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Document : l’homélie des obsèques du cardinal Etchegaray

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Cardinal Etchegaray.
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« Roger Etchegaray avait au cœur cette foi solide et généreuse transmise par ses racines basques », a rappelé avec émotion le cardinal Mamberti dans son homélie lors de la messe d’obsèques du cardinal Roger Etchegaray en la cathédrale de Bayonne lundi 9 septembre. « Espelette, déjà connue pour son piment, gardera pour toujours le souvenir de celui qui deviendra Cardinal de l’Église Romaine, et qui demeura attaché jusqu’au bout au lieu qui l’avait vu naître le 25 septembre 1922 ». 

« Seigneur, vrai Dieu et vrai homme, tu es la clef que je tiens toujours en mains pour me guider jusqu’à l’heure de ma mort… Ouvre-moi un jour à double battant la porte de ton royaume où Dieu et l’homme vivront ensemble dans la fraîcheur du matin de la Création ». Ces paroles que le cardinal Roger Etchegaray écrivait en guise de veux il y a quelques années, nous donnent bien le sens de son existence. Une vie toute donnée, dont le Christ est la clé, une vie toute orientée vers ce jour de la Rencontre avec son Seigneur, jour auquel il a tant aspiré ! Ce jour de la Rencontre est arrivé, jour où le Seigneur a pu lui dire : Entre dans la joie de ton maître. Car nous le savons, avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours !

Roger Etchegaray avait au cœur cette foi solide et généreuse transmise par ses racines basques. Son accent chaleureux, comme le béret qu’il aimait porter, trahissaient cette origine. Espelette, déjà connue pour son piment, gardera pour toujours le souvenir de celui qui deviendra Cardinal de l’Église Romaine, et qui demeura attaché jusqu’au bout au lieu qui l’avait vu naître le 25 septembre 1922.

C’est sans doute dans son village d’origine et dans les premières années de son sacerdoce vécues dans ce diocèse de Bayonne, que le futur cardinal a acquis le sens d’une proximité simple et sans détours avec tous. On pourrait trouver un portrait de celui qui toute sa vie est resté le père Etchegaray dans ce qu’écrivait récemment aux prêtres le Pape François : « Que cela fait du bien l’exemple d’un prêtre qui se fait proche et qui ne fuit pas les blessures de ses frères ! C’est le reflet du cœur du pasteur qui a appris la saveur spirituelle de se sentir un avec son peuple, qui n’oublie pas qu’il vient de ce peuple et que ce n’est qu’à son service qu’il trouvera et pourra déployer sa plus authentique et pleine identité qui lui fait adopter un style de vie austère et simple, sans accepter des privilèges qui n’ont pas la saveur de l’Évangile ». Oui, cela nous fait vraiment du bien d’avoir devant nos yeux cet exemple de vie sacerdotale toute donnée à Dieu et à la mission de l’Église, pour servir les hommes ses frères.

hotoлъ Après avoir participé comme expert au Concile Vatican II, l’abbé Etchegaray sera pour quelques années au service du Secrétariat de la Conférence des évêques de France. Mais partout où il passera il restera un homme de terrain’, un pasteur attentif aux personnes. Désormais son regard ne cessera de s’étendre. Paul VI le nomme évêque Auxiliaire de Paris en 1969, puis, dès la fin de l’année suivante, Archevêque

de Marseille. Les années passées dans le grand port méditerranéen ont laissé des traces profondes au cœur des Marseillais, car ils savaient que leur Archevêque les aimaient. Et ils savent aujourd’hui encore que leur ancien archevêque ne les a jamais oubliés. Président de la Conférence des évêques de France, Prélat de la Mission de France, Mgr Etchegaray sera créé Cardinal par le Pape Jean Paul II, le 30 juin 1979. Président du Conseil des Conférences Épiscopales Européennes de 1971 à 1979, son regard sur l’Église et sur le monde s’élargira encore quand, en 1984, Jean Paul II l’appellera à Rome à la tête des Conseils pontificaux Justice et paix et Cor unum. 

Désormais, il sera un conseiller écouté et apprécié du pape Jean Paul II. Les difficiles missions de confiance que celui-ci lui confie se succèdent dans différentes parties du monde : sur tous les continents, là où la paix est en danger, là où la dignité de l’homme est bafouée, d’Europe de l’Est à l’Afrique, du Moyen-Orient à l’Amérique latine. Un grand pays le passionnera particulièrement : la Chine. Peut-être y contribua le souvenir de son compatriote d’Espelette, le missionnaire lazariste Armand David, célèbre pour ses savants travaux de botanique et de zoologie chinoises ! Mgr Etchegaray fut le premier cardinal à visiter ce pays et il y retourna à plusieurs reprises. Partout où il est envoyé, nous le voyons ouvrir des chemins nouveaux pour la mission de l’Église ! C’est sans doute pour cela aussi que Jean Paul II lui confiera la présidence du Comité chargé de préparer et d’organiser le Grand Jubilé de l’An 2000.

Homme de dialogue, Roger Etchegaray n’a cessé de le montrer encore par son engagement actif à la préparation de la rencontre interreligieuse d’Assise, voulue par Jean-Paul II, et par ses nombreuses rencontres avec des représentants de toutes confessions. Depuis son village d’Espelette, jusqu’aux confins du monde, il a acquis un ceur universel, à l’écoute des petits comme des grands, de ceux qui souffrent, de ceux qui luttent pour plus de justice, de ceux qui travaillent à rendre leur dignité aux plus abandonnés de nos sociétés.

En regardant une vie si remplie pour le service de la mission de l’Église, nous pouvons reconnaître dans le cardinal Roger Etchegaray, l’homme des Béatitudes, cette charte de la vie chrétienne. Comment ne pas voir se refléter sur le visage de cet homme de foi chacune des Béatitudes que nous venons de lire :

Heureux les pauvres de cœur, nous dit Jésus ! Pauvre de cœur, Roger Etchegaray a laissé le Christ prendre possession de tout son être. Il en a fait la clé de sa vie, comme il l’a écrit lui-même. C’est sa relation intime avec le Christ qui l’a guidé tout au long de ses ministères si variés et qui l’a façonné jusqu’à devenir vraiment le serviteur de tous, à l’image de Celui à qui il avait consacré sa vie.

Heureux ceux qui pleurent. « Pleurez avec ceux qui pleurent » dit aussi saint Paul aux Romains (12, 15) ! Seuls des yeux qui ont pleuré peuvent comprendre certaines choses disait le Cardinal, lui qui a pleuré tant de fois sur les misères du monde, sur des situations tragiques souvent inimaginables ! « J’ai côtoyé les pires folies des hommes ! » dira-t-il un jour. Il a voulu partager la souffrance de ceux qui souffrent, comprendre leurs angoisses, contribuer à les soulager, autant que cela lui était possible.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, heureux les artisans de paix, heureux ceux qui sont persécutés pour la justice ! Chercher la justice pour les pauvres et les faibles, ce fut l’engagement quotidien du Cardinal auprès du Pape Jean-Paul II, en particulier aux Conseils pontificaux Justice et paix et Cor Unum et tout au long des nombreuses missions qui lui ont fait découvrir tant de détresses humaines et spirituelles.

Heureux les miséricordieux. « Donner et pardonner, c’est essayer de reproduire dans nos vies un petit reflet de la perfection de Dieu qui donne et pardonne en surabondance ! » a écrit le Pape François (Gaudete et exsultate n. 81). A travers ses innombrables voyages, le Cardinal a eu cette préoccupation première : travailler à l’établissement de la paix et de la réconciliation entre les personnes et entre les peuples. En cela aussi, il fut vraiment l’homme de la fraternité universelle.

S’il a pu mener à bien toutes les missions qui lui furent confiées, c’est parce qu’il a été un homme de prière. C’est dans la rencontre personnelle avec son Seigneur qu’il pouvait se ressourcer, nourrir en profondeur ce qui le motivait, et finalement consolider son être intérieur de prêtre et d’évêque. Jusqu’à la fin de sa vie, il a présenté au Seigneur dans sa prière, les intentions de l’Église, du Pape et des peuples de la terre. Et dans cette prière, il a manifesté filialement son amour à la Mère du Seigneur. Il l’a invoquée si souvent sous le vocable de Notre-Dame de Lourdes, sans doute, mais aussi sous tous ces titres que les hommes et des femmes qu’il avait rencontrés à travers le monde prient la Vierge Marie. Demandons à la Mère du Seigneur et Mère des hommes, d’accueillir le Cardinal avec elle auprès de son Fils !

Enfin, en cette période difficile de la vie de l’Église, que nous traversons, le Cardinal Etchegaray vient nous redire avec force ce qu’il avait jadis écrit : « Le chrétien se sent mal à l’aise dans son Église tant qu’il ne cherche pas à se mettre à la mesure d’une Église sans mesure : il nous faut aimer l’Église comme elle est ». Aimer l’Église comme elle est, l’aimer passionnément. C’est le témoignage qu’il nous laisse, un témoignage d’espérance, lui qui n’a jamais douté de la présence du Christ dans son Église, le Christ qui conduit toujours l’Église sur des chemins

nouveaux pour la rendre proche des hommes et signifiante du salut au milieu d’eux ! Aimer l’Église avec ses défauts, ses faiblesses, mais reconnaître aussi ses grandeurs, car elle est avant tout l’Eglise du Christ ! Travailler courageusement à la rendre toujours plus digne de son Seigneur ! Et ce matin, alors que le Christ nous rassemble dans la mémoire de notre frère et père, laissons le Cardinal nous poser encore une fois la question qu’il aimait poser à ses visiteurs : « Vous l’aimez, cette Église, n’est ce pas ? » 

En célébrant cette Eucharistie pour le repos de l’âme du Cardinal Roger Etchegaray, devant ce témoignage d’une vie toute donnée pour l’annonce de l’Évangile, nous revient cette parole du Livre de la Sagesse que nous avons entendue dans la première lecture : « Qui met sa fois dans le Seigneur)comprendra la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront, dans l’amour, près de lui. Pour ses amis, grâce et miséricorde : il visitera ses élus » (3,9). C’est aussi la grâce que nous demandons pour ce serviteur fidèle du Seigneur et de son Église !

Amen!

 

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