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“La dernière place” ou l’apprentissage de l’humilité

humilité

© AH86/Shutterstock

Jacques Gauthier - publié le 30/08/19

« Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur. Beaucoup sont haut placés et glorieux, mais c’est aux humbles que le Seigneur révèle ses secrets », a écrit Ben Sira le Sage. « Grande est la puissance du Seigneur, et les humbles lui rendent gloire. ». À la suite du Seigneur, apprenons à servir, non à être servi ; à être le plus petit, non le plus grand.

Lors des banquets officiels, une place est normalement attribuée à chaque invité, selon sa fonction, son statut. Il en était de même au temps de Jésus. Il lui arrive de participer à un repas ordinaire, où les invités sont libres de choisir leurs places, comme on le voit dans Luc 14, 7-14. Il remarque que ceux-ci choisissent les premières places. Il raconte alors une parabole où il conseille de se mettre à la dernière place lorsqu’on nous invite à des noces. Celui qui nous a invités pourra nous proposer de monter plus haut, ce qui sera un honneur, au lieu de descendre avec honte si nous avions pris la première place, car « quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. » (Lc 14, 11).

Le festin de Dieu

Est-ce que Jésus fait l’éloge de la fausse humilité ? Non. Son propos est ailleurs. Il parle de « noces », thème biblique central où Dieu est présenté comme un époux qui invite à un festin. Les premiers sont ceux qui sont solidaires des plus petits, des plus pauvres. Le plus grand est celui qui sert.


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Jésus est le serviteur qui a pris la dernière place aux côtés des plus souffrants. Il les a servis jusqu’à la fin, jusqu’au don de sa vie sur la croix, dans l’humilité totale, sans rien attendre en retour. « Quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. » (Lc 14, 13-14)

La récompense vient après, à la résurrection. En s’abaissant jusqu’à la mort, Jésus a été élevé dans la gloire, ravivant notre espérance en la vie éternelle : « Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » (Jn 14, 3). Avant que ne vienne le temps des retrouvailles dans l’éternité, prenons avec lui la tenue de service en nous identifiant aux plus faibles.

L’humilité véritable

L’ermite Charles de Foucauld se désolait de ne pas être à la dernière place, car elle avait déjà été prise par Jésus. Étonnante humilité du Dieu fait homme qui s’abaisse par amour à la crèche pour nous élever jusqu’au Calvaire. Avec Jésus, doux et humble de cœur, quittons la toute-puissance de la première place en reconnaissant notre impuissance à être humble. Il suffit d’accepter la finitude de notre humanité et de s’en émerveiller comme Marie devant Dieu qui « renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles » (Lc 1, 52).

Découvrez la suite sur le blogue de Jacques Gauthier.

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