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Le regard, véritable baromètre du couple

Por Rido
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Le regard dans un couple contient un pouvoir mystérieux. S’il est fasciné et admiratif quand on tombe amoureux, il peut s’éteindre quelques années après le mariage. Son pouvoir est à double tranchant. Parce que c’est avec les yeux, qu’on peut accueillir et se donner, mais aussi punir, humilier et juger… Pourtant quel bonheur pour le couple quand le regard devient lieu de passage de l’amour de Dieu, de sa patience et de sa joie !

J’aime quand ma mère regarde mon père pendant qu’il parle. Elle le fixe tout le temps d’un regard paisible et admiratif, un regard qui exprime sa communion avec lui. On comprend qu’elle sait qu’elle fait un avec lui. Avant, mon père le faisait moins, mais depuis quelques années, lui aussi regarde ma mère avec attention pendant qu’elle lui raconte des histoires. C’est une évidence qu’il l’aime. Peut-être qu’il ne le dit pas tout le temps, mais son regard le révèle.

Quand un couple se regarde avec bienveillance, cela fait du bien à tout le monde. Le regard contient un pouvoir mystérieux. C’est même un pouvoir vital pour les enfants, quand ils réclament l’attention de leurs parents : « Regarde maman ! », « Regarde papa ! » Et quand le regard du parent se tourne vers l’enfant, celui-ci éprouve de la joie. Il est vu, regardé, compris. Le regard des parents construit l’enfant, qui comprend sa valeur par le regard des parents.

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Quand les enfants grandissent, le regard des parents a tendance à moins se porter sur eux. Ce regard, cette fois-ci fasciné et prolongé, il revient quand les jeunes tombent amoureux. Souvent, il retombe doucement dans le sommeil, quelques années après le mariage… Est-ce parce qu’on ne nous en explique pas suffisamment l’importance ou parce qu’on en sous-estime la portée, que ce regard s’éteint ? N’est-il pas triste de voir ces couples qui ne se parlent pas et qui ne se regardent même pas ?

Le regard, un pouvoir à double tranchant

Dans la préparation au mariage, quand je parle aux fiancés du corps « comme don et mission », je leur demande quel est l’acte le plus noble qu’on puisse faire à leurs yeux. Il leur faut toujours un certain temps de réflexion ensemble, avant qu’ils prennent conscience que l’être humain, à la différence de l’animal, est porteur d’un immense pouvoir. Un pouvoir à double tranchant. C’est avec les yeux, qu’on peut accueillir et se donner, pardonner et encourager. Après un seul regard prolongé de Jésus, pensons seulement à quel point la vie de Zachée change (Luc 19, 1-10), ou celle de Marie-Madeleine (Jean 7, 53-8,11) ! Mais, c’est avec un seul regard, qu’on peut aussi punir, humilier, juger…

Cette double réalité nous dit beaucoup sur notre origine et sur notre mission. Cette capacité de donner vie avec les yeux nous indique notre origine divine. Nous sommes créés à l’image de Dieu, nous provenons de quelqu’un qui est maître de la vie. Cette capacité contient aussi une mission inscrite dans la propre nature du regard : apprendre la maîtrise du regard, apprendre à regarder pour accueillir et pour donner la vie.

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« Admettons que nos regards ne sont pas si souvent que ça en mode « don de soi » ou « accueil inconditionnel »… »

Cela semble évident, mais admettons que nos regards ne sont pas si souvent que ça en mode « don de soi » ou « accueil inconditionnel ». Ne révèlent-ils pas plutôt nos doutes quand l’autre nous parle, voire nos désaccords ? Souvent, notre regard est curieux, voire malsain. Il arrive aussi que notre regard se porte vers ce qui est mal ou illicite. Non pas qu’il s’agisse de méchanceté en nous. Disons plutôt que notre manque de maîtrise ne contribue pas à éveiller notre conscience. C’est ici que s’ouvre pour le couple un nouvel horizon, rempli d’opportunités bénéfiques pour l’un comme pour l’autre, sans que cela coûte un trop grand effort.

« Pourquoi ne pas s’exercer à apprendre à donner la vie avec les yeux. À renoncer au regard noir en adoptant un regard bienveillant ? »

Pourquoi pas ne pas s’exercer à apprendre à donner la vie avec les yeux, surtout dans le couple ?  Apprendre à ne pas prendre, mais donner avec les yeux. À ne pas juger mais comprendre. À ne pas montrer d’impatience mais plutôt un accueil authentique. À renoncer au regard noir en adoptant un regard bienveillant. En pratiquant cela, on ne se trompe jamais, même si on considère que l‘autre ne le mérite pas. Nous ne perdons rien quand nous nous entraînons à empêcher notre propre tendance à porter un regard indifférent ou impur, malsain ou inquisiteur. Au contraire, nous risquons seulement de devenir le champion du regard le plus aimable.

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Je me souviens d’une situation que j’ai vécue lorsqu’avant de venir en France, j’habitais dans une communauté de prêtres. Un de mes confrères avait souvent un regard peu joyeux. Lui, trouvait que son regard était normal. Comme à cette époque j’étais le supérieur de cette communauté, je lui ai demandé s’il ne pouvait pas faire un petit effort en essayant de regarder tout en faisant un petit sourire de temps en temps. Il a accepté d’essayer, tout en me disant qu’il avait peur de se comporter comme un clown. Il n’a pas fallu trois jours pour que l’ambiance de la communauté change considérablement. Lui-même en était visiblement heureux.

Le miroir des époux, c’est le regard de l’autre

Rien qu’un petit sourire, ou un petit regard encourageant de temps en temps, cela peut changer le monde. N’oublions pas que notre visage ne nous appartient pas, il appartient aux autres. Yves Semen, le grand expert de la Théologie du corps de Jean Paul II, va même plus loin en disant que « le miroir des époux, ce doit être uniquement le regard de l’autre » (Yves Semen, Spiritualité conjugale selon Jean Paul II, 2e esquisse). Ce n’est pas faux du tout, mais ce n’est pas évident à digérer.

« Apprendre à aimer en couple « implique ce goût de contempler et de valoriser le beau et la sacralité de son être personnel. »

Dans la vie de couple, dans l’intimité de deux personnes qui se sont promis amour et fidélité, il est tellement important de pouvoir compter l’un sur l’autre. Selon le pape François, apprendre à aimer en couple « implique ce goût de contempler et de valoriser le beau et la sacralité de son être personnel, qui existe au-delà de mes nécessités » (Amoris Laetitia, 127). Ce n’est donc plus un regard qui cherche l’autre pour se sentir compris, pour ne pas être seul ou pour son propre plaisir… À ce moment précis, l’amour devient un lieu de gratuité qui permet à Dieu d’agir à travers mes yeux. Un lieu qui me permet de toucher et de rassurer l’autre grâce à mon regard. Quand mon visage s’y prête, quand il exprime le don de soi et l’accueil radical, je continue l’œuvre de Dieu dans l’autre.

Le regard, lieu de passage de l’amour de Dieu

Quelle différence dans le cœur de l’autre, quand mon regard devient lieu de passage de l’amour de Dieu, de sa patience et de sa joie ! Quel bonheur pour mon conjoint de pouvoir compter sur mon regard aimable ! Quel bonheur pour lui de saisir que je me réjouis de sa présence, que je ne le juge pas, que je suis là pour elle ou pour lui ! Il va de soi que tout n’est pas gagné. Parfois, nos sentiments peuvent être tellement bousculés que nous ne réussissons même pas à regarder l’autre. C’est dans ce contexte que François nous rappelle que « le regard qui valorise a une énorme importance, et le refuser fait, en général, du tort » (Amoris Laetitia, 128). Refuser le regard de l’autre n’a jamais fait de bien.

Parfois il vous faut faire une petite pause pour prendre du recul et pour vous rappeler que Dieu a besoin de votre regard. Qu’il compte sur vos yeux. Si vous vous y prêtez, vous ne resterez pas sans récompense. Osez le défi d’un regard tout simplement plus aimable et plus accueillant. Les fruits seront visibles plus vite que vous le pensez !

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