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Quelle réponse chrétienne à l’islam grandissant ?

Shutterstock-affendi shahidan
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Comment attester de sa foi auprès des musulmans, s’interroge Mgr Dominique Rey dans son dernier livre, « L’Islam, menace ou défi ? » (Artège). Faut-il annoncer Jésus-Christ, ou se contenter de vivre chrétiennement ? L’évêque de Fréjus-Toulon évoque l’exemple des premiers temps de l’Église. Le chrétien doit oser le dialogue pour faire connaître la vérité. Il doit surtout donner le témoignage du désir de vivre lui-même le message de l’Évangile du Christ.

Quelle réponse chrétienne à la présence musulmane croissante dans notre pays ? Dans un contexte de nouvelle évangélisation, cette question a toute son importance et doit susciter l’intérêt de bon nombre de chrétiens. Seulement, l’idée d’une « réponse chrétienne » laisse songeur quand le christianisme lui-même a du mal à répondre à ses propres questionnements et à ses propres défis dans un contexte de sécularisation et de laïcisme.

Humilité et réalisme

Les catholiques, en particulier, ont-ils quelque chose de pertinent à proposer à notre société ? À voir les églises qui se vident, le clergé vieillissant ou le taux de catéchisation toujours en baisse, il pourrait être permis pour beaucoup d’en douter. La parole chrétienne est-elle encore crédible alors que l’assistance dominicale est réduite à peau de chagrin, que les séminaires ferment et que l’influence des croyants dans le débat public s’amoindrit ? Sans cynisme ni découragement, le chrétien doit donc se demander s’il a encore les moyens de porter le témoignage de la foi auprès des musulmans. Le Christ d’ailleurs nous invite à faire preuve d’humilité et de réalisme : « Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui : “Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !” » (Lc 14, 28-30)

Relire l’histoire de l’Église

Avant donc de construire la tour de la Nouvelle Évangélisation, les chrétiens sont invités à une remise en cause, à un questionnement sur leur propre identité, sur ce qui fait le cœur de leur foi et qui peut motiver un élan missionnaire. L’Église doit accepter de se laisser évangéliser elle-même, de se convertir jour après jour. Une telle remise en cause passe par un nécessaire travail de relecture, par une analyse de l’histoire de l’Église pour découvrir les périodes et les lieux où l’œuvre d’évangélisation a donné les meilleurs fruits et ceux où elle a semblé stagner ou reculer. À vrai dire, ce travail historique existe déjà et il serait inutile de paraphraser des analyses déjà réalisées. Néanmoins, à titre d’exemple, on peut mentionner la période de la naissance du christianisme. Cette époque a quelque chose de fascinant pour les historiens car il est difficile pour eux d’expliquer le triomphe du christianisme en seulement trois siècles. Comment rendre compte de l’expansion du message chrétien alors que ce message était né dans une région isolée de l’Empire romain et qu’il avait été prêché par des personnes souvent peu cultivées et sans pouvoir culturel ?

Lire aussi : « Prions pour qu’un esprit de dialogue et de réconciliation naisse au Moyen-Orient »

On a évoqué des raisons conjoncturelles et des éléments purement naturels ou culturels qui ont pu favoriser ce rapide développement. Mais d’une manière générale, le christianisme était irrecevable par les Grecs et violemment combattu par les Romains des premiers siècles. De plus, on ne peut pas rendre compte de ce développement sans aller interroger les premiers intéressés à savoir les chrétiens eux-mêmes. Voyons donc ce que nos pères dans la foi ont à nous dire. Comme le résume si bien le père Cantalamessa, « ce que les historiens des origines chrétiennes ne retiennent pas, ou qu’ils jugent peu important, est cette incontrôlable certitude que les chrétiens de jadis, du moins les meilleurs d’entre eux, avaient de la bonté et de la victoire finale de leur cause. “Vous pouvez nous tuer, mais nous nuire, jamais”, avait dit le martyr saint Justin au juge romain qui le condamnait à mort. À la fin, c’est cette tranquille certitude qui leur a garanti la victoire, qui a convaincu les autorités politiques de l’inutilité de leurs efforts pour supprimer la foi chrétienne1 ».

La tranquille certitude de la foi

Les chrétiens d’aujourd’hui qui entendent se consacrer à l’œuvre de la nouvelle évangélisation sont appelés à redécouvrir cette tranquille certitude de ce qu’ils annoncent, à embrasser pleinement la foi et l’espérance chrétienne ainsi que la charité du Christ pour en vivre et pour les faire rayonner à travers le monde. C’est sur le rocher du Christ que se bâtira la tour de la nouvelle évangélisation ; c’est en puisant dans le trésor de l’Église — c’est-à-dire le cœur du Christ — que le chrétien retrouvera toute la crédibilité nécessaire à son œuvre missionnaire. Au fond, même si l’état du christianisme en Occident est loin d’être réjouissant, si les chrétiens sont minoritaires dans un monde qui a oublié ses racines et son baptême, ils savent que le Christ ne les abandonnera pas s’ils acceptent de Le laisser agir. La première mission des chrétiens dans le monde est donc d’aimer le Christ, de pratiquer, à l’instar des premières communautés chrétiennes, la charité fraternelle et de faire connaître la miséricorde de Dieu. Comme le rappelait le pape François dès le début de son pontificat, « l’Église est mondaine et n’est qu’une “ONG pietosa [pitoyable]” si elle ne professe pas Jésus2 » !

Lire aussi : Ces convertis de l’islam dont on ne parle pas

Annoncer en suscitant le dialogue

La réponse du chrétien à l’islam statistiquement grandissant est donc une personne : Jésus. Seulement, pour que Jésus soit une réponse, il faudrait qu’une question soit posée… Face à un islam qui s’affirme et s’affiche, il nous revient de susciter le dialogue, dans une posture qui ne cède en rien au syncrétisme ou au relativisme, mais qui vise à promouvoir la fraternité, l’accueil, l’écoute mais aussi le témoignage personnel, l’annonce kérygmatique et l’apologétique. Le mot dialogue peut paraître suranné et vide de sens, mais si nous le prenons dans son acception philosophique, au sens où Platon l’utilisait dans ses fameux Dialogues, alors ce mode d’échange aura pour but de rechercher la vérité, de la connaître afin de la faire connaître. Et puisque pour le chrétien, la vérité a le visage du Christ, le dialogue ainsi compris est une réelle démarche d’évangélisation qu’il faut mettre en œuvre.

Être un témoin

Reste à savoir si les musulmans seront au rendez-vous de ce dialogue et si les chrétiens seront suffisamment chrétiens pour attester de leur foi. À la première de ces interrogations, on peut répondre que la majorité des musulmans est ouverte au dialogue : la sérieuse dévotion que montrent bon nombre de croyants de l’islam commande le respect et témoigne de leur bonne volonté, en dépit de la montée en puissance d’un fanatisme religieux agressif.

Quant à la deuxième de ces interrogations, il appartient à chaque baptisé d’y répondre personnellement. L’annonce de l’Évangile est la résultante de l’adhésion de chaque chrétien au message de l’Évangile. S’il veut être cohérent avec ses propres convictions, le chrétien ne peut qu’être un témoin. Il est membre engagé de l’Église qui existe pour ce qui n’est pas encore l’Église. Le Seigneur attend des disciples missionnaires mais les disciples ont-ils soif de mission ?

Artège

L’islam : menace ou défi ?, Mgr Dominique Rey, Artège, octobre 2019, 15,9 euros.


[1] Père Raniero Cantalamessa, première prédication pour l’Avent 2011.
[2] Pape François, homélie pour la première messe de son pontificat à la Chapelle Sixtine.

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