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Le volontariat, une réponse à l’appel Laudato Si’ ?

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DCC I Grange
Sébastien Bevand, chargé de gestion d’un eco-lodge et d’agroforesterie au Vietnam.
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« J’ai toujours eu l’intime conviction qu’on ne peut pas faire attention à la planète sans faire attention à son frère », affirme Hugues Pinel, 27 ans, volontaire à la Délégation catholique pour la Coopération (DCC) depuis neuf mois en Équateur. Se fondant sur l’enseignement que le pape François a développé dans son encyclique Laudato Si’, la DCC propose à ses volontaires de vivre une expérience prenant en compte toutes les dimensions de l’Homme.

Et si vous répondiez à l’appel lancé par le pape François dans Laudato Si’ en mettant les voiles ? Attention, il n’est pas question ici de fuir ses responsabilités ou de larguer les amarres sans garder de point d’ancrage. Il s’agit plutôt de se mettre au service. « Au cours de ma dernière année d’étude, je me suis demandé quelles grandes orientations je voulais donner à ma vie, et comment fortifier ma foi et l’unifier avec ma vie, en particulier professionnelle », confie à Aleteia Mayeul Paige, ingénieur agronome. « Finalement, comment vivre en chrétien ? J’avais besoin de poser un acte fort qui marque ma vie, de prendre un engagement pour les autres, afin de vivre en accord avec mes convictions ; le projet de départ en volontariat est alors arrivé progressivement à maturité ».

« Tu ne peux pas faire attention à la terre sans faire attention à ton propre frère. Le pape François a réussi à mettre des mots justes, simples, sur cette réalité essentielle. »

Désirant être envoyé par un mouvement d’Église et « donner une vraie dimension spirituelle à sa mission », il choisit de partir avec la Délégation catholique pour la Coopération (DCC), le service du volontariat international de l’Église fondé en 1967, qui accompagne chaque année plus de 500 volontaires pour des missions de trois mois à deux ans dans une cinquantaine de pays. C’est aussi ce choix qu’ont fait Élise Nauleau et Hugues Pinel en partant en février 2019 pour un an en Équateur. « Nous étions animés du même désir de partir ensemble, loin mais pas n’importe comment », précise le jeune homme de 27 ans à Aleteia. « Nous souhaitions vivre une vraie rencontre avec des gens en restant suffisamment longtemps au même endroit pour créer de solides liens ». Salarié au Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne (MRJC) pendant plus de trois ans, il connaissait la DCC de nom. « C’est l’organisme qui nous paraissait le plus cohérent avec notre manière de vivre », précise-t-il. Une manière de vivre toute droite inspirée de l’encyclique Laudato Si’. « Ce qui m’a marqué dans ce texte est la jonction de l’écologie et du social : tu ne peux pas faire attention à la terre sans faire attention à ton propre frère. Le pape François a réussi à mettre des mots justes, simples, sur cette réalité essentielle ».

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DCC I Nicolas
Sybille Perrin, assistante de direction pour un hôpital en Côte d’Ivoire.

Concrètement, à travers ses missions, la DCC propose à ses volontaires de « s’ouvrir à la Création et prendre soin d’elle », notamment en s’engageant dans des projets durables pour les générations futures, dans la santé, l’éducation, l’agriculture, l’environnement… « Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société », écrit ainsi le Pape dans son encyclique (n° 91). Mayeul Paige est parti une année au Nord-Ouest du Cambodge rejoindre une petite association, Vivre de sa Terre, dont l’objectif est d’apprendre aux agriculteurs khmers à cultiver la terre en utilisant les principes et techniques de l’agroécologie. « Mes missions consistaient surtout à encadrer et former à l’agronomie les staffs khmers de l’association, ainsi qu’à établir et gérer des partenariats avec d’autres ONG », détaille le jeune homme. « Au quotidien c’était aussi beaucoup d’imprévus, il a fallu apprendre à s’adapter ! Le début de mission a été assez difficile, pour trouver ma place dans l’association et à cause de l’isolement, la barrière de la langue s’avérant dans les deux cas assez problématique ! Finalement, surmonter ces difficultés a été très enrichissant d’un point de vue personnel, et j’ai vécu une belle année de rencontres et de découvertes.

Lire aussi : La mission, un tremplin pour sa carrière ?

D’autres missions invitent les volontaires à agir pour plus de justice sociale envers les pauvres en mettant leurs compétences au service de projets locaux de développement, en favorisant le partenariat, l’inclusion sociale, l’autonomie des populations et l’accès à des conditions de vie dignes. C’est le cas d’Hugues Pinel et d’Elise Nauleau qui sont gestionnaires de projets au bénéfice des communautés indigènes quichuas. « L’expérience que nous vivons actuellement nous a permis de clarifier le fait qu’il y avait dans la vie trois piliers : le pilier humain, c’est-à-dire le rapport à l’autre, le pilier création, c’est-à-dire le rapport à la terre, et le rapport spirituel, c’est-à-dire la relation à Dieu. C’est le trépied sur lequel l’humanité doit se reposer pour progresser », assure Hugues Pinel. « L’agroécologie se définit comme une agriculture durable, écologiquement saine, économiquement viable et socialement juste. Donner aux agriculteurs les connaissances agronomiques pour avoir une production agricole régulière et durable, suffisante pour couvrir largement leurs besoins, respectueuse de l’environnement et qui ne nécessite pas d’investissements financiers lourds, c’est une belle manière de répondre à l’appel du Pape ! », assure Mayeul Paige. « J’idéalise un peu bien sûr, mais l’idée est aussi de redonner leur dignité aux agriculteurs et c’est une manière de restaurer le tissu social, avec beaucoup d’échange de connaissances et d’entraide entre producteurs et une revalorisation de leur métier. Je crois fermement que l’on peut ainsi transformer les choses par petites touches et en utilisant la science à bon escient au service de l’homme. »

La clameur de la terre et la clameur des pauvres

« À travers vos initiatives, vos projets et vos actions, vous rendez visible une Église pauvre avec et pour les pauvres, une Église en sortie qui se fait proche des personnes en situation de souffrance, de précarité, de marginalisation, d’exclusion », avait salué le pape François en février 2017, à l’occasion de l’ouverture du jubilé des 50 ans de la DCC. En invitant ses volontaires à se mettre à l’écoute de la clameur de la terre et de la clameur des pauvres, la DCC propose de vivre, tout simplement, l’appel Laudato Si’. « En tant qu’agronome, on se fixe des objectifs techniques variés : augmenter un rendement de x%, trouver une alternative plus écologique à tel herbicide, réduire un temps de travail… », indique Mayeul Paige. « Mais à force de se fixer sur un aspect en particulier, on oublie parfois le contexte plus général dans lequel tout cela s’inscrit, et je pense en particulier aux aspects politiques et de société. C’est en ce sens que Laudato Si’ est un texte référence, il développe le paradigme de l’écologie intégrale, qui articule toutes les relations fondamentales de la personne humaine : avec elle-même, avec les autres, avec Dieu mais aussi avec la Création. Il réconcilie des domaines que l’on oppose souvent ». « Ce volontariat nous apporte un nouveau regard sur notre rapport à l’autre », assure encore Hugues Pinel. « À notre retour en France nous ne serons plus les mêmes, c’est un appel à vie ».

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