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Quand la transgression vise à empêcher de penser

Emission Ca commence aujourd'hui

Capture d'écran France 2

Émission "Ça commence aujourd'hui" du 18 octobre.

Xavier Patier - Publié le 28/10/19

Quand les médias du service public mettent en scène l’éloge de pratiques interdites, c’est moins la loi qui est violée que l’intelligence. Le courage de la transgression a peur de la vérité.

« On peut violer les lois sans qu’elles crient », avait relevé Talleyrand. Les chaînes publiques d’information l’ont aussi compris, qui mettent en scène, ces temps-ci, des témoignages de violeurs de loi qui prennent le parti de soutenir la gestation pour autrui.

France 2, par exemple, a proposé le 18 octobre une émission qui portait un bien beau titre : « L’amour face aux préjugés ». On se doute de quel amour et de quels préjugés il se pouvait agir, mais ne polémiquons pas. Parmi les invités de l’émission se trouvait Jean-Jacques : en 2012, celui-ci participait à La Manif pour tous et aujourd’hui, il est l’heureux grand-père de Valentin, né d’une GPA. Quel émouvant témoignage ! Public Sénat n’est pas en reste : dans l’émission « Dialogue citoyen » du 25 octobre, au cours d’un débat contradictoire (quand même) la chaîne mettait en avant le propos d’un jeune homme né par PMA, expliquant son combat au service de la GPA.

Les transgresseurs sont des héros

La presse écrite n’est pas en reste. Prenons le journal La Montagne, qui vient de fêter son centenaire : La Montagne n’est pas un média public, mais, comme les autres titres de la presse quotidienne régionale, elle mériterait d’être appelée ainsi tant nos impôts œuvrent à sa survivance, et comme tout le monde elle est soumise au respect de la loi. Il y a peu, La Montagneprésentait sans se poser la moindre question une femme qui, grâce au service d’un site internet illégal (dont les coordonnées étaient complaisamment indiquées dans l’article) avait pu devenir mère sans qu’un père ne vienne perturber son projet personnel : « Un géniteur qui, jamais, ne sera le père de mon enfant » précisait-t- elle. Et d’ajouter : « Je ne cherchais pas un père, mais un géniteur. Il n’y aura pas une place pour le père. » Nous n’avons évidemment pas connaissance de l’opinion de l’enfant sur cette façon de procéder : cette histoire manifestement ne concerne que les grandes personnes et ne prive personne de rien. Le journal tirait de cette tranche de vie une triomphante conclusion : « Il faut être ouvert… Il faut que la société évolue. »


PREGNANT

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Ces témoignages illégaux méritent sans doute d’être écoutés, mais de là à faire de ces transgresseurs des héros, il y a tout de même un pas. Car le point commun à tous ces violeurs de loi est qu’ils ne courent aucun danger, non plus que les médias qui les mettent en avant. De nos jours, du point de vue du risque pénal, il vaut mieux pratiquer la GPA que de tourmenter son chat ou, si l’on est allocataire du RSA, que de voler une pizza surgelée dans une grande surface.

Le crime de penser

Mais il y a beaucoup plus grave. Vraiment, que dire devant des médias qui n’usent de leur pouvoir que pour nous empêcher de penser ? De penser à ce que peut être l’avenir des enfants privés délibérément de filiation. De penser à ce que serait un homme affranchi de son statut de créature vivante. De penser à ce que vont devenir notre dignité et à notre liberté dans un monde où la procréation deviendrait une affaire de commodité. De penser, tout simplement. Disons-le : derrière ces histoires de transgressions à l’eau de rose, derrière ces émouvants témoignages dans l’air du temps, se cache une énorme entreprise de censure. Une philosophe qui a eu le tort de réfléchir à ces questions, de les prendre au sérieux et d’y consacrer intelligence et énergie, Sylviane Agacinski, vient d’en faire les frais. Elle a été interdite de parole à l’université de Bordeaux. Pourtant elle était universitaire. Pourtant elle n’était pas d’extrême-droite. Mais elle avait une pensée. Penser : voilà le nouveau péché.


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On cherche à nous voler nos intelligences. Celui qui viole sans aucun risque la loi, veut-on nous faire croire, ne fait qu’anticiper un progrès à venir : le médecin qui pratique l’euthanasie, les couples qui recourent à la GPA, les journalistes qui en sont tellement émus sont un peu plus avancés que nous, voilà tout. C’est comme les nouvelles générations de téléphones mobiles : il y a ceux qui les ont et ceux qui ne les ont pas encore. La GPA, il va falloir y passer, on y passera, on y passera de toute façon : c’est à se demander pourquoi le Parlement perd son temps à en débattre. Voilà le scandale ! Quand la République se détraque, quand les lois ne font plus que mettre en musique, et avec un temps de retard, les fantasmes des apprentis sorciers, il y a de quoi s’inquiéter pour nos institutions, pour nos libertés et pour nos enfants. De nos jours, l’intelligence a besoin du courage de dire non.

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Bioéthiquemediaspma gpa
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