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Bioéthique : l’Église partage ses inquiétudes et son « rêve »

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Agnès Pinard Legry
Soirée au collège des Bernardins, 16 septembre 2019.
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« Nous nous inquiétons lorsque nous constatons que nous ne savons plus faire face aux douleurs et aux limites de la condition humaine, sinon en constituant de nouveaux droits », a déclaré Mgr Éric de Moulin-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, lors de la soirée organisée au collège des Bernardins ce lundi 16 septembre afin de présenter la position de l’Église sur le projet de loi bioéthique.

Sous les voûtes du collège des Bernardins, l’Église de France s’est engagée en s’exprimant avec clarté sur différentes questions de bioéthique. Comme un écho à l’appel lancé par Emmanuel Macron en ce même lieu invitant les chrétiens à s’engager, la Conférence des évêques de France (CEF) a présenté avec précision ses positions sur le projet de loi bioéthique qui sera débattu à l’Assemblée nationale à partir du 24 septembre. « Nous sommes inquiets pour notre société », a lancé en introduction Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF. « Depuis très longtemps nous sommes dans le dialogue, la rencontre, nous sommes écoutés avec beaucoup de respect, avec attention. Mais nous devons constater que beaucoup de nos responsables politiques, de nos parlementaires, restent aveugles aux enjeux de ce qu’ils vont décider. Ils restent fascinés par les prouesses de la technique médicale ».

« Nous nous inquiétons lorsque nous constatons que nous ne savons plus faire face aux douleurs et aux limites de la condition humaine, sinon en constituant de nouveaux droits ».

« Nos sociétés se trompent collectivement lorsqu’elles prétendent résoudre les souffrances des uns et des autres par des techniques médicales et juridiques et lorsqu’elles transforment la médecine, qui est faite pour soigner et guérir autant que possible, en une institution chargée de répondre aux demandes et aux frustrations », a-t-il souligné. « Nous nous inquiétons lorsque nous constatons que nous ne savons plus faire face aux douleurs et aux limites de la condition humaine, sinon en constituant de nouveaux droits ».

Il a ensuite laissé la parole à l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit. Ancien médecin généraliste, celui-ci s’est d’abord exprimé sur la médecine de demain. « La tradition française est basée sur une relation de confiance entre le médecin et le malade », a-t-il rappelé. Mais alors que l’assistance médicale à la procréation (AMP) était jusqu’à présent « un soin pour pallier à l’infertilité d’un couple », la médecine est en passe de devenir « un prestataire de service » où « prime l’intérêt financier et la volonté toute puissante des adultes ». L’archevêque de Paris a ensuite évoqué les recherches sur l’embryon humain regrettant que « le principe de précaution qui s’exerce dans tous les domaines ne s’applique curieusement pas dans ce domaine-là ». « L’embryon humain aurait-il moins de valeur que les larves des scarabées dorés ou les œufs du rouge-gorge », a lancé avec provocation, pour conclure, Mgr Michel Aupetit.

La parole de l’Église « appelle au discernement et à la responsabilité », a quant à elle affirmé la théologienne Marie-Dominique Trébuchet, directrice de l’Institut supérieur d’études religieuses. « C’est une responsabilité lourde pour le législateur mais qui est celle de tous vis-à-vis des plus fragiles et des plus petits ». « Cela repose sur un principe dynamique intégrateur : celui de fraternité. […] Ce principe repose sur une vision de l’homme que l’on aborde par sa fragilité, sa finitude », a-t-elle souligné avant d’affirmer : « La technique augmente le périmètre de l’éthique ».

Archevêque de Rennes et responsable du groupe bioéthique au sein de la CEF, Mgr Pierre d’Ornellas a convoqué la figure de Martin Luther King, « prophète de la fraternité ». « Moi aussi j’ai un rêve qui se nourrit de la foi en Dieu », a-t-il affirmé en préambule de son intervention. Reprenant le célèbre discours du pasteur américain, Mgr d’Ornellas a confié quel était son rêve en matière de bioéthique pour la société. Bercé par la figure du Bon Samaritain, il a ainsi clamé avec force : « Je rêve que la bioéthique soit un mot en harmonie avec gratitude, […] Je rêve d’une bioéthique habitée par le respect de la dignité de la procréation humaine […] Je rêve d’une bioéthique élaborée à la lumière de la fraternité qui donne son vrai sens à la liberté et à l’égalité. […] Je rêve d’une bioéthique éclairée qui use de façon responsable des techniques ne contredisant jamais notre fraternité […] Je rêve d’une bioéthique qui ne soutienne pas le gigantesque marché de la procréation ».

C’est enfin le témoignage de Bertrand et Gaëlle Lionel-Marie, tous deux avocats et responsables nationaux du secteur bioéthique des Associations Familiales Catholiques (AFC), qui est venu clore la soirée. Marié depuis plus de vingt ans, ils traversent la douloureuse épreuve de l’infertilité. Ils ont levé trois observations juridiques : le faux argument de l’égalité, l’intérêt supérieur de l’enfant et la dignité de l’homme maltraité.

Tout au long de la soirée le père Thierry Magnin, secrétaire général de la CEF, et le père Brice de Malherbe, membre du groupe bioéthique au sein de la CEF, ont collecté les questions de l’assemblée afin d’y répondre en ligne dans les jours qui viennent.

« Fondamentalement, la parole de l’Église est un oui », a assuré Mgr Eric de Moulins-Beaufort en conclusion. « Un oui à la bonté et à la beauté de l’engagement humain […] Un oui aux enfants qui viennent au monde […] Un oui à la science qui use de ses potentialités pour un être fraternel ». Mais l’Église a aussi des inquiétudes. « Au nom du désir d’enfant », quelle ligne rouge existe-t-il entre la PMA et la GPA ? Avec l’élargissement du diagnostic préimplantatoire, l’expérimentation sur les embryons la société ne risque-t-elle pas de s’acheminer, à défaut d’un « eugénisme d’état », vers « un eugénisme libéral » ?

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