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Ad Astra, à la recherche du père

BRAD PITT AD ASTRA

© Twentieth Century Fox

Constance Ory - publié le 03/10/19

Aux confins de l’univers, dans une galaxie peu lointaine, un enfant, qui n’en est plus un, part à la recherche de son père disparu.

« Ad astra per aspera », (« Vers les étoiles par des chemins ardus ») devise inscrite sur le monument à la mémoire de l’équipage d’Apollo 1 disparu tragiquement en 1967, semble avoir été l’expérience du réalisateur James Gray pour son nouveau film Ad Astra, actuellement en salles, qu’il affirme être plus ardu que le dernier, tourné dans la jungle, The Lost City of Z, une épopée sans retour. L’intrigue est d’une grande sobriété, très épurée : un jeune astronaute, Roy McBride (Brad Pitt) est envoyé en mission par SpaceCom pour sauver la terre de surcharges électriques terribles : il doit partir à la recherche de son père, parti chercher d’autres formes de vies conscientes, et disparu depuis seize années aux confins de l’univers ; les ondes destructrices proviendraient de sa mission.

L’œuvre tient de la quête désespérée d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, évidemment de la beauté graphique de 2001, Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick et du mystère de The tree of Life de Terrence Malick. Mais ce qui singularise véritablement ce film, c’est la simplicité de l’intrigue ; pas d’enchâssements complexes, de jeux d’échos très élaborés : il s’agit seulement d’un fils qui cherche son père. Brad Pitt n’a rien du salvateur de l’humanité : abandonné assez tôt par un père explorateur absent, c’est un être assez indifférent aux choses, assez incapable d’aimer sa femme ou le reste du monde et des choses, très attaché, mais sans conscience, à son métier d’astronaute où il excelle, notamment grâce à un pouls qui ne dépasse jamais les 80 pulsations par minutes, même en cas de crise. C’est une sorte de Meursault, étranger au monde, étranger à lui. 

La Terre, seule véritable oasis

Plus il s’éloigne de la terre, plus sa solitude se fait évidente, plus sa conscience s’éveille : de quête pour sauver le monde, l’odyssée glisse peu à peu vers la construction d’un grand monologue intérieur, sans superflu cependant. Comme toute œuvre épique, il y a un fort écho métaphysique : D’où viens-je ? Où vais-je ? Suis-je ? Qu’est-ce qu’un homme ? Où est l’essence des choses ? Sommes-nous seuls ? Pourquoi aimer ? 

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Francois Duhamel - © Twentieth Century Fox

Une odyssée est bien le récit d’un retour et pourtant, le film interroge en filigrane le besoin des hommes de partir, ou de fuir, de ne pas rester statique, d’être des explorateurs, des aventuriers. Comment équilibrer cette soif de partir et la joie du foyer ? Il y a entre le portrait en miroir douloureux du père et du fils, un équilibre qui se dessine. Voyage de départ donc, mais retour, aussi, Pénélope attend, sans tisser sa toile, le retour d’un homme accompli et l’accueille dans cette seule véritable oasis, la planète Terre. Dans cet univers futuriste sec, hostile, sans vie, artificiel, elle semble être une source vive.

Ad Astra, réalisé par James Gray, avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones et Ruth Negga, 2h04, en salles.

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