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Agnès Thill : « Le problème de cette loi bioéthique n’est pas ce qu’elle dit mais tout ce qu’elle ne dit pas »

Christophe ARCHAMBAULT / AFP
La députée Agnès Thill.
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Présenté ce mercredi 24 juillet en Conseil des ministres, le projet de loi bioéthique sera débattu dès la rentrée à l’Assemblée. « Avec cette loi le gouvernement fait le minimum », souligne auprès d’Aleteia l’ancienne députée LREM Agnès Thill. « Il déverrouille la porte, franchit la ligne et s’en lave les mains ».

Élargissement de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules, filiation spécifique pour les couples de femmes et les femmes seules, levée partielle de l’anonymat pour les donneurs de sperme… Le projet de loi bioéthique présenté ce mercredi 24 juillet en Conseil des ministres « ne présente pas de grande surprise », confie à Aleteia l’ancienne député LREM Agnès Thill. « Pour le gouvernement, cela fait un peu “Je m’en lave les mains”. Il ouvre une porte que les députés se chargeront de franchir lorsque le projet de loi sera débattu en septembre ».

Aleteia : Êtes-vous surprise par ce texte ?
Agnès Thill : C’est une loi très soft. Le gouvernement a fait le minimum et si l’on devait utiliser une image ça serait celle de Ponce Pilate qui s’en lave les mains. Je m’explique : le projet de loi trace les grandes lignes et ouvre une porte que les députés se chargeront de franchir à coup d’amendements. Ce projet de loi est dramatiquement soft ce qui le rend d’autant plus dangereux car il ne cadre rien. Le problème n’est pas ce que cette loi dit mais tout ce qu’elle ne dit pas.

Quelles sont vos inquiétudes ?
On va passer d’une justice de droit à une justice contractuelle. En d’autres termes cela signifie que le consentement justifie l’acte… Heureusement que ce n’est pas ça pour tout ! C’est évident que la GPA fera partie de la prochaine loi bioéthique, le gouvernement en fait déjà plus ou moins la promotion et la demande sociétale sera la même. Le gouvernement pourra alors dire que « la société est prête ». Mais interrogeons-nous : tout progrès doit-il être assouvi ? Est-ce un progrès d’encourager des femmes seules à avoir des enfants ? Va-t-on réduire la procréation à une technique et l’homme à ses gamètes ?

Le gouvernement a promis un débat serein… Qu’en pensez-vous ?
J’ai été exclue de LREM en raison de mes positions sur la PMA, cela vous donne un indice sur ce fameux débat serein. Quand le projet de loi sera débattu à l’Assemblée je viens d’apprendre que les députés sans étiquette n’auront que 50 minutes à se partager, autant dire rien du tout et aucune possibilité de faire entendre ses interrogations dans ce débat.