Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Et si vous receviez de bonnes nouvelles chaque matin ? Inscrivez-vous à la newsletter d'Aleteia !
Je m'inscris!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Pourquoi dit-on « c’est l’hôpital qui se moque de la charité » ?

hotel dieu des carmélites
Hôtel-Dieu des Carmélites à Saint-Denis.
Partager

Notre culture et notre langue française sont fortement influencées par nos racines chrétiennes. Découvrez ces expressions que nous utilisons souvent sans soupçonner qu’elles puisent leur origine dans la tradition religieuse. Aujourd’hui : « c’est l’hôpital qui se moque de la charité ».

Depuis plusieurs mois, l’hôpital est souvent sous les feux de l’actualité, en raison de la crise des urgences. Mais savez-vous que si ces services d’urgence tels que nous les connaissons aujourd’hui existent depuis les années 1960, l’hôpital est une institution très ancienne qui remonte au VIe siècle ? Son histoire montre une évolution de sa mission au cours des siècles. Le mot lui-même vient du latin hospitalis qui signifie lieu de refuge, d’accueil. Et à l’origine, c’est bien de cela qu’il s’agit. Au Moyen Âge, l’hôpital est un établissement fondé par l’Église et destiné à accueillir les pauvres, les malades, les personnes âgées et les voyageurs. Il dépend d’un monastère ou d’un évêché et on y pratique avec dévouement la charité envers son prochain, la plus importante des trois vertus théologales selon saint Paul : « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité, mais la plus grande des trois, c’est la charité  (1Co 13, 13).

Lire aussi : Pourquoi dit-on « faire l’école buissonnière » ?

A partir du XIe siècle, l’hôpital évolue pour accompagner l’essor des villes et deux nouvelles formes d’assistance émergent : les hospices et les hôtels-Dieu. Dans le Dictionnaire du Moyen Âge, Histoire et Société*, l’historien Gabriel Llobet explique qu’à l’origine, il n’est pas facile de faire une distinction entre hôpital, hospice et hôtel-Dieu. La différence entre ces maisons de charité viendrait de leur mode de gestion, les hôtels-Dieu étant fondés et contrôlés par les évêques tandis que les hospices le sont par des couvents ou des laïcs. L’admission y est gratuite et les soins prodigués sont sommaires. À défaut de guérir les corps, on soigne la misère humaine et les âmes. On s’occupe des plus faibles ou des miséreux en leur offrant un repas, un lit, un toit et surtout, on veille à leur accompagnement spirituel. Confession, communion et offices occupent une place importante dans le « traitement » des personnes. 

À cette époque, un hôpital et une charité sont donc sensiblement la même chose. C’est de là que pourrait venir notre expression, employée lorsqu’une personne critique chez une autre un défaut qu’elle a elle-même. C’est, en d’autres termes, « voir la paille dans l’œil du voisin sans voir la poutre que l’on a dans le sien » (encore une expression d’origine religieuse !).

Une même mission

Elle pourrait également avoir pour origine la concurrence qui se crée parfois par la suite entre les deux structures. Jusqu’au XIIe siècle, les médecins sont essentiellement des moines, mais progressivement, l’Église leur interdit d’exercer la médecine hors du cloître et son enseignement se laïcise en même temps que se créent écoles et universités dédiées (Salerne en Italie, Montpellier …). C’est au XVIIe siècle que s’affirme la vocation médicale de l’hôpital, qu’il soit laïque ou religieux. Dans certaines grandes villes, se développe alors une sorte de compétition entre l’hôtel-Dieu (devenu laïque) et l’hôpital de la Charité (religieux) qui ont pourtant la même mission de soigner et sauver des vies humaines. C’est notamment le cas à Lyon où cette rivalité durera jusqu’à ce que leurs administrations fusionnent et que l’hôpital n’ait plus de raison de se moquer de la Charité.

* Dictionnaire du Moyen Âge : histoire et société : les dictionnaires d’Universalis, Encyclopaedia Universalis, 27 oct 2015

Lire aussi : Pourquoi dit-on « un travail de bénédictin » ?

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]