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Un prêtre missionnaire au milieu des Karens

DZIECI WAŻNIEJSZE NIŻ RYŻ
Eduardo Prim/Unsplash | CC0
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Avant son ordination, le père Alexis Balmont, prêtre des Missions Étrangères de Paris (MEP), était parti comme volontaire en Thaïlande. Contacté par Aleteia, il se confie sur la manière d’annoncer l’Évangile en milieu « hostile », en l’occurrence au milieu de la jungle, à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande.

« Il y a encore beaucoup de figures spirituelles qui demandent à se lever en Asie ». C’est devant cette urgence que le père Alexis Balmont, incardiné dans le diocèse de Paris, a décidé de répondre à l’audacieuse vocation de missionnaire. S’il part en septembre 2019 pour Hong Kong, ce n’est pas pour autant sa première expérience de missionnaire. Il y a dix ans, le père Alexis, qui était alors étudiant, s’était déjà envolé pour la Thaïlande, où il a passé plus d’un an. Là-bas, alors qu’il était en pleines études pour devenir ingénieur, il a monté un projet inédit : Terres Karens.

Comme l’Évangile ne s’annonce pas sans aider les populations à s’instruire, à sortir de la pauvreté, les MEP ont à cœur de soutenir le développement économique des régions où elles sont implantées. C’est pour cela qu’est né le projet Terres Karens. Cette coopérative qui fonctionne depuis dix ans a pour but d’offrir une source de revenus à des femmes karens, isolées dans les montagnes, souvent obligées de travailler dans les rizières, travail difficile et peu souple. Il s’agit d’une alternative aussi à l’exode rurale, beaucoup de jeunes partant sans étude ni formation pour la capitale, Bangkok.

« L’idée était de développer une activité économique qui mette en valeurs une activité traditionnelle », explique le père Alexis, moteur du projet. L’idée était toute trouvée : le tissage. Pour valoriser cette activité et en faire une source de revenus, il a fallu fédérer les femmes. Le projet visait à ce que ces dernières « entreprennent ensemble pour qu’elles aient accès à des marchés nouveaux », indique encore le missionnaire français.

Depuis dix ans le projet « marche bien », estime le père Alexis. Quelque 150 femmes sont employées par la structure. L’originalité de Terres Karens, dont les produits sont exportés en Europe mais aussi aux États-Unis, est sa souplesse. Les femmes tissent quand elles peuvent et veulent quel que soit l’état des commandes. « Si par exemple, une femme a un enfant malade et qu’elle veut réunir quelques sous pour aller dans la vallée afin de le faire soigner, indique le missionnaire, elle peut tisser deux unités et rassembler l’argent nécessaire rapidement. »

« Plus de prêtres en Europe qu’en Asie »

Mais la mission du père Alexis auprès des Karens avait aussi et surtout un aspect spirituel étant « chrétien auprès d’une communauté chrétienne isolée » et manifestant ainsi « une présence de l’Église universelle ». Au milieu d’un peuple complètement opposé à ce que l’étudiant parisien avait connu jusque là, le jeune homme réalise combien un prêtre est précieux. « Dans ces régions, il y a un prêtre pour 80 villages et ils sont très enclavés, le prêtre y passe une fois par an seulement ! » L’Église d’Asie a besoin de prêtres, souligne-t-il : « On médite beaucoup sur la crise des vocations, mais il y a plus de prêtres en Europe qu’en Asie ».

Le Français qui veut devenir un grand théologien a tout sous la main, estime-t-il : « Des saints, des théologiens, des écrits, des Pères de l’Église, la Bible, etc. Le tout dans sa propre langue ». Mais pour un Asiatique, ce n’est pas le cas. Tout un travail de traduction est à faire, selon le prêtre, car « il y a encore beaucoup de figures spirituelles qui demandent à se lever en Asie, des saints qui soient en résonance avec les culture locales ».

Pour illustrer cela, il raconte une anecdote vécue alors qu’il voyageait au Laos. Au milieu des montagnes, alors qu’il fait 40 degrés, il entre dans une église et voit une statue de sainte Jeanne d’Arc en armure : « Même si c’est très beau, c’est une figure qui ne parle pas tellement aux locaux », sourit le père Alexis. « Ils ne savent pas très bien ce qu’elle vient faire là, avec son armure. »

S’apprêtant à partir à Hong Kong, le père est enthousiaste. S’il faut « assumer le fait que dans la vie missionnaire il y a un aspect de participation au “mystère que vit le Christ” qui passe par une forme d’abnégation, la mission existe aussi dans les autres vocations. Le prêtre ajoute : « D’un point de vue humain c’est passionnant. Aucune entreprise ne pourrait m’offrir ce qui m’est rendu possible aujourd’hui : prendre trois ans pour apprendre le chinois, et découvrir la culture chinoise. » Comme prêtre missionnaire, il pourra vivre l’expérience fondamentale de rencontre entre l’annonce de l’Évangile qu’il porte et la culture qui l’accueille.

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