Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Dimanche 20 juin |
Saint Silvère
home iconDécryptage
line break icon

Bioéthique : « Dans ce débat il n’est pas seulement question de technique médicale »

web2-pascal-brindeau-afp-000_1c94z0.jpg

STEPHANE DE SAKUTIN I AFP

Pascal Brindeau.

Agnès Pinard Legry - Publié le 09/10/19

Après des discussions souvent intenses, l’examen du projet de loi bioéthique s’achève ce mercredi 9 octobre à l’Assemblée nationale. « Je constate qu’un certain nombre de parlementaires, qui ne sont aujourd’hui pas majoritaires, transigent avec l’équilibre fondamental d’éthique français », déplore auprès d’Aleteia le député UDI, Pascal Brindeau.

Si l’examen en première lecture du projet de loi bioéthique s’achève ce mercredi 9 octobre à l’Assemblée nationale, le débat est loin d’être clos. L’hémicycle a ainsi été le théâtre de vifs échanges, lundi 7 octobre, sur la question de l’élargissement du diagnostic préimplantatoire à la trisomie 21… qui a finalement été refusé. Pascal Brindeau, député UDI du Loire-et-Cher, revient pour Aleteia sur cette séance d’une grande intensité.


web2-patrick-hetzel-afp-000_arp4365590.jpg

Lire aussi :
Patrick Hetzel : « À tous les étages nous allons vers du moins-disant éthique »

Aleteia : Les discussions sur l’extension du diagnostic préimplantatoire (DPI) à la trisomie ont suscité de vifs débats, dans la soirée du 7 octobre, chez les députés. Que s’est-il passé ?
Pascal Brindeau : Nous savions que ces amendements permettant d’ouvrir le DPI à la recherche, notamment des facteurs de la trisomie 21, seraient évidemment sensibles car ils touchent à une question éthique importante. Ils posent la question de savoir si l’on va jusqu’à rechercher cette gêne sur des embryons considérés comme viables. L’idée de départ est d’éviter que des embryons non viables, c’est-à-dire provoquant une fausse couche, soient implantés in utero. Mais ce faisant nous sommes à la limite de l’eugénisme, aux portes du mythe de l’enfant dit sain. Cet amendement nous interpelle d’autant plus que ce diagnostic n’est pas sûr à 100%. Ce n’est pas parce qu’il a été diagnostiqué que le développement de l’enfant débouchera sur une pathologie avérée. Personnellement, j’ai regretté que ces amendements soient portés par des scientifiques qui ont le sentiment d’avoir une connaissance technique supérieure aux autres parlementaires.

« Ce projet de loi transgresse, par petites touches, l’équilibre éthique fondamental et augure pour demain de dangereuses dérives. »

Cela interpelle sur le rôle du député…
De fait, dès lors, si nous contestons leur point de vue, nous sommes automatiquement placés dans la catégorie du sentiment, au pire de l’obscurantisme. Et ça c’est contestable : le rôle du législateur est de savoir sortir de son expertise pour appréhender l’ensemble des éléments. Dans ce débat il n’est pas seulement question de technique médicale ou d’amélioration d’un ratio de fécondation in vitro, loin de-là. C’est malheureusement parce que certains ont tendance à l’oublier que ce projet de loi transgresse, par petites touches, l’équilibre éthique fondamental et augure pour demain de dangereuses dérives. C’est ainsi qu’on a autorisé, sous couvert d’une nécessité de faire progresser la science, des embryons chimériques animales. L’objectif initial n’est pas malsain mais nous sommes en train d’autoriser des choses qui peuvent amener à des dérives.

Quelle est votre inquiétude ?
Un certain nombre de parlementaires, qui ne sont aujourd’hui par majoritaires, transigent avec l’équilibre fondamental d’éthique français. C’est par exemple le cas quand on fait voter, ou qu’on essaye de faire voter, le principe d’automaticité de la reconnaissance a l’état civil d’une GPA faite à l’étranger ! On transige avec l’interdiction faite en France. Bien sûr que la situation interpelle mais il faut aussi rappeler que les personnes qui y ont recours le font en tout connaissance de cause. Si on inscrit dans la loi cette automaticité, c’est une digue qui tombe et qui mènera demain à la GPA.


ASSEMBLEE NATIONALE FRANCE

Lire aussi :
Loi de bioéthique : bienvenue en Absurdie

Tags:
Assemblée nationaleBioéthiquepma gpa
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
COUPLE, LOVE, SMILE
Edifa
Ces petits gestes d’amour sont plus importants que des « Je t’aim...
2
Agnès Pinard Legry
Les punchlines de Mgr Aupetit face à Jean-Jacques Bourdin
3
NEWBORN
Mathilde de Robien
Douze prénoms de pape vraiment canon pour un petit garçon
4
Timothée Dhellemmes
[Vidéo] Guillaume Warmuz, l’ancien footballeur qui a répondu à l’...
5
Anna Gebalska-Berekets
Ces paroles à dire (et à ne pas dire) à un proche atteint du canc...
6
Wedding engagement ring - Woman
Edifa
Doutes sur son mariage : Dieu voulait-Il pour moi ce conjoint&nbs...
7
avgustin irena maucec
La rédaction d'Aleteia
Augustin et Irène, 25 ans de fidélité malgré le handicap
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement