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Travail scolaire : visser ou laisser faire ?

TROUBLE WITH HOMEWORK
SHUTTERSTOCK
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"J'appréhende la rentrée. Mon mari et moi allons encore nous chamailler, à cause du travail scolaire. Il me reproche d’être trop soucieuse à ce sujet, d’être toujours sur leur dos pour leurs devoirs. Non seulement, il n’élève pas la voix quand ils jouent au lieu de faire leurs devoirs, mais il donne l’impression de les approuver dans leur insouciance envers leur avenir". La réponse du père Denis Sonet sur ce sujet de tension au sein du couple.

Ce problème est classique… et un couple doit prendre conscience qu’étant donnée la complexité de l’éducation des enfants, il n’y a rien d’étonnant à ce que chacun ait des vues différentes, voire opposées en ce domaine. S’il suffisait, pour obtenir un résultat certain, de visser les enfants ou au contraire s’il suffisait de les laisser faire, il y a longtemps que de génération en génération on se serait repassé le filon !

Il importe donc dans un couple de s’accepter différents en ce domaine comme dans tant d’autres, et concrètement de faire un effort pour prendre en compte la position de l’autre. Ce qui permettra à chacun de nuancer son propre point de vue, de le moduler, ou de l’enrichir d’un aspect non négligeable. Bien malin celui qui peut dire aujourd’hui ce qu’il faut faire exactement en éducation pour éviter à un enfant l’attrait de la drogue ou lui donner la passion d’études dont il ne voit pas encore l’intérêt !

Deuxième remarque : il est tout indiqué que chacun puisse mieux comprendre les raisons profondes de ses choix éducatifs. Il me semble, madame, que vous avez parfaitement conscience que votre immense souci de la réussite scolaire de vos enfants est lié à votre propre souffrance de n’avoir pu réaliser les études dont vous rêviez. Alors que votre mari, de son côté, a vécu une expérience différente : une réussite professionnelle qu’il ne doit pas à des études longues et couronnées de diplômes. Peut-être est-il bon alors de prendre un peu de recul par rapport à son propre passé. D’autant plus que la conjoncture n’est plus la même : en caricaturant un peu, on pourrait dire par exemple, qu’il est plus difficile de trouver un emploi aujourd’hui avec un bac + 12 qu’avec un CAP + 3 ans !

Indispensable dialogue

Troisième remarque : si le couple ne dialogue pas, si chacun n’accueille pas dans la compréhension le point de vue différent de l’autre, inévitablement chacun va se raidir ou s’enferrer dans sa logique : un cercle vicieux va s’installer.

Je pense à cette femme qui me disait : « Mon mari ne gronde jamais les enfants, c’est pourtant son rôle de père. Et résultat, c’est moi qui le fais, je passe pour une marâtre, c’est moi qui fais le sale boulot. –€“ Elle est toujours en train de harceler les enfants, rétorquait le mari, alors, quand je rentre, je ne vais pas encore en rajouter. » Le cercle vicieux ici est patent : plus l’épouse gronde les enfants, moins le mari se croit obligé de le faire, et moins le père intervient, plus la mère se sent contrainte d’agir, non sans rancœur contre le mari apparemment indifférent.

Repérer le cercle vicieux, prendre conscience — avec humour — du scénario dans lequel on s’est enfermé, permet de « désescalader », et de repréciser les rôles de chacun.

Le plaisir et l’étude

Cela étant dit, le problème du travail scolaire reste entier : comment parvenir à motiver des enfants qui n’ont pas un attrait extraordinaire pour les études ? Problème d’actualité dans un monde où la perspective du chômage n’est pas très stimulante pour des jeunes.

Il ne semble pas que l’obsession de la réussite, le « harcèlement scolaire », soit très efficace. Être constamment sur le dos des écoliers, c’est leur laisser entendre que les études sont inévitablement quelque chose de rébarbatif, qu’elles ne sauraient être en soi attrayantes, puisqu’elles nécessitent que l’élève soit « fouetté » systématiquement comme le cheval qui tire la charrue.

Il importe que l’enfant sache bien qu’on a foi en ses capacités. Ne catalogue-t-on pas trop vite ses enfants en disant qu’un tel est bon en maths, l’autre nul en français ? La psychologie moderne semble pourtant montrer de plus en plus que l’acquis est plus important que l’inné. Il n’y a donc jamais à désespérer, il faut savoir attendre l’heure où un enfant jusque-là indolent est soudain très motivé.

Devenir une compétence pour devenir une utilité

Il est évident qu’un encouragement matériel (une somme d’argent, un cadeau désiré par l’enfant), peut « motiver », mais dans la mesure où ce n’est pas systématique. C’est le cadeau « sauvage », spontané, imprévu, qui vient récompenser l’enfant au moment où il ne s’y attend pas forcément.

Mais l’essentiel est le climat d’admiration et d’optimisme qu’on sait créer autour de l’enfant. Combien de carrières ont été choisies après un témoignage vibrant d’une vie réussie… On ne dira jamais assez combien l’admiration d’un père est motivante ! Platini et Borg seraient-ils devenus les champions qu’ils ont été si leur père n’avait pas été présent sur le bord du terrain pour les applaudir chaudement ?

Le rôle des pères est peut-être de sanctionner au besoin, mais il est surtout de faire passer un souffle d’enthousiasme pour les merveilles de la Création… que les études permettent justement de mieux découvrir. C’est quand l’enfant est encore petit qu’on peut lui donner cette soif de découvrir, d’admirer, puis de créer.

Quant à l’avenir, évitons de grâce la morosité. On ne peut pas promettre aux jeunes d’aujourd’hui d’avoir demain un beau métier qui gagne de l’argent ? Et après ! Il y a assez de souffrances au loin et tout près de nous pour qu’un jeune qui a quelque chose dans le cœur puisse réaliser une vie passionnante.

« Oui, deviens une compétence, pour devenir une utilité. » Voilà ce qu’on peut dire à un jeune.

Père Denis Sonet

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