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Éducation : le succès du groupe Facebook qui dit non au smartphone

Pixabay
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« Parents unis contre les smartphones avant 15 ans », c’est le nom d’un groupe Facebook créé en août, rassemblant les parents qui veulent résister à la pression émise aussi bien par leur ado que par la société pour donner un smartphone. Un groupe à contre-courant des messages ambiants et qui, pourtant, rencontre un franc succès.

Plus de 4.500 membres en deux mois. Deux administratrices convaincues que l’union fait la force, des parents soucieux des dangers que peut avoir un smartphone entre les mains d’un enfant de moins de 15 ans, mais aussi des pères et des mères qui étaient sur le point de craquer et qui ont désormais les arguments pour résister. Un groupe à contre-courant de l’évolution de la société puisque 83% des 12-17 ans aujourd’hui possèdent un smartphone, mais dont l’écho qu’il suscite prouve bien le malaise flagrant : les parents cèdent, mais à contrecœur. Comme s’ils percevaient, plus ou moins consciemment, les dégâts que peuvent causer les smartphones sur les plus jeunes. La seule solution donc, selon Marie-Alix Le Roy, 46 ans, mère de deux enfants, à l’origine du groupe : « S’unir, pour dire non aux smartphones et faire baisser la pression ».

Un groupe Facebook qui conforte les parents

« Lorsque ma fille de 8 ans est revenue un jour de l’école et m’a demandé la signification de certains mots pornographiques, là j’ai pris la mesure de la gravité et des dangers des smartphones. Car il s’est avéré qu’un petit camarade avait visionné un film pornographique et faisait à une petite fille un chantage à la fellation », raconte Marie-Alix Le Roy. Fortement ébranlée, elle s’est formée, informée, elle a lu des livres, écouté des conférences, discuté avec de nombreuses personnes, pour se rendre compte que « les parents étaient à des années-lumière d’imaginer tout ce qu’il se trame via les smartphones, et tous les dégâts qu’ils engendrent sur les enfants ». La lecture d’un article sur Aleteia fut un déclencheur : alors que beaucoup d’amis autour d’elle étaient en train de céder à la pression pour donner un téléphone à leur enfant, elle décide de créer un groupe Facebook pour se serrer les coudes entre parents qui disent non.

Lire aussi : Et si les parents s’unissaient pour dire non au smartphone ?

Depuis août dernier, 4.500 parents (un chiffre qui augmente tous les jours) échangent de bonnes pratiques, partagent des articles, des études, des reportages sur l’impact des smartphones sur le quotidien des enfants. Nombreux sont les membres du groupe qui témoignent de leur vécu et de leurs expériences (enfin surtout celles de leurs enfants) : les notes qui remontent après un usage contrôlé du téléphone, la fausse mise à l’écart de ceux qui n’auraient pas what’s app, la remise en question des parents face à leur propre utilisation, les dégâts de la pornographie… Le groupe permet de tenir bon, de se dire qu’on n’est pas tout seul dans la « lutte », et que ce n’est pas vrai que « tout le monde en a un ». La preuve ! Une maman a récemment confié qu’elle était sur le point de céder mais qu’elle avait désormais, grâce au groupe, les arguments pour dire non. Et pour l’expliquer à sa fille.

Des actions groupées

Les membres ne se contentent pas de se serrer les coudes tout en s’auto convainquant dans un agréable entre soi. Ils organisent des conférences, cherchent des solutions pour atténuer cette injonction au smartphone si jeune, en incluant notamment les établissements scolaires dans leur démarche. Les parents impliqués ont à leur disposition un argumentaire à faire valoir auprès des directeurs pour faire connaître le mouvement. Un site internet est en cours de création, afin de répertorier, par école, le nombre de parents engagés. Le groupe incite également à se manifester auprès des grandes enseignes qui commercialisent des jouets un peu trop connectés. Bon nombre de parents ont ainsi émis des avis critiques sur les comptes Facebook et Twitter des fabricants et distributeurs d’un téléphone portable (avec connexion Internet !) destiné aux enfants de 3 à 8 ans. Une manière d’appeler les entreprises à prendre leur responsabilité, au moment même où les experts de la petite enfance s’accordent à dire qu’il existe un lien entre l’exposition précoce aux écrans et les troubles cognitifs.

Lire aussi : Cadrer l’usage des écrans avec la règle des 3-6-9-12

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