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En handbike sur les chemins de Saint-Jacques

© Adwo / Shutterstock
Photo d'illustration.
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Malgré une paralysie qui l’empêche de se servir de ses jambes, Marie Japy a décidé de se lancer sur les pas de Saint-Jacques-de-Compostelle à bord d’un handbike. Un sacré défi tant humain que spirituel.

Avoir « un corps désarticulé », pour reprendre son expression, ne l’empêche pas d’avoir l’ambition d’aller loin. Marie Japy, 53 ans, est paralysée des jambes depuis un accident survenu il y a plus de vingt ans. Cette sportive dans l’âme, par ailleurs auteur jeunesse, revient aujourd’hui habiter en France après un long séjour au Liban. Elle a décidé de cheminer vers Saint-Jacques-de-Compostelle à la force du poignet (et de la Providence).

© Marie Japy

Un itinéraire de 1.600 kilomètres sur les pas de l’apôtre qui résonne pour elle comme un moyen d’apprivoiser à nouveau son pays. « Après de nombreuses années d’expatriation, je voulais retrouver mon pays par le cœur en vivant la fraternité », lance-t-elle. Le 12 juin dernier, elle s’est donc lancée dans l’aventure depuis Grasse à bord d’un handbike. Maya, une amie, faisait la route avec elle et tirait son fauteuil roulant grâce à une tige accrochée à son propre vélo. Maya étant repartie au Liban, Marie fait une pause et doit reprendre sa route depuis Toulouse à la fin du mois de juillet en compagnie d’un autre ami cycliste. Elle témoigne avoir fait l’expérience de la Providence. « Les gens nous ouvrent les portes de leurs maisons et de leurs cœurs », s’exclame-t-elle avec enthousiasme. « Ce que j’ai adoré en Orient, je le retrouve en Occident ! ».

Dieu aime les fous et il profite du maillon faible pour développer toute sa puissance.

« Nous avons rencontré beaucoup de personnes de bonne volonté qui nous aident. Mon pari était de me dire : “Est-ce que Dieu existe encore en France ?” ». Et elle semble l’avoir trouvé, elle qui se dit « ébahie » par ce qu’elle découvre. « Tous les jours, il y a des combats », reconnaît-elle. Elle se remémore les routes de montagne dans le Var avec leurs 900 mètres de dénivelé, les freins de vélo qui ont lâché dans une descente ou encore la difficulté à trouver des lieux adaptés à son handicap.

© Marie Japy
Bien harnachée, Marie Japy s'apprête à entrer à Salon-de-Provence.

« On ne sait pas comment on va arriver le soir », lance-t-elle. « C’est l’esprit du chemin : il n’y a rien d’acquis. Il faut juste y croire et lâcher prise ». Chrétienne, si c’est le défi sportif qui l’attirait initialement dans le chemin, c’est bien sa richesse spirituelle qui l’y garde. « Dieu aime les fous », note-t-elle non sans humour. « Et il profite du maillon faible pour développer toute sa puissance ».

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