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L’invasion de la Syrie par la Turquie frappe les chrétiens de plein fouet

ATTACK
NAZEER AL-KHATIB | AFP
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L’ordre donné par le président des États-Unis Donald Trump de retirer les troupes américaines du Nord-Est de la Syrie a ouvert grand la porte à une invasion de la région par la Turquie. Ce virement de bord américain a donné à la Turquie une opportunité de redessiner ses frontières et de déployer une stratégie à plusieurs facettes. Alors que la crise prend de l’ampleur, une chose est sûre : les chrétiens ainsi que les autres minorités se retrouvent à nouveau dans l’œil du cyclone.

Entre 30 000 et 40 000 chrétiens vivent dans le Nord-Est de la Syrie : des Arméniens, des Chaldéens, des Assyriens, des syriaques catholiques et orthodoxes. Bien qu’étant soumis à certaines restrictions, ils vivaient jusqu’alors sous la protection des Kurdes dans une zone s’étendant sur 500 kilomètres entre l’Euphrate et la frontière irakienne. Les Kurdes constituaient la majeure part des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) qui combattaient l’État Islamique aux côtés des forces américaines. 

Maintenant que les Kurdes vont très probablement s’engager dans un combat contre les forces armées turques, les chrétiens et les autres minorités craignent de ne plus bénéficier de leur protection. Ce conflit pourrait ainsi provoquer un nouvel exode de la population chrétienne, alors que celle-ci a déjà baissé de 80 % dans certaines régions du pays depuis le début de la guerre civile en 2011. Plus grave encore, les Kurdes ont prévenu qu’ils pourraient abandonner la surveillance de pas moins de 11.000 prisonniers de l’État Islamique, ce qui constituerait une importante menace pour toute la région. 

L’instauration d’une zone de sécurité

Déjà, certains migrants ont fui la zone de conflit et sont en train d’atteindre le Kurdistan et le Nord de l’Irak. Cette nouvelle vague de réfugiés vient mettre à mal la capacité du gouvernement local et de l’Église à pouvoir les prendre en charge. L’archidiocèse chaldéen d’Erbil, au Kurdistan irakien, avait déjà accueilli plus de 120.000 chrétiens ayant fui le Nord de l’Irak lorsque celui-ci avait été envahi par l’État Islamique. L’archidiocèse compte toujours 40.000 « personnes déplacées internes » et n’a tout simplement pas les moyens de faire face à une nouvelle vague migratoire en provenance de la Syrie. Le Liban quant à lui ne constitue pas une alternative viable. En effet, le pays, dépassé par le million de réfugiés syriens qui occupent son territoire, a désormais pour politique de renvoyer les migrants dans leur pays d’origine. 

L’archevêque d’Erbil Bashar Warda s’inquiète fortement du fait qu’à nouveau, « les chrétiens et les Yazidis soient des victimes collatérales » de l’instabilité provoquée par les forces en puissance dans la région. Il craint que de nombreux réfugiés chrétiens en provenance du Nord-Est de la Syrie décident, dans la mesure où le Kurdistan ou le Nord de l’Irak ne peuvent pas les accueillir, de quitter tout bonnement le Moyen-Orient. 

Les pays occidentaux vont-ils prendre position et décider de protéger les chrétiens et les autres minorités ? Les acteurs non gouvernementaux tels que les organisations humanitaires confessionnelles vont devoir pallier les besoins immédiats comme ils le peuvent. Pour sa part, « l’Aide à l’Église en Détresse va continuer à tenir fermement son engagement visant à protéger et soutenir les chrétiens au Moyen-Orient et au-delà », a déclaré George Marlin, directeur général de l’AED aux États-Unis. 

La Turquie a l’intention d’instaurer une zone de sécurité large de 30 km le long de sa frontière avec la Syrie dont les objectifs seraient multiples. Elle pourrait notamment server de lieu d’accueil forcé à une grande partie des 3,6 millions de réfugiés syriens se trouvant pour l’instant en Turquie. En effet, renvoyer ces réfugiés du territoire turc – la porte d’entrée vers l’Europe – constituerait pour le président Erdogan un important moyen de pression vis-à-vis de l’UE qui lui permettrait de négocier des sommes atteignant plusieurs milliards de dollars pour avoir empêché ces réfugiés d’atteindre le continent européen. Cette zone permettrait également à la Turquie de revendiquer d’importantes ressources locales telles que des terres cultivables, de grandes quantités d’eau en provenance du Tigre et de l’Euphrate et des réserves de gaz naturel. 

D’autres velléités turques ?

Il se pourrait d’ailleurs que les velléités turques ne s’arrêtent là. Il est en effet fort probable que le président Erdgan souhaite étendre le contrôle de son pays sur le territoire syrien à la zone du Nord-Ouest de la Syrie, ce qui pourrait entraîner le déplacement massif d’autres chrétiens vers le nord de l’Irak, notamment ceux vivant à Alep, qui sont au nombre de 30.000. Un tel cas de figure constituerait sans doute « le début de la fin de la présence chrétienne en Syrie », a déclaré le père Mesrob Lahian, un prêtre catholique arménien basé à Alep. 

La décision très critiquée de Donald Trump de retirer les troupes américaines du Nord de la Syrie a provoqué une succession d’évènements hautement imprévisibles qui pourrait aboutir à d’importants conflits armés entre les principales forces en puissance dans la région, à savoir la Russie, l’Iran, les États-Unis, la Turquie et le régime syrien. Au final, d’après l’archevêque d’Erbil Bashar Warda, cette escalade de violence pourrait bien mener à ce qui constituait l’un des objectifs de l’État Islamique : l’éradication du christianisme au Moyen-Orient. 

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