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Pourquoi dit-on « faire son mea culpa » ?

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© Wavebreakmedia | Shutterstock

Axelle Partaix - Publié le 28/06/19

Notre culture et notre langue française sont fortement influencées par nos racines chrétiennes. Découvrez ces expressions que nous utilisons souvent sans soupçonner qu’elles puisent leur origine dans la tradition religieuse. Aujourd’hui : « faire son mea culpa ».

Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa… À l’époque où la messe était célébrée en latin, jusque dans les années 1960, les fidèles récitaient cette phrase à chaque célébration. Elle est en effet issue du Confiteor, la prière que font les catholiques au début de la messe ou au début du sacrement de pénitence. Aujourd’hui, nous en récitons la traduction française, le Je confesse à Dieu et mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa est devenu « j’ai péché … oui j’ai vraiment péché ».


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Par cette prière, le chrétien se reconnaît devant Dieu pécheur vis-à-vis de Lui et vis-à-vis des autres, et il sollicite Son pardon. La reconnaissance de ses fautes et la demande de pardon est une prière essentielle pour les catholiques. En 2014, lors d’une catéchèse consacrée à la signification de l’Eucharistie, le pape François déclarait « Si nous ne ressentons pas la nécessité de la miséricorde, si nous ne nous sentons pas pécheurs, n’allons pas à la messe !  […] Je confesse… n’est pas une formule banale mais un véritable acte pénitentiel ». Mea culpa est passé dans le langage courant avec l’expression faire son mea culpa qui a gardé la même signification d’admettre ses erreurs.

« Un chemin d’humilité, de simplicité et de paix »

Culpa est aussi à l’origine des mots coupable et culpabilité ainsi que de l’expression battre sa coulpe qui signifie se frapper la poitrine en disant mea culpa. Remontant au Moyen Âge, elle exprime à la fois la faute (culpa) et le moyen de s’en repentir (se battre ou se frapper la poitrine). À l‘époque, les membres des communautés monastiques se réunissaient régulièrement dans une grande salle, la salle capitulaire ou chapitre, pour discuter de l’organisation de la vie quotidienne. C’était aussi l’occasion de regarder tous les manquements à la règle de l’ordre et de demander pardon à ses frères (ou à ses sœurs), l’abbé réglait alors les problèmes de discipline et organisait les pénitences (d’où le terme chapitrer : réprimander au cours d’un chapitre). C’était ce que l’on appelait le chapitre des coulpes.


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Cette tradition a perduré, en s’adaptant aux époques. « Au premier abord, la règle peut paraître assez abrupte, mais il y a en fait beaucoup d’humanité dans les règles monastiques, explique sœur Marie, bénédictine. Il y a bien sûr une grande évolution depuis le Moyen Âge, mais dans l’esprit, la pratique continue. Tous les soirs ou presque, avant Complies, nous avons la possibilité d’une demande de pardon. Cela n’a rien de formel, il ne s’agit pas d’une confession publique, mais il peut arriver à chacune d’entre nous, bien involontairement, de blesser la communauté. Demander pardon permet de ne pas laisser traîner les choses, d’adoucir les situations. C’est un chemin d’humilité, de simplicité et de paix ».




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