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Les sources bibliques de la fête de Notre Dame du Mont Carmel

NOTRE DAME DU MONT CARMEL
Notre-Dame du Mont-carmel © Public Domain
Notre-Dame du Mont-Carmel, sainte patronne du Chili.
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La fête liturgique qui honore le 16 juillet la Mère de Dieu comme patronne de l’ordre du Carmel, fait référence au lieu où le prophète Élie combattit pour la foi du peuple d’Israël. Bien des traits rapprochent Élie de Marie : attentifs à leur peuple, protecteurs de la foi, ils annoncent tous deux le combat spirituel de la fin des temps.

À première vue, rien ne semble rapprocher le prophète Élie de la Vierge Marie. Le premier est le plus dur des prophètes, tandis que la seconde est unanimement saluée comme la douce avocate des chrétiens. Pourtant, la fête de Notre Dame du Mont Carmel, chaque 16 juillet, nous invite à chercher les points communs entre eux deux. Le Mont Carmel est en effet cette montagne, dans le nord d’Israël, où Élie confondit les faux-prophètes de Baal en un duel qui reste une des plus célèbres pages de la Bible.

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Deux figures pour temps de crise

Le premier point commun entre Élie et la Vierge Marie est à chercher du côté de cet épisode célèbre qui se déroula sur le Mont Carmel, vers l’an 870 av. J.-C. Dans son zèle pour le Seigneur et sa sollicitude pour son peuple, Élie désire faire retourner les fils d’Israël aux sources de l’Alliance conclue avec Moïse. Pour cela, il faut que les prophètes de Baal, divinité étrangère, quittent la cour royale où les a introduits la reine Jézabel. Élie est donc un homme de combat, qui lutte pour Dieu et la foi de son peuple. Comme tous les prophètes qui lui succéderont, il surgit en un temps de crise. Telle est la première caractéristique d’Élie. Peut-on en dire autant de la Vierge ?

La réponse positive s’impose d’autant plus que le Christ l’a instituée notre mère au Calvaire. Or une mère redouble de vigilance et d’efforts en temps de crise, lorsqu’elle pressent le danger que courent ses enfants. La maternité universelle de la Vierge la rend particulièrement attentive à l’évolution de la foi chez les croyants, de même qu’Élie critiqua le syncrétisme, voire l’apostasie, d’Israël en son temps. Car en ces matières, il y va de la survie spirituelle du peuple. Il ne s’agit pas là de jeux intellectuels. La foi concerne l’intégralité de l’existence. C’est ce qui explique la réaction virulente d’Élie devant l’abandon du Dieu de l’Alliance par Israël.

La Vierge Marie est envoyée elle aussi au peuple chrétien en temps de crise. Certes, elle est toujours présente à lui depuis son Assomption. Cependant, il existe des périodes où son action se fait plus pressante. La Vierge dénonce les hérésies, met en garde contre les fausses croyances, non par réflexe inquisitorial, mais parce que ces déviances sont susceptibles d’éloigner les enfants de l’Église du Maître de la vie. Et dans ces mises en garde, il n’est pas seulement question de croyance, mais aussi de pratiques.

La question du corps

Prenons par exemple le thème du corps, et de la corporéité en général. La Vierge, en tant que mère de Jésus, est bien placée pour nous dire que le Seigneur de gloire, durant sa vie terrestre, avait bien un corps de chair et des affections humaines. La piété mariale est une pierre de touche de la droite compréhension de l’Incarnation. C’est pourquoi la mère du Seigneur est la personne toute indiquée pour nous préserver des hérésies qui nient l’Incarnation, ou bien qui contestent que Jésus ait possédé une âme humaine (ce qui est important pour que la nôtre soit divinisée, puisque seul « ce qui a été assumé (par le Fils de Dieu) est sauvé »). Garante de l’Incarnation, la Vierge nous fait adorer un Dieu qui, en son Fils, a entièrement épousé notre condition (hormis le péché !). Ainsi, la Vierge, par qui Jésus a pris un corps semblable au nôtre, est la promesse, en sa personne et plus encore en celle de son Fils, des noces du Ciel et de la terre.

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Mais cette question du corps ne concerne pas seulement la foi. Elle regarde aussi la pratique. À ce niveau, la Vierge, dans sa sollicitude maternelle, nous alerte sur le mauvais usage qu’en ces temps de crise profonde nous faisons de la sexualité. L’hédonisme postmoderne transforme nos corps en simples instruments de plaisir. Tantôt il le méprise (lorsqu’il est « hors d’usage »), tantôt il l’idolâtre. Là aussi, la Vierge nous redit l’éminente dignité de nos corps, et nous avertit qu’il est fait pour le don de soi, et non pour assouvir des pulsions où le souci de l’autre n’entre pour rien, et qu’il ressuscitera à la fin des temps.

Leur rôle déterminant dans la fin du monde

Second point commun entre Élie et la Vierge : les combats des derniers temps. Le dernier livre de l’Ancien Testament se termine par l’annonce du retour d’Élie avant le Jour dernier (Ma 3, 23-24). Ainsi, la figure du prophète est-elle associée à la fin du monde. C’est une des raisons pour lesquelles il tient une place majeure dans le judaïsme. Il en va pareillement avec la Vierge Marie. Elle aussi est regardée par les chrétiens comme une figure centrale des derniers temps. Que l’on songe, par exemple, à sa prophétie adressée aux voyants de Fatima : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ». Comment en serait-il autrement ? La Vierge, montée à la gloire céleste en son âme et son corps, est la figure de l’Église eschatologique, c’est-à-dire la personnification de l’Église telle qu’elle sera une fois qu’elle sera entrée dans le monde céleste, et que ses épousailles avec l’Agneau seront consommées. Dans ces conditions, la Vierge est forcément appelée à jouer un rôle essentiel dans le passage, à la fin des temps, du monde dans la gloire divine.

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Ce rôle a d’ailleurs été prophétisé par sa vie terrestre. Le Samedi Saint, la Vierge a soutenu la foi du monde, après la crucifixion de son Fils. Elle a veillé en attendant, dans la foi, la Résurrection. De la même manière sera-t-elle présente à la fin de l’histoire, pour aider le monde à passer en Dieu, à l’issue du long Samedi Saint que constitue l’histoire des hommes. À ce sujet, remarquons que c’est le jour de la fête de Notre Dame du Mont Carmel que la Vierge est apparue pour la dernière fois à Bernadette, à Lourdes. Apparition silencieuse. Comme pour lui annoncer qu’elles ne se reverraient que dans l’autre monde.

À ces deux points communs entre le prophète du huitième siècle avant J.-C. et la mère du Rédempteur, on peut ajouter le primat de la contemplation. En effet, Élie est l’ancêtre des anachorètes contemplatifs. Avec Moïse, il est le seul à avoir vu Dieu de son vivant dans la première Alliance. À ce titre, il annonce Celle qui sera la reine de ceux qui trouve leur joie à regarder le Seigneur « sans ombre ni trouble au visage » (Ps 33, 6).

Les plus anciennes représentations de la Vierge Marie :
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