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Trésor du grégorien : l’alléluia « Assumpta est » de la fête de l’Assomption

Assomption de Marie
Domaine public
Assomption de Marie de Michel Sittow, 1500
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Chanté par les moines de l’abbaye de Solesmes, l’antique alléluia de l’Assomption, dès le do initial, est tout en pleine joie. Nous goûtons là la quintessence du grand rythme solesmien dans ce phrasé et ce legato inégalés.

C’est le pape Pie XII qui proclama solennellement le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie en 1950 au cours de célébrations magnifiques et grandioses auxquelles participèrent plus de 800 évêques, devant une foule d’un million de fidèles réunis à Rome. L’année suivante parut une nouvelle messe pour la fête, de même qu’en 1970, à l’occasion du nouveau calendrier liturgique.

L’alléluia est la seule pièce qui demeura et qui est donc chanté depuis des siècles à l’occasion de cette grande fête mariale, célébrée dès l’époque patristique. Le texte n’est pas issu de la Sainte Écriture mais c’est un refrain qui revient à plusieurs reprises dans l’office de la fête, des matines aux vêpres : Assumpta est María in cælum : gaudet exércitus angelórum — « Marie a été élevée au ciel, l’armée des anges se réjouit. »

Un enregistrement historique

Le fichier-son que nous vous proposons d’écouter est issu d’un enregistrement historique en date de juin 1955. Celui-ci, paru en disque noir vinyle, n’a pas été réédité. C’est le bénédictin dom Gajard qui dirige la schola monastique de Solesmes. Il écrit sur la pochette du microsillon que cet alléluia est le type même de l’alléluia-acclamation.

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Réjouissons-nous avec les anges !

La mélodie, particulièrement enthousiaste, sonne clair. Le jubilus, dès le début revêt une incontestable ampleur, qui contraste avec la légèreté du verset et le jaillissement de gaudet.

Écoutez comment les moines de l’abbaye sarthoise lancent, dès le début, dès le do initial, cette mélodie de l’alléluia, tout en pleine joie. Nous goûtons là la quintessence du grand rythme solesmien dans ce phrasé et ce legato inégalés.
Les deux phrases du verset sont également menées magistralement : la seconde qui atteint à plusieurs reprises le do aigu est en plein élan, quand la première est plus méditative.

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De toutes façons vous n’aurez pas de peine à reconnaître à l’écoute combien ce chant traduit admirablement par ses montées et ses descentes très légères le mystère de ce jour et la joie des esprits célestes. Que tout soit à la gloire de Dieu et de Notre Dame !

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