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Au Burundi, l’émouvante histoire des 40 jeunes martyrs séminaristes

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Les tombes des 40 martyrs, séminaire de Buta, Burundi.

Agnès Pinard Legry - Publié le 01/08/19

L’ouverture le 21 juin dernier de la phase diocésaine du procès de canonisation de 44 martyrs burundais constitue un symbole fort pour l’Église du pays. Et un témoignage puissant pour chacun, à l’image des 40 jeunes séminaristes qui ont été massacrés en 1997 pour avoir préféré la fraternité à la division et à la haine.

Au Burundi on les appelle les martyrs de la fraternité. Leur témoignage, parce qu’il touche de près l’enseignement du Christ et fait partie de l’histoire contemporaine du pays, trouve une résonance toute particulière dans le cœur des Burundais. Nous sommes au début des années 1990. Depuis le début de la guerre civile (octobre 1993), le petit séminaire de Buta, situé au sud du pays, est un refuge tranquille pour les membres des deux groupes ethniques en guerre, Hutu et Tutsi. Conséquence du génocide qui a eu lieu en 1994 au Rwanda, pays limitrophe, ces violences ethniques ne franchissent à aucune occasion le seuil du lieu.

« Nous sommes tous burundais, nous sommes tous enfants de Dieu »

Mais à l’aube du 30 avril 1997 des membres du groupe rebelle Hutu du CNDD (le Conseil National pour la Défense de la Démocratie) pénètre dans le dortoir de l’établissement et hurlent : « Les Hutu d’un côté, les Tutsi de l’autre ! ». Un ordre auquel les jeunes refusent d’obéir. L’un d’eux dira, d’après le témoignage d’un rescapé : « Nous sommes tous Burundais, nous sommes tous enfants de Dieu ». Il n’en fallait pas plus pour que les premières rafales sifflent et que les premiers corps tombent. 40 jeunes ont ainsi perdu la vie. Des survivants ont raconté avoir entendu quelqu’un dire à voix haute : « Seigneur, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Interrogé par l’agence Fides à l’occasion de l’ouverture de la phase diocésaine de leur procès en canonisation, le prêtre burundais Nicolas Niyungeko décrit des jeunes séminaristes qui ont vécu très concrètement la fraternité chrétienne, rappelant ainsi que l’amour du Christ était plus importante que les origines ethniques. Juste avant leur massacre, les étudiants venaient de finir une retraite de discernement avec les membres du foyer de charité de Giheta. « À la fin de la retraite, cette classe était animée d’une sorte d’esprit nouveau, qui semblait être une préparation pour la mort sainte de ces innocents. Pleins de joie et de réjouissance, ils disaient sans cesse : “Dieu est bon, et nous l’avons rencontré.” », explique ainsi le prêtre.




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Depuis, un sanctuaire a été érigé et élèves comme pèlerins sont invités à se recueillir sur leurs tombes. Le séminaire de Buta, toujours en activité, est ainsi devenu, au fil des années, un symbole d’unité pour le Burundi. Quarante jours après le massacre, Vatican News rapporte que l’évêque du diocèse de Bururi a consacré une église dédiée à la mémoire des jeunes martyrs, « portant le vocable de “Marie, Reine de la Paix” ».

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