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Vacances avec sa belle-famille : apprendre à aimer même ceux que l’on ne choisit pas

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On ne choisit pas ses beaux-parents, pas plus qu’on ne choisit son gendre ou sa belle-fille. À l'approche des vacances familiales, comment faire la paix avec ceux que la vie nous donne à aimer, et qui nous blessent parfois ?

« Alors, dit une plantureuse dame à un timide jeune homme, vous voulez épouser ma fille. Ainsi donc, je vais devenir votre belle-mère ? J’ai bien réfléchi au problème, répond le garçon, mais je ne vois pas le moyen de l’éviter. »1 La belle-mère est inévitable en amour. Elle est même inévitable pour longtemps, à moins d’un accident, puisque l’espérance de vie pour les femmes ne cesse d’augmenter. Or, si on choisit sa femme, on ne choisit ni sa belle-mère ni son beau-père.

« On ne choisit pas non plus sa belle-fille », rétorque Blandine, qui rit jaune. Cette Parisienne de 65 ans s’est retrouvée, un beau matin, belle-mère d’une Japonaise qui ne parle que japonais. Elle avoue éprouver quelques difficultés à pardonner à cette étrangère d’avoir « enlevé » son fils au pays du Soleil levant.

« On devrait choisir sa femme en tenant compte de sa mère, note, quant à lui, avec un demi-sourire et un demi-soupir, Jean, 42 ans, marié depuis douze ans. En un certain sens, se marier suppose d’épouser sa belle-mère. Je m’explique : il faut accepter et aimer la mère de sa femme, car, un jour ou l’autre, on la retrouve dans la vie conjugale à travers des détails aussi anodins qu’une certaine façon d’éplucher les patates, de faire la soupe le soir, de rire, de s’habiller, de ranger la maison, d’organiser la vie. »

Il est un onzième commandement, une secrète table de la loi que le mari et la femme découvrent un jour, comme un appel nécessaire, au fond d’eux-mêmes : « Tu aimeras tes beaux-parents de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout esprit ». Et le douzième, qui lui est semblable : « Tu aimeras ta belle-fille (ton gendre) comme toi-même ». En vérité, c’est le secret d’un bonheur parfois difficile.

Apprendre à se comprendre

Mais comment aimer cette belle-mère, ce beau-père, cette belle-famille, que la vie nous donne, et qui nous blesse parfois ? Il faudra trouver la bonne distance avec sa belle-mère, apprendre à se comprendre, aimer jusqu’au pardon et ne pas manquer d’humour. « On ne peut aimer son conjoint sans connaître, ne fût-ce qu’un minimum, ses parents, approuve Agnès, mère de cinq enfants. J’ai voulu faire l’effort de comprendre qui était ma belle-mère, sa façon de vivre, sa culture familiale. Je ne le regrette pas : ainsi, je juge moins, et j’aime mieux. »

Philippe, 53 ans, père de cinq enfants, poursuit : « Le lien privilégié entre la mère et son enfant, le conjoint doit l’accepter en profondeur. Cela peut susciter des jalousies et des combats intérieurs. J’ai parfois été odieux avec ma belle-mère, durant des vacances ou même de simples repas de famille, quand je sentais justement cette intimité entre elle et sa fille, et que je m’en sentais exclu ». Cette affectueuse complicité vrille nos propres blessures, fouaille nos manques d’amour, et suscite des réactions démesurées.

« Un équilibre se met souvent en place aux alentours des dix ans de mariage, remarque Christine Ponsard, mais il est souvent tissé de tensions, de non-dits et de ressentiments. La tentation est de s’en contenter, et de ne pas aller plus loin dans l’amour. Les difficultés antérieures non résolues risquent de s’aggraver avec les années. » Qu’on ne s’y trompe pas : le décès des beaux-parents apporte le silence des tombeaux, pas forcément la paix du cœur. Le fiel de la rancœur ne se tarit pas dans les cimetières.

Regard bleu placide et doux, coupe courte et bure grise des Frères de Saint-Jean, le père Marie-Christophe, curé de la paroisse Sainte-Cécile à Boulogne (Hauts-de-Seine), anime un cycle de préparation au mariage qui affiche complet. « La plupart des personnes qui se marient ne sont pas situés par rapport à leurs parents, en tant que fils et en tant qu’adultes, remarque-t-il. Cela rejaillit sur leur vie conjugale et sur leurs rapports avec leur belle-famille. Rares sont les personnes pacifiées à ce sujet, qui ont la maturité de penser : “Mes parents ne sont pas parfaits, c’est normal. Il y a eu telle et telle faille dans leur éducation, voilà où j’en ai pâti ; cela peut expliquer telle et telle réaction.” Or cette distance est précieuse quand on se marie, car le conjoint, par sa seule présence, va inévitablement me révéler mes zones de non-liberté. »

Comment trouver une juste distance avec sa belle-famille lorsqu’on n’est pas libre par rapport à ses propres parents ? « Il est essentiel que les fiancés parlent chacun de leur famille et sachent s’écouter, répond le père Marie-Christophe. Pour se connaître bien sûr, mais aussi pour aider l’autre à acquérir un peu d’objectivité sur sa propre famille. » Dans cette communication, ce pasteur insiste sur une « véritable discipline » à exercer en amont : éviter les reproches, s’abstenir de toute accusation, ne dire les choses que de façon constructive et positive.

[1] Extrait de Les Belles-Mères ont de l’humour…, par Mina et André Guillois, Paris, 1986, Marabout.

Luc Adrian

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