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À 60 ans, Astérix est toujours le fils de son père

Asterix
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Soixante ans, c’est l’âge de notre petit Gaulois national, qui célèbre en ce mois d’octobre 2019 soixante années d’aventures et de succès. Une réussite infatigable, née de l’imagination de son père littéraire, « le plus cosmopolite des Français et le plus Français des cosmopolites ».

Notre Gaulois préféré et son inséparable ami fêtent leurs soixante printemps en grande pompe avec la sortie d’un nouvel opus, La Fille de Vercingétorix. Une langue enlevée, à la fois de la France d’aujourd’hui et pétrie de références culturelles plus classiques anime les histoires des derniers albums. Cet équilibre est l’assurance d’une fidélité réelle à l’esprit de l’inventeur d’Astérix, René Goscinny.

Destinée cosmopolite, esprit français

René Goscinny fut sans doute le plus cosmopolite des Français et le plus Français des cosmopolites. Ses parents étaient juifs, nés sujets du tsar, en Pologne et en Ukraine. Fuyant les persécutions antisémites dans l’empire, ils trouvèrent chacun refuge en France, où ils se rencontrèrent et fondèrent leur famille. René, deuxième enfant du couple, naquit en 1926, année de la naturalisation française de ses parents. La famille de sa mère exerçait le métier d’imprimeur et d’éditeur, son père était ingénieur chimiste. La culture était, dans la maison Goscinny, un allant de soi. Le monde du livre russe, yiddish, polonais et allemand voisinait avec une culture française à laquelle toute la famille avait adhéré de grand cœur.

En 1928, toute la famille s’embarque pour Buenos Aires, en Argentine, où Stanislas Goscinny, le père, exerçait depuis un an comme secrétaire général de la Jewish Colonization Organisation, association favorisant la création de colonies agricoles en Palestine et en Amérique pour les juifs d’Europe, notamment de l’Est. Malgré cette vie sud-américaine, René fut uniquement scolarisé en écoles françaises. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Goscinny vivent les événements à distance, mais René se considère comme personnellement concerné. Il multiplie les caricatures politiques et exprime ses premiers désirs de carrière dans le monde de l’illustration. La mort de son père en 1943 pousse précocement le jeune homme vers la vie active. L’existence devenant trop difficile matériellement en Argentine, il tente la chance à New York, avec sa mère.

Mais le rêve américain, qui se poursuivra sous d’autres formes par la suite, ne l’éloigne pas de la France, où il rentre en 1946, pour effectuer son service militaire, continuant de dessiner au régiment, au point de se faire positivement remarquer par son général, Jean de Lattre de Tassigny.

Des rencontres décisives

Après sa période militaire, René rentre aux États-Unis, où il poursuit sa carrière d’illustrateur et commence à développer celle de scénariste. Le succès n’est guère au rendez-vous, mais quelques premières rencontres interviennent, qui jalonnèrent son destin, notamment avec Morris, père de Lucky Luke, et avec lequel René Goscinny signa 38 albums de 1955 à 1977, et avec Jijé, le prolifique auteur belge et catholique, connu entre autres pour une superbe bande dessinée consacrée à Don Bosco et une autre sur la vie de Baden Powell. Avec Jijé, c’est l’esprit de la bande dessinée qui se développe chez René.

Au début des années 1950, René a rejoint le groupe World Press, qui fournit en bandes dessinées et en auteurs des magazines francophones, comme Spirou. Il rencontre là deux autres figures capitales de sa carrière : Charlier (l’auteur de séries inoubliables comme Buck Danny, Barbe-Rouge et Blueberry), et surtout Uderzo. De la collaboration avec le premier naîtra la série Tanguy et Laverdure, avec le second, Oumpah Pah, et notre cher Astérix. 1953 marque la réinstallation définitive en France, et le début d’un travail prolifique au sein de World Presse ; René Goscinny commence enfin une carrière brillante et devient, pas à pas, un auteur en vue, délaissant progressivement le dessin pour les scénarios.

L’aventure de Pilote et la naissance d’Astérix

Prenant l’étendard du statut alors malmené des auteurs d’illustrés pour la jeunesse, afin d’en améliorer la rémunération, il se fâche avec World Press, qu’il quitte. Mais ce départ lui permet, en 1959, de fonder le journal Pilote avec Uderzo et Charlier. Le premier numéro de l’hebdomadaire est aussi l’occasion de la parution de la première planche d’Astérix Le Gaulois.

Avec Pilote commence une nouvelle aventure de la bande dessinée. Sous l’impulsion de René Goscinny, une école française, formée initialement dans les groupes belges, voit le jour et s’épanouit. Astérix en est la figure de proue dès l’origine. Pour comprendre la qualité exceptionnelle de cette œuvre qui allie culture populaire contemporaine (Il suffit de relire les premiers albums pour retrouver Guy Lux caricaturé dans Le Domaine des dieux, ou les Beatles dans Astérix chez les Bretons) et culture classique (Immortalisée souvent par les références des pirates, telle leur radeau de la méduse dans Astérix légionnaire), illustration archétypale et bienveillante de notre caractère national, râleur, batailleur, gouailleur, brave, sensible et toujours singulier, il faut connaître la vie de l’auteur des scénarios d’Astérix.

Il aimait la France

René Goscinny ne cessa jamais d’aimer la France. Il la connaissait et la chérissait. Il la chanta à sa manière dans les albums de l’irréductible Gaulois. Il pouvait aussi l’apprécier avec la distance qui permet l’humour, car sa culture rassemblait les eaux de plusieurs fleuves.

Après Astérix chez les Belges, l’œuvre fut continuée, avec plus ou moins de bonheur, mais toujours dans un esprit de fidélité à Goscinny. À notre tour, rendons-lui hommage, et en découvrant La Fille de Vercingétorix, prenons aussi le temps de relire les albums plus anciens, avec l’œil de l’adulte que nous sommes, et toujours quelque part notre esprit d’enfance. À la volée et pour la route, selon une sélection très personnelle, lisez Le Tour de Gaule d’Astérix, Le Combat des chefs, Le Chaudron, Astérix chez les Helvètes ou Obélix et Compagnie. Bonne lecture !

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