et de l’architecte. L’artiste s’imprègne des lieux et réfléchit au thème qu’il veut aborder. Quelque temps plus tard, il dévoile son projet : « Avec ce que j’ai à ma disposition, la lumière et la couleur, je voudrais faire partager à mes frères les hommes, ma reconnaissance au Créateur de qui émane toute beauté. Ainsi voilà mon projet, que la grâce vienne ! »

Rendre gloire à la Création de Dieu

Et comment mieux remercier le Créateur de la beauté du monde qu’en louant sa Création ? Ce sujet, cher à son cœur, il l’avait déjà expérimenté à plusieurs reprises dans sa vie. « Mon père a toujours porté une affection particulière pour le thème de la Création », confie sa fille Isabelle. « C’est un sujet qui revient régulièrement dans son œuvre, comme une sorte de louange au monde. C’est d’ailleurs l’une de ses dernières paroles, un mois avant de mourir. Il était assis et disait, “Je regrette… je regrette de quitter ce monde” », confie-t-elle avec émotion.

Arcabas a choisi de réaliser ses vitraux sur le thème de la Création.

Profondément chrétien, Arcabas voyait dans son œuvre, profane ou religieuse, l’occasion de remercier Dieu pour la beauté du monde et les petits bonheurs du quotidien. Artiste éclectique, on l’a souvent catalogué trop rapidement dans la case de « l’artiste chrétien » produisant exclusivement des œuvres « sacrées ». « Son art dépassait pourtant la sphère religieuse », insiste sa fille. « Il peignait de tout, aussi bien la vie du Christ que des natures mortes ou de simples objets du quotidien. C’est son amour pour la beauté du monde qui était véritablement révélatrice de sa foi. Elle transcendait toutes ses œuvres. »

De l’abstrait au service de la lumière

D’une productivité incroyable, Arcabas réalise la maquette des 24 vitraux de la basilique de Grenoble en une soirée. Son choix se porte très rapidement sur une iconographie abstraite : « Les vitraux du Sacré-Cœur sont abstraits ; il n’y a pas de clé de lecture. La thématique de l’église du Sacré-Cœur est la Création, c’est-à-dire ce que rencontrent nos yeux. Les harmonies dans le silence, les formes et leur signification et leur prolongement parfois étrange, mènent l’homme loin, vers le pourquoi et le comment, dans l’humilité, près de celui que nous nommons Dieu », dira-t-il.

Vitrail Arcabas
© Arcabas
Christophe Berthier dans son atelier achève l'œuvre de son ami Arcabas.

Pour réaliser ce grand projet, il se tourne naturellement vers son grand ami de toujours, le vitrailliste Christophe Berthier avec qui il travaille depuis plus de 20 ans. Celui-ci, très ému à la disparition d’Arcabas, s’attachera à poursuivre fidèlement le travail de l’artiste jusqu’à la pose de la dernière verrière, en novembre de cette année. « Nous avons eu la chance de travailler ensemble pendant de très nombreuses années. Chacun connaissait parfaitement le travail de l’autre. Cela a grandement facilité le chantier », confie à Aleteia Christophe Berthier. « La particularité du vitrail, ajoute-t-il, est qu’il est le résultat du travail de deux artistes. Dès le début du projet, nous avions déjà réfléchi ensemble à ce que nous voulions faire pour ces vitraux », ajoute-t-il. Et si ces derniers mois Arcabas n’arpentait plus l’atelier, sa présence était pourtant bien omniprésente, notamment grâce à la multitude de croquis qu’il a laissés.

© Arcabas
Les croquis d'Arcabas côtoient les vitraux dans l'atelier de Christophe Berthier.

Désormais intégralement posés depuis quelques semaines, les 24 vitraux offrent un résultat saisissant. Transpercées par la lumière, les verrières colorent l’édifice d’une incroyable palette de couleurs chatoyantes. « Quand j’ai vu les premiers vitraux posés, j’étais subjuguée », confie sa fille Isabelle. « J’étais comme baignée dans la lumière, c’était merveilleux. Ce qui est magnifique dans cette église, c’est que rien ne vient troubler l’œil. Notre regard peut embrasser l’intégralité des vitraux d’un seul coup. Cet aspect plaisait à mon père et c’est pourquoi il a préféré privilégier l’abstrait au figuratif. L’intérêt n’était pas de déchiffrer des scènes mais de se laisser emporter par cet embrasement de lumière », ajoute-t-elle.

Un retour aux sources

À 25 ans, Arcabas effectuait son premier grand chantier d’art sacré pour l’église Saint-Hugues-de-Chartreuse (Isère) sur le thème de la Création. Avec la basilique de Grenoble, il a renoué avec ses premiers amours. « La boucle est bouclée », témoigne sa fille. « On peut dire qu’il s’agit de son testament spirituel », confie-t-elle. Le projet, qui sera inauguré par deux concerts exceptionnels le 29 et 30 novembre prochain, sera l’occasion de découvrir cette œuvre magistrale dans toute sa splendeur. S’il s’agit bien de sa dernière grande œuvre, les mois à venir réservent cependant encore quelques surprises. Un projet, plus modeste, qu’il avait élaboré pour la petite chapelle de la commune de Saint-Christophe-sur-Guiers (Isère) près de chez lui, sera concrétisé par l’atelier de Christophe Berthier. « Celui-ci évoquera à nouveau le thème de la Création », confie sa fille. Une ultime œuvre à la gloire de Dieu.

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