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L’Évangile selon Yong Shen : quand la Chine découvre le Christ

© H.-J. Leroy, s.j.
Séminaristes chinois dans une mission jésuite.
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« Je suis le fils du charpentier » : c’est avec ces mots que Yong Sheng demande le baptême et s’engage à la suite du Christ. Dans une Chine tourmentée par les blessures de l’Histoire, nous suivons pas à pas dans ce roman l’histoire de l’un des premiers pasteurs chrétiens en Chine.

La Chine, si elle est aujourd’hui l’un des pays qui compte le plus de chrétiens, malgré leur existence parfois difficile, a été l’un des pays les plus difficiles à évangéliser. On peut penser notamment aux missions jésuites en Chine, riches de grandes promesses, mais qui nécessitèrent de tels accommodements avec cette culture immémoriale et sa spiritualité propre qu’elles furent interrompues et échouèrent. Un peu plus tard, à partir du XIXe siècle, les missions reprirent avec des missionnaires catholiques et protestants, qui furent la source parfois d’une profonde richesse spirituelle. C’est l’un de ses fruits que nous fait découvrir Dai Sijie dans son roman L’Évangile selon Yong Sheng, inspiré de l’histoire de son grand-père, l’un des premiers pasteurs chrétiens en Chine.

Quand l’histoire d’un pays…

La Chine au XXe siècle a eu un destin particulièrement marqué par l’histoire. En 1912, la république de Chine est proclamée et marque la chute d’un régime impérial qui au gré de plusieurs dynasties successives dirigeait le pays depuis 221 avant J-C. C’est donc un véritable séisme qui touche l’Empire du Milieu, connu pour sa stabilité. La République de Chine ne fit cependant pas l’unanimité et progressivement au fil des années 1930, toute une partie du pays fut contrôlé par les communistes.

Lire aussi : Catholiques de Chine : la longue marche vers l’unité

Cette opposition culmina dans une véritable guerre civile sanglante qui marque encore la Chine d’aujourd’hui et l’opposition entre la République populaire de Chine et Taïwan, qui se considère comme la véritable République de Chine. Cette opposition a été plus encore aggravée par la Seconde guerre mondiale et les crimes de guerre que lui firent subir le Japon. Sans évoquer les drames que furent les périodes du « grand bond en avant » ou encore de la « révolution culturelle », l’histoire de la Chine au XXe siècle fut celle de séismes successifs qui perturbèrent profondément cet Empire du Milieu qui vivait jusque là à l’aune de l’éternité.

… et l’histoire d’une âme se mélangent

C’est précisément ce pays marqué par l’histoire qui donne naissance à la figure de Yong Sheng. On le découvre au début dans une sorte de Chine éternelle et mythique, pleine de poésie et de musique. Son père fabrique des sifflets pour colombes très réputés. Ces sifflets qu’il travaille de ses mains font entendre de merveilleuses symphonies venues du ciel. La colombe apparait comme l’oiseau de paix, de musique et d’harmonie. Cette paix est vite rompue : cette Chine éternelle est aussi celle qui se sent blessée par les Occidentaux. Placé en pension chez un pasteur américain, Yong Sheng voit cette famille américaine risquer sa vie pour lui quand une opération médicale nécessaire apparait pour les Chinois comme un sortilège insupportable. Ce sont ensuite tous les tourments de cette histoire qu’affrontera un par un la destinée de Yong Sheng dans cette fresque fascinante.

La foi plus forte que tout

Si la violence rôde et risque sans cesse de s’emparer de la vie des uns et des autres, ce roman arrive à mettre en évidence tout la force de la foi. On sent continuellement cette méditation poétique, cette fascination pour la colombe, pour la paix, la musique et l’harmonie. Si les circonstances sont défavorables, la profondeur de l’âme de Yong Sheng lui permet de vivre intérieurement cette paix et cette harmonie. C’est donc une atmosphère onirique, pleine de fantaisie et de poésie, qui s’empare du lecteur. On retrouve cette richesse de la voie de l’enfance et de la simplicité tout au long du roman.

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En faisant revivre la Chine mythique autant que le pays dans le plus concret de ses transformations, Dai Sijie nous rend attentif à la beauté et à la singularité de la Chine. On découvre alors une manière chinoise de suivre le Christ, de vivre la foi profondément belle. C’est sans doute là aussi l’une des grandes richesses de ce roman : on associe souvent la Chine à d’autres spiritualités, et à juste titre étant donné leur importance historique, que sont par exemple le confusianisme, le bouddhisme ou encore le Taoïsme. La force de ce roman, c’est ainsi de faire sentir à quel point le christianisme peut lui aussi faire partie de l’âme chinoise. C’est ainsi en même temps un hommage à tous les chrétiens qui tentent de vivre leur foi dans un contexte souvent difficile. L’Évangile selon Yong Sheng est donc comme tout évangile le récit d’un chemin de croix qui conduit à la lumière et à la vie éternelle.

La Procure / Gallimard
L’Évangile selon Yong Sheng, Sijie Dai

L’Évangile selon Yong Sheng, Sijie Dai, Gallimard, février 2019, 22 euros.

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