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Et si l’internat correspondait à mon enfant ?

SHUTTERSTOCK
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Remettre en question le système scolaire classique pour envisager l’internat ne se fait pas sur un coup de tête. Cela exige un dialogue en profondeur entre les parents et leur enfant, un discernement dans le choix de l’établissement, et l’acceptation d’un grand chamboulement dans la vie de famille. La pension peut répondre à des besoins ou à des désirs inscrits dans le cœur de certains enfants. Tout l’enjeu consiste à les découvrir et à proposer des solutions. Voici des pistes pour discerner, proposer et accompagner son enfant dans le choix d’un internat.

Les internats ont le vent en poupe, notamment auprès du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui a projeté pas moins de 240 créations et rénovations d’établissements d’ici 2022, selon son plan dévoilé cet été : « l’internat du XXIe siècle ». Une alternative à l’enseignement classique, poursuivant le double objectif de la réussite scolaire et de l’égalité des chances. Cependant, envoyer son enfant en pension exige en amont un discernement et une préparation qui sont loin d’être anodins.

Une réponse à des attentes

Tanguy, 14 ans, est rentré cette année en classe de seconde, interne dans un établissement privé parisien, alors que sa famille habite dans le Loiret. « Mon mari et moi avons d’abord soumis l’idée à Tanguy, en lui disant que ce serait une belle expérience pour lui, aussi bien sur le plan humain que spirituel. Nous savions que cet établissement pouvait contribuer au développement de sa personne, l’aider à discerner sa vocation en tant qu’homme, une offre que ne proposent pas les lycées à proximité, et tellement importante à l’adolescence ! Sans compter que la vie communautaire correspond bien à son tempérament, et que l’établissement a un bon niveau », explique Anne, sa mère.

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Si c’est avant tout le souci de formation humaine qui a motivé les parents de Tanguy, d’autres familles sont attirées par un enseignement bien spécifique. Marie, 39 ans, est mère de quatre enfants dont deux sont en pension : Louis, 12 ans, entame sa deuxième année en 5ème parmi les Petits chanteurs à la Croix de bois, et Martin, 15 ans, est entré en seconde dans un lycée spécialisé dans les arts du cirque. Marie voit ses deux garçons grandir et s’épanouir. Le chant mais aussi la joie d’être entouré en permanence de tous ses amis comblent le cœur de Louis qui avait émis dès le CM2 l’envie très forte de consacrer du temps à la musique. Quant à Martin, dont les années de collège un peu fades l’avaient déçu, il a retrouvé dynamisme et sens des responsabilités grâce à ses projets sportifs et une bonne ambiance d’équipe. Une idée qui lui est venue alors qu’il regardait un reportage sur le métier de cascadeur : « Alors qu’on se demandait, avec mon mari, de quoi il aurait besoin pour retrouver un peu de pep’s, c’est à ce moment qu’il a fait part de son intérêt pour les arts du spectacle ». Être à l’écoute des désirs profonds de son enfant est une des clés pour pouvoir discerner ce qui est bon pour lui.

Une solution à des besoins

Outre satisfaire des attentes particulières, il existe d’autres raisons pour lesquelles l’internat peut se révéler une bonne solution. Claire Messager, psychologue à l’école Fénelon-Vaugours (Seine-Saint-Denis), établissement privé sous contrat doté d’un internat, en distingue trois : quand un enfant souffre de solitude ou est livré à lui-même en raison de l’absence, plus ou moins marquée, de ses parents (travail, maladie, décès…). Quand un enfant évolue dans un environnement familial conflictuel ou toxique. Ou bien quand un enfant est en échec scolaire. Dans ces cas-là, la vie en communauté, l’encadrement, le rythme de vie et de travail, peuvent fournir un cadre rassurant et propice à l’épanouissement de l’élève.

Comment proposer l’internat ?

Si certains enfants sont demandeurs et affichent clairement leur volonté d’intégrer un internat, d’autres montrent beaucoup moins de zèle à quitter le cocon familial. La première attitude à respecter, souligne la psychologue, est de ne pas utiliser l’internat dans un schéma de chantage, le brandissant comme une menace ou comme une punition, mais au contraire « de le présenter comme une alternative à une situation actuelle qui ne serait pas satisfaisante ». Pour cela, elle invite à discuter avec l’enfant pour trouver ce qui ne convient pas (solitude, ennui, conflit familial, échec scolaire…), à lui demander : « Est-ce que tu veux que ça change ? » et à lui montrer que dans des conditions différentes, les choses pourront changer. Faire participer l’enfant au changement est un gage de réussite et une manière de le préparer.

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Claire Messager insiste sur le fait de sélectionner avec lui une liste d’internats, de visiter leur site sur Internet, de mettre en avant les activités sportives proposées ou un autre aspect du projet pédagogique qui pourrait l’intéresser, de demander à visiter les lieux… C’est ce qu’ont fait l’année dernière les parents de Tanguy. Car initialement, leur proposition n’a pas remporté un franc succès auprès de leur fils. Jusqu’à ce qu’il rencontre, seul à seul, le directeur de l’école. « Alors que le feeling n’était pas passé avec d’autres chefs d’établissement, il est ressorti du bureau en étant très motivé pour intégrer ce lycée », raconte Anne. Et de préciser que les témoignages des autres élèves avaient également contribué à faire pencher la balance.

Qu’attendre de l’internat ?

Vie fraternelle, encadrement scolaire, dimension spirituelle, rythme régulier, enseignement spécifique… sont autant d’aspects qui plaisent et qui contribuent à l’épanouissement des jeunes pensionnaires. La mère de Martin en est la première surprise : « Depuis sa rentrée en seconde, il s’est donné comme objectif d’avoir quinze de moyenne. C’est étonnant comme le fait d’avoir un projet l’a complètement transformé ». Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un « choix familial hyper engageant », selon les mots d’Anne, la mère de Tanguy. « Ça chamboule une vie de famille ! Il y a clairement un manque, un vide dans la maison, perçu par la fratrie aussi. Mais nos enfants ne nous appartiennent pas, il est juste de les laisser partir si cela est bon pour eux », confie-t-elle.

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Véritable soutien éducatif aux familles, l’internat ne peut cependant pas faire de miracles, alerte de son côté Claire Messager. « Parfois, les attentes des parents sont très élevées, mais la vie en pension ne va pas résoudre tous les problèmes », constate la psychologue. Il y a un ajustement nécessaire à faire entre les espoirs des familles et ce que propose l’établissement.

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