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Le sinistre rapport des morts violentes au sein du couple

VIOLENCE

271 EAK MOTO - Shutterstock

Mathilde de Robien - Publié le 11/07/19

Le Ministère de l’Intérieur a dévoilé ce mercredi 10 juillet les chiffres pour l’année 2018 des homicides conjugaux. Le bilan fait état de 149 homicides, dont 121 femmes et 28 hommes. Des chiffres relativement stables par rapport aux années précédentes, mais qui restent élevés et déconcertants à plusieurs égards.

Profils-types des meurtriers et des victimes, armes utilisées, mobiles invoqués, impact sur les enfants, décès collatéraux… l’étude dévoilée par le Ministère de l’Intérieur n’épargne aucun détail et analyse toutes les scènes de crime des 149 homicides commis en 2018 au sein d’un couple, marié ou non. 149 morts violentes, c’est 20% de l’ensemble des 785 homicides recensés en France la même année. Ce chiffre monte à 180 si l’on rajoute les victimes « collatérales », à savoir 21 enfants et 10 proches. Et il atteint 231 décès au total si on prend en compte les 51 suicides des auteurs des faits. Macabre décompte, qui souligne des faits troublants : l’âge mûr de certains auteurs, la part des couples mariés et la présence des enfants qui ne semble pas freiner le passage à l’acte.

Apparition des couples âgés dans les morts violentes

Le tableau est dressé d’emblée : « L’auteur masculin est, le plus souvent, marié, français, âgé de 30 à 49 ans, et n’exerce pas ou plus d’activité professionnelle. Il commet ce crime à domicile, sans préméditation, majoritairement avec une arme blanche ou une arme à feu. Sa principale motivation demeure la dispute suivie de près par le refus de la séparation. » Lorsque l’auteur est une femme, elle est le plus souvent en concubinage, française, âgée de 60 à 69 ans, et n’exerce pas non plus d’activité professionnelle. La principale cause du passage à l’acte est la dispute au sein du couple. Fait nouveau : des violences se déclarent aussi chez les couples mûrs : « 31 auteurs (20,8 %), et 32 victimes (21,5 %) étaient âgés de plus de 70 ans ». Parmi ceux-ci, 14 auteurs et autant de victimes, avaient plus de 80 ans. Dans ces cas-là, la cause principale du passage à l’acte est la maladie et la vieillesse. On ne sait pas s’il s’agit d’une volonté d’abréger les souffrances de l’autre ou bien la crainte de devoir l’accompagner dans sa maladie.

Les couples mariés sont les plus concernés

Les chiffres donnés par les forces de l’ordre démontrent que les violences conjugales surgissent surtout au sein des couples mariés : 71 homicides, contre 33 couples en concubinage, 27 divorcés ou séparés et 15 relations ponctuelles. Elles ont majoritairement lieu au domicile conjugal et au sein des couples qui n’exercent pas d’activité professionnelle.




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L’étude révèle que des « traces de violences antérieures ont été relevées dans 68 affaires, soit dans 45,6 % des cas ». Un dysfonctionnement policier et judiciaire que déplore Sophie Soria-Glo, coach spécialisée dans l’aide aux victimes de harcèlement moral et présidente de l’association Victa : « Bien que la France ait ratifié en juillet 2014 la Convention du Conseil de l’Europe, dite Convention d’Istanbul, en faveur de la prévention et de la lutte contre les violences à l’égard des femmes, on voit sur le terrain de nombreux dysfonctionnements : les plaintes ne sont pas traitées, les victimes ne sont pas accueillies dans les commissariats… Il y a des lois mais elles ne sont pas appliquées. » Ce à quoi le rapport publié ce 10 juillet souhaite répondre en apportant une formation dédiée aux agents occupant des fonctions à l’accueil, en établissant des partenariats avec des psychologues et des associations, et en créant des brigades spécialisées.

Les enfants premiers impactés

Victimes eux-mêmes, témoins directs ou indirects, ou encore orphelins, les enfants ne sortent pas indemnes de ces violences conjugales. Le rapport fait état de 21 enfants tués sur fond de conflit conjugal, et de 82 orphelins. 29 enfants ont été témoins des scènes de crime, qu’ils aient été présents au moment des faits ou qu’ils aient découvert les corps au domicile. « La présence des enfants à proximité de la scène de crime n’empêche pas le passage à l’acte, puisque l’on dénombre également 28 autres enfants présents sur les lieux, même s’ils n’ont pas été témoins des faits », énonce encore l’étude.

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