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Le remède définitif à l’acédie

Marie et l'enfant Jésus
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L’ACÉDIE (5/7). En se faisant homme, le Christ va nous rendre capables d’atteindre ce pour quoi nous sommes faits mais que nous sommes incapables d’atteindre par nos propres forces, cause de notre découragement.

Le remède définitif contre l’acédie est exposé non pas dans la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin, mais dans la Somme contre les Gentils rédigée au préalable. Le docteur angélique nous dit que le remède à l’acédie, c’est l’Incarnation du Fils de Dieu, le mystère de l’Incarnation. C’est un très beau passage : l’homme qui sent en lui une aspiration à l’absolu, à l’infini, sait qu’il est fait pour participer à la vie de Dieu, mais il ressent, en même temps, une incapacité radicale à atteindre ce but par ses propres forces ; comme il n’y arrive pas, il est totalement tiraillé par une sorte de hiatus énorme entre ce pour quoi il est fait et ce dont il est capable. Cela provoque en lui une acédie, un désespoir d’atteindre la béatitude ; c’est, pour saint Thomas, le fameux péché contre l’Esprit saint : c’est finalement désespérer de la miséricorde, désespérer de pouvoir atteindre la béatitude.

La « béatitude bestiale »

Face au désespoir, l’homme peut tomber dans ce que saint Thomas appelle une « béatitude bestiale » (bestialem beatitudinem), c’est-à-dire que l’homme va trouver son bonheur dans des choses immédiatement atteignables. Il n’y a plus de polarisation sur le bonheur avec Dieu, mais une espèce d’attirance pour ce qui est immédiatement à notre portée, pour ce qui nous semble davantage atteignable. L’homme va donc rabaisser l’objet de son désir et se contenter de choses uniquement à sa portée. Que va donc provoquer l’Incarnation du Fils de Dieu ? Puisque le Christ est totalement Dieu et totalement homme, il va pouvoir, en sa propre personne, refaire le pont — c’est la définition du grand prêtre, Pontifex, « celui qui fait le pont » — entre l’humanité et la divinité et il va nous rendre capables de pouvoir atteindre ce pour quoi nous sommes faits mais que nous sommes incapables d’atteindre par nos propres forces.

Le divin pasteur porte la brebis perdue

C’est la parabole de la brebis perdue que reprendra, un peu plus tard, avec l’image de l’ascenseur, la petite Thérèse : Dieu abandonne dans la montagne les quatre-vingt-dix-neuf brebis qui, selon la Tradition, sont les anges ; il va aller chercher la centième brebis, qui est l’humanité complètement perdue dans son bourbier, dans sa boue. Il va donc quitter le Ciel, descendre sur la terre et, quand il aura retrouvé cette humanité, il va la prendre sur ses épaules, il va la revêtir, il va devenir homme lui-même et, en portant l’humanité sur ses épaules, il va la ramener lui-même au troupeau. Le pasteur, une fois qu’il arrive près de la brebis perdue et blessée, ne commence pas par la fouetter, par la frapper pour qu’elle remonte toute seule dans la montagne : elle en est absolument incapable ! C’est lui-même, le pasteur, qui la ramène au troupeau. Cette parabole nous montre que l’Incarnation nous délivre définitivement et délibérément de l’acédie : en effet, ce à quoi nous aspirons au plus profond de notre être et que pourtant, en même temps, nous expérimentons comme impossible à atteindre par nos seules forces, le Fils de Dieu, en devenant l’un de nous, nous en fait don.

L’espoir d’être sauvé

Quelle est notre part à nous ? Saint Thomas d’Aquin nous dit : nous ne sommes pas à l’origine du salut, mais Dieu, par un surcroît d’amour, n’a pas voulu que nous soyons étrangers à notre salut. Il donne une très belle image pour expliquer ce que les théologiens appellent le « mérite », et qui est notre participation au salut : imaginons un médicament qui est placé très haut sur une étagère et dont un petit enfant a besoin pour être sauvé. Cet enfant est tellement petit qu’il lui est absolument impossible d’atteindre ce remède. Sa maman, elle, a la capacité de l’atteindre ; elle va donc donner le remède à l’enfant ; mais elle a deux possibilités pour le faire : soit elle le donne à l’enfant directement (en cela, elle manifeste beaucoup d’amour), soit elle prend l’enfant dans ses bras pour qu’il prenne lui-même le remède (en cela, elle manifeste encore plus d’amour car elle va faire en sorte que l’enfant prenne lui-même le remède qu’en réalité elle donne elle-même : l’enfant va avoir comme l’illusion de participer de façon personnelle à cela. Voilà ce que Dieu fait avec nous. Il nous aime tellement qu’il veut que nous participions au salut qu’il nous donne Lui-même !

Lâcher prise

Telle est notre part à nous : accueillir ce salut et faire tout notre possible pour y répondre, en étant bien conscients que, laissés à nos propres forces, nous en sommes absolument incapables. Donc le salut est totalement de Dieu. Par amour — et non parce qu’il serait méchant — par surcroît d’amour, Dieu ne veut pas que nous soyons sauvés sans notre propre participation. C’est ainsi que le remède à l’acédie est donné de façon définitive par l’Incarnation. Notre part à nous, désormais, c’est d’accueillir ce salut. Dans notre combat quotidien, si nous sommes honnêtes, nous nous apercevons qu’il y a beaucoup d’orgueil. Quand nous tombons dans la désespérance, lorsque nous voulons fuir notre état de vie, sortir de notre demeure avec toutes sortes de prétextes aussi fallacieux les uns que les autres, c’est parce que, fondamentalement, nous comptons trop sur nos propres forces.

La solution est de se laisser faire, de lâcher prise, de laisser le Seigneur et sa miséricorde venir nous rejoindre. C’est vraiment Lui, Jésus Christ, qui va nous remonter vers la maison du Père, mais cela ne se fera pas sans notre participation qui est, au moins, de laisser le Christ revivre en nous. Voilà le remède.

Dieu nous aime et nous le dit de sept manières différentes :
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