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La justice demande la réintégration de l’instituteur qui avait évoqué la Bible en classe

SCHOOL HAND
Philippe Lissac I Godong
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Sanctionné par sa hiérarchie en juin 2017 pour avoir lu en classe à ses élèves de CM1 et CM2 des extraits de textes religieux, l’instituteur Matthieu Faucher doit être réintégré, a jugé le tribunal administratif de Limoges.

Enseignant à Malicornay, petit village de l’Indre, Matthieu Faucher a vu son quotidien basculer du jour au lendemain en juin 2017, à la suite d’une lettre anonyme dénonçant un « Cas de prosélytisme (sic) religieux à l’école de Malicornay ». Dans le cadre d’un projet sur les « mythes et légendes » recommandé dans les programmes, l’instituteur, qui se présente lui-même comme « ni croyant ni pratiquant », a donné à étudier à ses élèves une dizaine de textes extraits de la Bible. Il n’en fallait guère plus pour que sa hiérarchie et la commission disciplinaire en charge de son dossier y voit une compromission de « la neutralité à laquelle est astreint le professeur ». La sanction tombe : d’abord interdit d’enseigner, il est ensuite muté d’office pour « faute grave professionnelle ».

Une sanction jugée « disproportionnée »

L’enseignant avait déposé un recours pour faire annuler cette mutation disciplinaire. Lors de l’audience du 10 juillet 2019, le rapporteur public a estimé que la sanction était disproportionnée. Dans son arrêt, le tribunal administratif de Limoges, suivant l’avis du rapporteur, a enjoint la rectrice de l’académie d’Orléans-Tours à réintégrer Matthieu Faucher à l’école élémentaire de Malicornay.

« Une décision en demi-teinte », a confié son avocat, Me Jean-Raphaël Mongis. « On continue à soutenir qu’il n’y a aucune faute ». Si l’administration dispose d’un délai de deux mois pour mettre cette décision à exécution, la rectrice peut de son côté interjeter appel jusqu’à mi-septembre.

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