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Vivre la vertu d'hospitalité pendant les vacances

happy family having festive dinner or summer garden party

Syda Productions - Shutterstock

Jean-Michel Castaing - Publié le 30/07/19

Les vacances estivales, en distendant les obligations liées à la vie professionnelle, nous font redécouvrir les joies de la gratuité. Parmi celles-ci figure l’hospitalité, une pratique vénérée depuis toujours.

L’hospitalité a toujours été tenue en grande estime par toutes les civilisations, voire même sacralisée. Y manquer, c’était manquer aux dieux ou à la divinité. Dans le judéo-christianisme, Abraham et la Vierge Marie sont les deux figures majeures qui illustrent cette vertu. Le premier, au plus fort de la chaleur du jour (Gn 18, 1-15), accueille trois anges qui vont se révéler être Dieu en personne ! Quant à la Vierge, elle dit « oui » à la venue en elle du Fils du Père afin qu’il s’incarne dans notre nature humaine. Tous les deux, Abraham et Marie, ont donné l’hospitalité à Dieu, et tous les deux ont été comblés de bénédictions pour cela au-delà de toute mesure. Sodome, la seule ville de l’antiquité biblique qui ne pratiquât pas l’hospitalité (en réservant un sort affreux aux nouveaux arrivants, Gn 19, 4-5), est durement châtiée pour ce manquement.

En vacances, notre esprit est plus disponible

Si l’hospitalité est si importante spirituellement, pourquoi les vacances seraient-elles le moment propice pour la mettre en pratique de façon plus prononcée qu’en temps ordinaire ? Pour une raison simple : pendant les congés, nous ne sommes pas bousculés par un emploi du temps surchargé. Aussi restons-nous disponibles pour recevoir chez nous nos amis. Soit que nous leur ayons adressé une invitation à venir nous rejoindre, soit qu’ils arrivent chez nous à l’improviste.




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Le lieu de l’accueil peut varier. Ce peut être notre domicile habituel, notre habitation principale, ou bien notre résidence secondaire, ou encore le gîte que nous louons. Dans tous les cas, cet habitat se transforme, durant les vacances, en résidence de vacances. Ayant délaissé nos soucis, nous voilà prêts à faire de la place à nos hôtes de passage !

L’hospitalité du silence

La place que nous laissons à l’autre (l’ami, le parent, le collègue, le coreligionnaire, le voisin de camping, l’estivant de passage comme nous) ne se réduit pas à l’espace extérieur que nous lui concédons à notre domicile, de même que l’hospitalité transcende le simple fait de recevoir dans un chez-soi matériel. Accueillir l’autre, c’est aussi l’écouter, se montrer attentif à ce qu’il nous dit, compatir à ses peines ou se réjouir de ses réussites. Comme l’écrivait le philosophe Jean-Louis Chrétien dans L’Arche de la parole (PUF, 1998), le premier geste d’hospitalité réside dans notre silence qui rend possible l’écoute de la parole de mon prochain ou la venue de Dieu en moi.


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Pour illustrer ce primat du silence, on se reportera avec profit à l’exemple de la future mère de Jésus. À Nazareth, la Vierge Marie s’est montrée en effet une digne fille d’Abraham en accueillant la parole de l’ange, lors de l’Annonciation, avant d’accepter que le Verbe ne vienne faire sa demeure en elle. Double hospitalité de sa part : par l’écoute d’abord (qui suppose le silence), et ensuite par l’accueil en son sein de la Parole du Père.

Hospitalité matérielle et spirituelle

Chez nous, l’hospitalité présente également cette double dimension, même si l’ordre, comparativement à l’événement de l’Annonciation, est inversé dans le temps : nous accueillons d’abord notre hôte dans notre intérieur matériel, et ce n’est qu’ensuite que nous l’écoutons et que nous nous montrons attentifs à ce qu’il nous dit. Mais dans les deux cas, pour la Vierge à Nazareth comme pour nous, l’écoute de la parole est le geste hospitalier le plus important. Et comme cette disponibilité aux dires de notre hôte demande que nous fassions place nette en notre intériorité pour laisser de l’espace à ses propos, pour que nous nous désencombrions ainsi de nous-mêmes, un esprit en vacances est le mieux placé pour offrir à la personne accueillie la place que notre désir de la recevoir doit consentir logiquement à lui laisser.


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Les vacances sont le temps du repos, mais aussi de la découverte. Et qui pourrait nous donner à connaître des merveilles insoupçonnées, sinon celui, ou celle, qui, créé à l’image et ressemblance de Dieu, nous ouvrira son esprit et son cœur ? Et que cet accueil ait pour cadre un camping, notre résidence de tous les jours ou une maison de campagne, est indifférent.

Héberger la Trinité

Enfin, si nous désirons mettre le comble aux bénédictions liées à la pratique de l’hospitalité, il est une personne qui ne demande qu’à venir s’installer chez nous : Dieu Lui-même ! En cela, nous ne ferons au fond que mettre nos pas dans ceux d’Abraham et de la Vierge. Jésus affirme en effet : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure » (Jn 14,23). La Trinité chez nous ! La bénédiction ne résultera pas alors de la simple récompense promise à la pratique de cette vertu, mais de la nature même de l’hôte lui-même !




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Nous avons également la possibilité d’inviter Jésus à dîner, à condition là aussi de faire silence pour entendre les coups frappés à notre porte : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un écoute ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je dînerai avec lui et lui avec moi » (Ap, 3, 20). Même si nous nous trouvons loin de chez nous, dans les endroits les plus insolites ou les plus reculés où nos congés nous ont conduits, il existe toujours Quelqu’un à inviter à notre table !

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