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Université catholique de Lyon : "nous recherchons la gloire de Dieu et le bonheur des hommes"

Olivier Artus

© tekoaphotos

Olivier Artus

Bérengère Dommaigné - Publié le 24/07/19

À 64 ans, le père Olivier Artus est le nouveau recteur de l’Université catholique de Lyon (UCLy), depuis le 1er juillet et pour un mandat de cinq ans. Il succède au père Thierry Magnin, nommé secrétaire général de la Conférence des évêques de France. Aleteia a rencontré celui qui est à la tête d’une faculté forte de 12.000 étudiants.

Aleteia : Vous êtes le nouveau recteur de l’UCLy, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Père Olivier Artus :
j’arrive avec bonheur et je suis impressionné. J’étais venu ici il y a trois ans, en tant qu’expert au Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (HCERES), et je m’étais dit qu’ils avaient bien de la chance ! L’esprit Veritatis Gaudium (ndlr: dialogue entre théologie et sciences humaines) y est très présent. C’est une grande université, très ouverte sur le monde, catholique ou pas, et il y a dans les formations proposées une transversalité qui me plait beaucoup, ainsi qu’une mentalité d’incubateur. On y ressent tout de suite l’esprit chrétien lyonnais, le dialogue et l’ouverture. Quant aux locaux, nous sommes dans un bâtiment d’exception (ndlr: ancienne prison de Lyon du XIXe restaurée dans des lignes contemporaines), avec des ailes qui se rejoignent en un centre, une chapelle… C’est un lieu de rencontre et de croisement où beaucoup d’échanges sont possibles.

Pouvez-vous présenter votre parcours ?
Je suis né à Lille mais j’ai fait mes études en région parisienne avant de choisir l’internat à Nancy pour devenir neurologue. Mon père était physicien, athé, ma mère catholique et j’ai un frère, Patrick, qui est économiste. Entre la cinquième et sixième année de médecine, la lecture de la Bible m’a fait une très forte impression. J’entre alors au séminaire de Paris à 29 ans et on me propose de choisir un diocèse, je décide d’aller là où il y a des besoins, ce sera Auxerre. En tant que curé dans la campagne auxerroise, je trouve déjà des églises vides, avec 25 personnes à la messe, mais elles sont là, elles croient, et ce fut une très forte expérience spirituelle pour moi. Parallèlement je poursuis mes études et l’enseignement à Paris. J’étudie l’exégèse en Allemagne puis à l’école biblique de Jérusalem. De 2001 à 2014, je travaille à la Commission biblique pontificale, notamment avec le cardinal Ratzinger, un homme drôle, brillant, et très stimulant intellectuellement. En 2011, je prend la direction de la recherche de l’ICP (Institut catholique de Paris), puis je deviens vice-recteur chargé de la recherche en 2012. J’y ai notamment créé la Chair Bien commun, en tant que directeur de l’Unité de recherche « Religion, culture et société ».


bien commun; terre

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Quelles sont les spécificités d’une université catholique ?
Nous sommes des EESPIG c’est à dire des établissements d’enseignement supérieur privés à but non lucratif qui concourent aux missions de service public. Cette notion de non lucrativité est très importante pour moi, nous recherchons la gloire de Dieu et le bonheur des hommes. Un objectif qui est presque un îlot de résistance aujourd’hui ! Nous sommes un réseau chrétien avec une réalité sociale et des compétences particulières notamment en éthique. L’éthique, c’est notre colonne vertébrale, nous y réfléchissions de façon transversale et concrète. Par la recherche scientifique, par le service à la ville (avec des ateliers d’entreprenariat humaniste), par une attention particulière aux pays du Sud et le partage des connaissances, et enfin par des actions quotidiennes comme par exemple l’habitat partagé entre étudiants et personnes qui sortent de l’hôpital. L’université catholique, c’est une finesse dans le croisement entre la théologie, l’éthique et la pratique.

Pouvez-vous nous dire quelles sont vos ambitions pour l’UCLy ?
Premièrement, poursuivre les trois axes autour desquels l’UCly s’est engagé : formation, recherche et professionnalisation, en développant les labellisations auprès de l’État. Ensuite, développer notre inventivité en proposant de nouvelles formations, pour cela je souhaite me rapprocher des 23 diocèses fondateurs pour connaître leurs besoins, et réfléchir aux nouvelles formations universitaires ou professionnalisantes à créer. Il y a de nombreuses pistes, par exemple, avec le Puy-en-Velay si proche, on pourrait développer une dimension artistique ou culturelle… Les ambitions sont donc nombreuses, car nous sommes là pour penser aux défis contemporains.




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Les défis contemporains, quels sont-ils ?
Il y a le numérique, qui va plus vite que nous, nous devons nous y former et y réfléchir. De même pour la biologie, tout est possible aujourd’hui, il faut prendre le temps de penser aux conséquences. Autre défi, l’immigration, comment accueillir et former ? Nous avons 2.800 étudiants étrangers et un laboratoire d’interculturalité sur le campus, c’est une belle opportunité pour y réfléchir. Enfin nous devons rendre service à l’Église, nous sommes un lieu original, un carrefour avec une bonne connaissance de la société et de l’Église, c’est notre richesse qu’il faut partager au service de tous.

Quel sera votre apport plus personnel à cette nouvelle fonction ?
La Bible est le cœur de la révélation, il faut partir de ce texte pour réfléchir à l’anthropologie contemporaine. Tout y est ! Je regrette que la Bible soit aujourd’hui « exculturée » alors qu’elle contient et explique tout ce qui fait l’homme et la société. Remettre la Bible au centre, c’est ce qui me guide.

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