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Marie-Madeleine au secours d’une comtesse pécheresse

© Christie's
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Un beau groupe flamand du XVe siècle, représentant Marie-Madeleine et Jacqueline de Bavière, comtesse et cousine de Philippe le Bon, sera mis en vente le 25 juin chez Christie’s. Isabelle d’Amécourt, directrice du département sculpture et objets d’art, évoque pour Aleteia cette iconographie étonnante où Marie-Madeleine semble transfigurée par la grâce.

Debout, reconnaissable grâce à sa longue chevelure bouclée et son pot à onguents qu’elle utilisa pour laver les pieds du Christ chez Simon le Pharisien, Marie-Madeleine pose ici de façon singulière. À ses pieds, un femme est agenouillée. Il s’agit de la donatrice, Jacqueline de Bavière, femme de pouvoir et cousine du duc de Bourgogne Philippe le Bon : « À cette époque, les donateurs aimaient valoriser leur image en se faisant représenter en peinture ou en sculpture en compagnie de saints », explique Isabelle d’Amécourt.

Marie Madeleine et Jacqueline de Bavière
© Christie's
Marie Madeleine et Jacqueline de Bavière

Commandé par Jacqueline de Bavière, ce groupe faisait partie d’un ensemble architectural plus important destiné à une chapelle privée et avait très certainement pour objectif une portée politique. « La réalisation de l’œuvre qui associe les figures de Jacqueline de Bavière et de Marie-Madeleine s’adressait directement au culte que son cousin, Philippe le Bon, vouait à la sainte. L’idée de se faire représenter avec l’un des symboles sacrés de la maison bourguignonne visait indéniablement à apaiser les tensions qui subsistaient entre elle et son cousin à la fin de sa vie », précise l’experte.

En effet, Jacqueline de Bavière était soucieuse de renforcer son statut de femme chaste pour se réhabiliter des scandales d’adultères. Sa représentation en pénitente prend alors le sens d’une ultime reddition afin d’obtenir l’effacement de l’honneur perdu. Et Marie-Madeleine joue ici un rôle de choix : « La sainte semble ici transfigurée par la grâce et guide la prière de la donatrice. L’épaule, délicatement effleurée du bout des doigts, accentue le mystère de la présence sereine guidant la fidèle sur la voie du Salut. Les yeux clos, le visage apaisé de Jacqueline de Bavière et la douceur du geste de Marie-Madeleine font transparaître la plénitude de la présence divine », explique Isabelle d’Amécourt.

Dans une ultime volonté de déposer les armes, Jacqueline de Bavière semble ainsi décidée à se retirer des tumultes du monde et à retrouver une sérénité dans le silence sacré de la prière.