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Reportage : 24h à Rome avec le « cardinal de la rue »

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Il est celui qui effectue les œuvres de charité au nom du Pape à Rome. Le cardinal polonais Konrad Krajewski va quotidiennement, dans les gares romaines ou les passages souterrains, à la rencontre des plus pauvres et des plus démunis. Reportage.

Ici à Rome, personne n’est surpris de le voir dans les gares romaines ou les passages souterrains. Effectuant les œuvres de charité au nom du Pape depuis six ans, le cardinal Konrad Krajewski est le « prolongement » de ses mains et de son cœur. « Le Saint-Père se rendrait volontiers seul dans la rue. Après tout, nous savons qu’à Buenos Aires, il faisait le tour de la ville et mangeait avec les pauvres plusieurs fois par semaine », explique-t-il. Son travail tout à la fois inhabituel et ordinaire m’a toujours fasciné et m’a décidé à entrer en contact avec lui : « Puis-je demander un entretien avec son Éminence ? » lui ai-je demandé prudemment avant d’ajouter : « Je sais que vous n’êtes pas disposé à faire des déclarations aux médias, mais peut-être une seule phrase ? » Requête à laquelle l’aumônier du Pape m’a répondu : « Dès que vous serez à Rome, je vous inviterai à Termini ou à Tiburtina, et ensuite on verra. » Arrivée à Rome, je savais que je ne me sentirais pas à l’aise comme une simple journaliste qui allait écrire un article sur son travail ou plutôt la mission spéciale du prêtre Konrad : aider les plus démunis. La question des pauvres et, comme on dit souvent de manière réductrice des marginaux, a toujours eu une place toute particulière à ses yeux.

« Père Corrado, j’ai besoin d’un rasoir »

Après la Sainte Messe du jeudi matin à la grotte du Vatican présidée par le cardinal, je me suis rendus aux bains, construits sous la colonnade de la place Saint-Pierre. Le cardinal m’a demandé si j’écrivais pour Aleteia. Je lui ai répondu par l’affirmative, en ajoutant que la rédaction était internationale et fonctionnait en huit langues. À ces mots, le cardinal Corrado, comme l’appellent ses proches, s’est arrêté et m’a confié : « Une sculpture dédiée aux réfugiés a récemment été inaugurée ici. Il s’agit d’un sujet très important et essentiel pour le Saint-Père, qui a récemment béni cette sculpture. Elle n’a pas seulement une dimension symbolique. Elle représente les réfugiés et les migrants à travers les siècles, de nationalités et de langues différentes, et ayant divers parcours de vie « .

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En chemin, nous en venons à aborder le fait que la solitude et le manque d’amour sont la plus grande pauvreté au monde. En approchant des bains publics, un groupe important est là : « Père Corrado, j’ai besoin d’un rasoir, j’ai besoin de me raser », lance un homme avec impatience. « Et j’ai très faim depuis ce matin », se plaint un deuxième. « Retrouvons nous plus tard Porte Sainte-Anne avec mes volontaires. Nous irons à Tiburtina ce soir », m’a lancé le cardinal. Après quoi il a immédiatement commencé à répondre aux besoins de ses protégés. Malgré la nervosité de certains sans abris liée aux problèmes matinaux quotidiens, j’ai remarqué leur joie et leur soulagement quand leur Père s’est approché d’eux, car ils savent qu’il résoudra tous les problèmes. Les petits comme les grands.

Mes amis de Rome m’ont expliqué que le père Corrado apportait son aide 24 heures sur 24, constituant souvent l’ »ultime recours » de ces personnes. Il rappelle souvent à tout le monde que Jésus a également cherché et aidé les pauvres. Il leur rendait leur dignité. Après être passée sous la Porte Sainte-Anne d’un pas incertain, je suis arrivée 10 minutes avant le départ pour la gare de Tiburtina. Un officier suisse a deviné où je me dirigeais et m’a dit que la voiture attendait, et que tout le monde allait arriver. Sur le chemin de la gare, le père Konrad s’est approché de moi. Ayant entendu dire que je ne voulais pas être simplement un témoin qui allait « écrire un article », mais que je voulais aussi aider, il m’a dit : « Sœur Hania va bientôt arriver et elle vous expliquera tout. » Et une sœur pallottine souriante est apparue, avec Magdalena à ses côtés, une étudiante en psychologie. Les deux volontaires m’expliquent en quoi consiste leur tâche. Sœur Hania aide déjà depuis quatre ans, non seulement en se rendant dans les gares mais également en aidant les sans-abris dans les bains publics, car ils ne peuvent pas tous se laver et mettre des vêtements propres seuls.

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Nous étions également accompagnés du père Maksymilian et du père Daniel, ayant un sens de l’humour vraiment italien. Nous sommes sortis dans les rues de Rome, et le père Konrad me glisse que les officiers de la Garde suisse se portent souvent volontaires. Quand nous arrivons à la gare de Tiburtina j’entends de loin les cris enthousiastes des « habitants » de la gare : « Père Corrado, Buona sera ! » Le père Konrad s’équipe d’un simple gilet jaune et tous les autres font de même, moi y compris. Parmi la foule de personnes qui attendent de l’aide, je remarque un homme en costume et, très surprise, je demande à sœur Hania si cet homme est lui aussi venu pour demander de l’aide. Il s’agit en réalité du directeur adjoint de la poste du Vatican. Il n’a pas eu le temps de se changer, étant probablement arrivé immédiatement après le travail. D’autres volontaires sont également sur place.

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Beaucoup de personnes ont besoin d’aide. Le père Konrad dépose un dîner chaud dans des assiettes jetables et sert ses protégés qui attendent dans une file d’attente. Tout cela dure deux heures. Après avoir servi le dîner, ainsi que des mets à emporter et des produits d’hygiène, nous nettoyons la zone et repartons. Cette fois, la voiture est conduite par le « cardinal de la rue », l’autre surnom du père Konrad. En rentrant par la Porte Sainte-Anne, je salue le garde d’astreinte qui m’a aidé auparavant, pensant en même temps qu’il ne me répondrait pas étant donné qu’il est de service. Mais l’officier remarque mon geste spontané et me salue en retour. De retour chez les amis romains qui m’hébergent, je me rappelle la phrase que le père Corrado m’a dite un jour : nous avons tous des pauvres autour de nous.

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