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Yoga, méditation, pleine conscience : un rapport avec Dieu ?

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Pratiquée depuis des millénaires par toutes les traditions spirituelles de l’humanité, la méditation revient en force aujourd’hui, de manière areligieuse, à travers des méthodes telles que le yoga ou la pleine conscience. Elle se diffuse jusque dans le monde de l’entreprise, de l’hôpital et des écoles, en vue de développer davantage d’attention à ce qui est. Jean-Guilhem Xerri, psychanalyste et biologiste médical, auteur de « Prenez soin de votre âme » (Cerf), apporte ici un éclairage lumineux sur l’évolution de la méditation et son lien avec la prière.

« Antoine, sois attentif à toi-même », rapporte Maxime le Confesseur. « Assieds-toi, fais silence et apaise tes pensées », prescrivait Abba Arsène. La tradition des Pères du désert recommande d’intégrer dans sa vie quatre pratiques afin de prendre soin de son âme : le service aux autres, la sobriété, la prière et la méditation. Pourquoi la méditation ? Parce qu’elle concourt à développer sa capacité d’attention à ce qui est, véritable porte d’entrée pour être présent à Celui qui est.

Petite histoire de la méditation

L’histoire de la méditation est instructive dans la mesure où elle permet de comprendre les différentes significations que revêt ce terme, un peu galvaudé de nos jours, de « méditation ». Pour Jean-Guilhem Xerri, elle a d’abord relevé de l’ordre du religieux, avant d’être diffusée dans les domaines du développement personnel puis de la santé.

Lire aussi : La sobriété, une sagesse de vie devenue urgence vitale

Pendant plusieurs millénaires et jusque dans les années 1960, la méditation était associée à une pratique religieuse, observée dans les monastères. C’était pour ainsi dire une « affaire de moines », explique Jean-Guilhem Xerri. Dans la continuité des Pères du désert, saint Ignace de Loyola, sainte Thérèse d’Avila, saint Jean de la Croix ont ainsi contribué à enrichir le patrimoine méditatif, en incitant à rechercher l’unité entre le corps, l’esprit et l’âme. S’asseoir, être attentif à son souffle, faire silence à l’intérieur de soi, ne pas se laisser submerger par ses pensées, sont autant de voies pour prendre le contrôle de son attention et être pleinement présent au Christ.

Puis dans les années 60-70, de nombreux occidentaux partis à la découverte de l’Inde sont revenus dans leur pays d’origine en ayant fait l’expérience de nouvelles approches telles que l’hindouisme, le bouddhisme, le yoga… Cet engouement pour les pratiques méditatives a fait sortir la méditation des monastères, et a fait naître des outils de développement personnel, tournés vers le grand public. Depuis les années 1990, la méditation fait l’objet d’explorations scientifiques. Chaque année, de nombreux articles de médecine relatent l’impact de la méditation sur le cerveau, le système immunitaire, le système hormonal, le sommeil, l’anxiété, les capacités cognitives… suite notamment à l’inspiration d’un biologiste moléculaire américain, Jon Kabat-Zinn, pionnier de la méditation de pleine conscience.

Prière et méditation : distinctions et complémentarité

Qu’est-ce que la méditation ? Jean-Guilhem Xerri propose la définition suivante, qui a l’avantage de rallier toutes les formes de méditations contemporaines : c’est une pratique psychophysique (qui mobilise le corps et l’esprit) consistant à être présent à ce qui est.

Lire aussi : Méditation de pleine conscience et oraison avec Dieu, quelle différence ?

Elle se distingue de la méditation chrétienne. Le terme est le même, mais les deux réalités diffèrent par nature et par intention. Par nature dans la mesure où la méditation contemporaine ne mobilise que le physique et le psychisme alors que la prière méditative mobilise en plus le spirituel. Et par intention car la première n’a pas d’orientation spécifique : elle ne s’adresse à personne, tandis que la prière s’adresse à Quelqu’un. Dans la prière, il y a toujours des intentions : on demande, on supplie, on remercie, on loue… Et même dans l’oraison, qui est la forme la plus gratuite de prière, un « commerce d’amitié entre une âme et son Seigneur » comme disait sainte Thérèse d’Avila, il y a quand même une orientation vers l’Autre.

Lire aussi : La technique des Pères du désert pour contrôler ses pensées négatives

Cependant, si ces deux réalités ne se confondent pas, elles sont complémentaires. « Pour les Pères, l’activité de prière nécessite une préparation psychophysique préalable. La prière sera plus profonde si on l’a fait précéder d’un peu de silence et de calme dans nos pensées », souligne Jean-Guilhem Xerri. On peut croire que l’on prie lorsqu’on est dans une église en train de réciter machinalement le Notre Père, mais en réalité « il ne peut y avoir de prière si je ne suis pas réellement présent à mon corps et à mon psychisme. Si je ne suis pas déjà présent à ce qui est, comment être présent à Celui qui est ? Comment être attentif à la Présence qui veut se donner dans l’Eucharistie ? » interroge le psychanalyste chrétien. En revanche, « si je suis attentif à ma posture, à ma respiration, à mes émotions, à mes pensées, alors naturellement (pas facilement !) je serais porté à être présent à Celui qui est présent. » N’oublions pas que le Christ lui-même invite de nombreuses fois ses disciples à « veiller », une autre manière de diriger son attention.

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