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Malgré les scandales, l’Église est un mystère voulu par Dieu

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Chapelle royale de Dreux.
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« Je crois en l’Église. » L’Église est un objet de foi, avant d’être une institution humaine. Regardée de l’intérieur, avec la lumière de la foi, elle n’apparaît plus comme une réalité sociale complexe, mais comme un mystère de l’Incarnation où s’entrelacent l’humain et le divin.

Les multiples scandales d’abus sexuels qui salissent l’Église actuellement ne doivent pas nous faire oublier qu’elle reste une vérité de foi. Même si on ne croit pas à elle comme on croit en Dieu, sa présence dans le Credo signale cependant qu’elle est un mystère qui a été voulu par la Trinité.

Purifier notre regard sur l’Église

Le cardinal de Lubac, un des plus grands ecclésiologues des Temps modernes, affirmait : « Mais combien plus scandaleuse encore cette croyance à une Église où non seulement le divin et l’humain sont unis, mais où le divin s’offre obligatoirement à nous à travers le “trop humain” ! » Et il ajoutait : « Mystère de l’Église, plus profond encore s’il est possible, plus “difficile à croire” que le Mystère du Christ, comme celui-ci était plus difficile à croire que le Mystère de Dieu. […] Combien plus que pour le Christ faudra-t-il donc, pour contempler l’Église sans scandale, que le regard se purifie et se transforme ! » (Méditation sur l’Église, 1953).

Lire aussi : Comment garder la foi quand l’Église est frappée par de graves scandales ?

Cette purification de notre regard sur l’Église est la condition indispensable pour battre en brèche les arguments qui tentent de minimiser son existence pour la vie des chrétiens. « Le Christ, oui ; l’Église, non ! » : qui n’a jamais entendu ce slogan ? Il exprime la pensée de beaucoup de nos contemporains et de certains catholiques eux-mêmes. Cette dissociation entre le Christ et l’Église amène une certaine indifférence à l’égard de l’Église ou des diverses Églises : « Toutes les Églises se valent ; les catholiques ne sont pas meilleurs que les autres et il existe des personnes charitables partout ! », entend-on souvent.

Évolution des questions sur l’Église

Cette tentation n’est pas nouvelle. Déjà au IVe et Ve siècles, les fidèles se demandaient, à l’occasion de la crise donatiste : « Où est la véritable Église ? » À la suite de cette crise, née des tensions suscitées par le conflit entre les martyrs survivants des persécutions, et ceux qui avaient failli, les chrétiens se demandèrent s’il fallait réintégrer ces derniers dans la communauté ecclésiale, ou bien si l’Église désormais se concentrait uniquement dans les « purs » qui n’avaient jamais renié. Saint Augustin trancha le débat en le déplaçant du terrain de la sainteté des personnes vers le vrai terrain de la question : le Christ. L’Église est sainte à cause du Christ dont elle est le Corps. Plus tard, au temps de la Réforme, une autre interrogation surgit : « Qu’est-ce que l’Église ? » Aujourd’hui, les fidèles se demandent plutôt : « Pourquoi l’Église ? » C’est son existence même qui est remise en cause dorénavant !

Les causes de la crise de légitimité de l’Église

Cette perte de légitimité de l’existence de l’Église est due d’abord au progrès de l’individualisme. Si nous sommes sensibles à la valeur des personnes, en revanche nous sommes devenus indifférents à l’égard des institutions. Autrefois, celles-ci, unanimement respectées, auréolaient de leur prestige les personnes elles-mêmes. Aujourd’hui, ce sont les personnes qui donnent à une institution sa valeur et son prestige. Par exemple, la fortune diverse des royautés actuelles en Europe dépend de la personnalité du souverain ou de la souveraine.

Lire aussi : L’Église est-elle malade ?

À l’individualisation des croyances s’ajoute le changement dans les pratiques de fréquentation de l’Église. De l’affiliation à la paroisse de leur lieu d’habitation, certains catholiques sont passés à une pratique plus affinitaire, fondée sur le choix subjectif d’un autre groupement. De nos jours, des croyants optent pour la communauté qui leur agrée le plus, en dehors de leur paroisse territoriale. Cette manière de pratiquer est favorisée par le mode de fonctionnement de notre société, qui privilégie les réseaux d’affinités (réseaux sociaux, communautarisme, etc.). Le délaissement de la paroisse aboutit souvent à la scission de l’Église en deux : une église des purs et une autre pour le « tout venant », ce qui ne peut qu’aggraver l’incompréhension de son mystère.

Plus profondément, la dépréciation de l’Église tient à l’ignorance de son lien au Christ. Mêmes certains catholiques ne la regardent plus que de l’extérieur, comme s’ils n’en faisaient plus partie !

Deux manières de regarder l’Église

Comment purifier notre regard sur l’Église ? Une comparaison nous aidera à comprendre la bonne manière de l’appréhender spirituellement. Admettons que l’Église soit un vitrail. Il y a deux manières de regarder celui-ci. On peut le regarder de l’extérieur. Il révèle alors quelques-uns de ses traits, mais l’ensemble apparaît incohérent parce que le vitrail n’a pas été dessiné pour être vu de l’extérieur, mais du dedans. Ainsi, pour le comprendre, est-il nécessaire d’entrer à l’intérieur de l’église. Alors, tout s’illumine, et les lignes de plomb elles-mêmes, les taches sombres du vitrail, apparaissent comme partie intégrante de sa beauté.

De même, il existe deux manières de regarder l’Église. De l’extérieur, dans son histoire et son organisation, elle révèle, comme le vitrail, certains de ses traits : une société religieuse, fondée jadis par Jésus-Christ, répandue à travers le monde, composée de saints et de pécheurs, et dont l’histoire n’a pas toujours été édifiante. Appréhendée ainsi de l’extérieur, avec les seules lumières de l’observation et de la raison, l’Église apparaît comme une énigme, voire un chaos, souvent un scandale.

Lire aussi : Survivre aux conflits dans l’Église

Tout change dès lors qu’elle est regardée de l’intérieur, c’est-à-dire avec la lumière de la foi. Elle n’apparait plus alors comme une réalité complexe et mystérieuse, mais comme un mystère, comme celui de l’Incarnation par exemple, avec lequel elle possède beaucoup d’analogies, à commencer par le mystère de la cohabitation et de l’entrelacement en elle de l’humain et du divin. Pour bien comprendre et aimer l’Église, il est nécessaire en effet de la regarder en tant que croyant. Contemplée de l’intérieur, elle présente un ensemble où tout se tient harmonieusement, où les paradoxes et les oppositions se concilient en un plan supérieur.

L’Église continue la mission de Jésus-Christ

À cet égard, il est recommandé de dire aux incroyants que nous comprenons leurs difficultés, sinon à adhérer à lui, du moins à saisir le mystère de l’Église. La difficulté est inévitable. Néanmoins, nous pouvons toujours les inviter à se placer à un meilleur point de vue, à la contempler de l’intérieur. Et cela sans jamais minimiser les scandales qui la salissent actuellement.

Souvenons-nous de la parole de saint Augustin : « Crois, et tout s’illuminera. » Si cette exhortation de l’évêque d’Hippone concerne en premier lieu Dieu, il est très instructif toutefois de l’appliquer à l’Église. Vue à travers les yeux de la foi, elle nous apparaîtra comme une réalité que Dieu a voulue non seulement pour continuer la mission de son Fils (notamment par les sacrements et la prédication), mais aussi pour manifester le salut déjà accompli — salut qui a le Christ comme acteur principal.

Lire aussi : Quand la mission devient un temps de conversion personnelle

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