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À Saint-Émilion, découvrir le fruit de la vigne dans l’esprit de la Bible

Delpixel / Shutterstock
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Depuis 2017, une quinzaine de vignerons des paroisses de Saint-Émilion (Gironde) se sont regroupés en une association au nom évocateur : le Cercle de Cana. Forts de leur foi et de leur passion pour la viticulture, ils accueillent touristes et visiteurs pour leur présenter leurs vins dans l’esprit de la Bible.

Comment choisir son vin quand on est chrétien ? La question peut sembler surprenante, c’est pourtant celle que s’est posé Bruno Mousset, ingénieur culturel et scénariste de parcours de visites. Il faut dire qu’à Saint-Émilion, où il effectue une mission en 2017 pour travailler à la mise en valeur de la collégiale, le choix est vaste. Plus de 150 châteaux sont présents sur le territoire ! Avec une telle offre, choisir son vin devient un véritable casse-tête.

C’est au cours de la messe dominicale que Bruno Mousset a l’étincelle : « l’Évangile parlait de la place des ouvriers dans la vigne, je me suis dit qu’ici, il y avait vraiment quelque chose à faire.». Il relève l’omniprésence de la vigne dans la Bible, citée plus de 110 fois. Et le vin, fruit de la vigne, est encore plus abondamment cité (plus de 220 fois). « Les paroles mêmes de Jésus témoignent de la forte imprégnation du symbole viticole dans le monde chrétien : “Moi, je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron” (Jn 15, 1) ! »  De ce constat, l’idée fait son chemin : « certains producteurs adhèrent à des labels : agriculture biologique, séjour-dégustation, vignerons indépendants… il existe quatorze labels sur le territoire. Pourquoi n’y en aurait-il pas pour les visiteurs chrétiens ? »

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Une idée qui rencontre vite l’enthousiasme de l’abbé de Rozières, curé de Saint-Émilion : « le vin n’est pas un fruit ordinaire du travail de l’homme. Avec le pain, il est voulu par le Christ Jésus comme nécessaire à la célébration de l’Eucharistie : le sacrement de Son amour par excellence ». Sous sa houlette, une quinzaine de vignerons, tous engagés dans la vie paroissiale du secteur pastoral de Saint–Émilion, se regroupent pour former le Cercle de Cana (un nom adopté à l’unanimité !). Leur objectif : faire découvrir leurs vins avec une vision différente en alliant l’œnotourisme à la pastorale du tourisme. « L’idée n’est pas de faire des vignerons-apôtres. Les vignerons paroissiens accueillent tout le monde avec professionnalisme et passion, mais les visiteurs qui se réclament du Cercle de Cana sont assurés de rencontrer des personnes qui non seulement leur proposent un produit de qualité mais partagent également les mêmes convictions » précise Bruno Mousset.

saaton / Shutterstock

Une belle initiative qui met à l’honneur le produit et ceux qui le travaillent, dans un contexte pas toujours facile. « Le métier se transforme, c’est devenu une industrie, de nombreux châteaux appartiennent à de riches étrangers, à des compagnies d’assurances…  Il est très difficile de conserver une propriété familiale », regrettent Olivier de Marcillac, trésorier du Cercle de Cana. Une évolution qui fait qu’aujourd’hui, « le vin est présenté et vendu comme un produit marketing pour un tourisme de masse, de façon anonyme et impersonnelle. Nous voulons sortir de cette vision des choses, avec son discours purement mercantile, et faire découvrir le vin différemment. Nous sommes attachés à notre profession, à nos vignes, à notre vin mais nous sommes aussi attachés à notre Église et nous voulons démontrer que les deux ne sont pas incompatibles, au contraire ! »

« Un vrai témoignage de foi »

Et quand on fait un produit différent, il faut le vendre de façon différente. Alors les membres de l’association suivent une formation originale avec un coach bien particulier. « Tous les trois à quatre mois, nous nous retrouvons autour de l’abbé de Rozières qui nous présente une analyse de certains passages de la Bible autour de la vigne et du vin et de textes de saint Thomas d’Aquin sur les noces de Cana, le premier miracle de Jésus » explique Olivier de Marcillac. Ces formations nous font prendre conscience que nous sommes des privilégiés car nous avons la chance de porter le fruit de notre travail jusqu’à l’autel ». Quel travailleur peut en dire autant ? « Le labeur de nos vignerons s’achève sur deux tables de grande noblesse, développe l’abbé de Rozières, l’autel lors de la messe et votre table lors de vos repas d’amitié ».

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Ces rencontres créent une véritable émulation au sein des vignerons paroissiens. « Le groupe est assez jeune, l’ambiance chaleureuse et conviviale. Nous avons des centres d’intérêt communs, les mêmes préoccupations … l’association représente une cellule de vie à la fois paroissiale et professionnelle, ce n’est pas courant et cela crée un lien fort ente nous ». « La création du Cercle de Cana et son action représentent une très belle initiative et un vrai témoignage de foi », souligne Bruno Mousset qui se prend à rêver que ce genre de projets se reproduise dans d’autres vignobles.

le domaine de saint émilion
Joaquin Ossorio Castillo - Shutterstock

Si la démarche est belle et le projet porteur de sens, il n’est pas encore évident d’en estimer les retombées économiques. Comme tous les créateurs et porteurs de projet, les vignerons paroissiens se heurtent aujourd’hui aux problèmes du développement et de la promotion de leur association. Ainsi que le résume Olivier de Marcillac : « il y a chaque année un million de visiteurs à Saint-Émilion, venus essentiellement pour le vin. On estime que la moitié environ traverse la collégiale. Mais c’est bien le problème, ils ne font que la traverser ! Comment les retenir et expliquer notre action ? ».

« Nous avons désormais la chance d’avoir la magnifique fresque de François Peltier représentant l’Apocalypse exposée dans le cloître, se réjouit Jérôme Dohet. Elle attire de nombreux touristes et notamment des chrétiens, mais il faudrait une présence bénévole et régulière sur place pour aller au devant des visiteurs et leur présenter le Cercle de Cana, idéalement le weekend et pendant les vacances scolaires. Pas facile de concilier tout cela avec le travail et la vie de famille. » Les idées et la volonté ne manquent pas, reste à trouver la formule qui permettra aux vignerons paroissiens de mieux se faire connaître.

Quand les liqueurs se font monastiques :
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