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Stéphane Bern : « Les églises sont des lieux de recueillement, de transmission et d’héritage »

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Stéphane Bern.
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Alors que la seconde édition du Loto du Patrimoine approche avec un premier grand tirage le 14 juillet prochain, Stéphane Bern, son emblématique ambassadeur, confie à Aleteia ses espérances vis-à-vis de la sauvegarde du patrimoine mais aussi son affection pour les édifices chrétiens, "points de repères" dans le paysage français.

« La France est une terre spirituelle appartenant à une Europe chrétienne. Ce n’est pas offensant, même dans notre société laïque, d’assumer cet héritage », confie à Aleteia Stéphane Bern, à qui le ministère de la Culture a demandé de chapeauter la seconde édition du Loto du Patrimoine après le succès du premier du genre en 2018. Avec 34 églises parmi les 103 édifices retenus cette année, la part des sanctuaires chrétiens à préserver témoigne de l’incontestable héritage chrétien de la France. Un héritage que le drame de Notre-Dame a eu, dans son malheur, l’occasion de rappeler.

Aleteia : Pensez-vous que le tragique événement de Notre-Dame va servir d’électrochoc auprès des Français et les encourager à participer au Loto du Patrimoine ?
Stéphane Bern : Le Loto du Patrimoine a très bien fonctionné l’année dernière et je souhaite que ce soit encore le cas cette année. Je veux croire, effectivement, que ce tragique incendie a relancé l’amour des Français pour leur patrimoine. Les promesses de dons pour Notre-Dame en témoignent. Le patrimoine est fragile et il semble qu’il y ait une réelle prise de conscience que ces monuments ne sont pas éternels si l’on ne s’en occupe pas. Avec le Loto du Patrimoine, nous avons mis en place des tickets à différents tarifs afin que tout le monde puisse y participer, les plus aisés comme les plus modestes.

« Évidemment que Notre-Dame est une monument culturel mais c’est avant tout un lieu de culte. »

Quel regard portez vous sur Notre-Dame ? Y voyez-vous davantage un lieu culturel ou cultuel ?
Je trouve cela incompréhensible de se battre sur Notre-Dame. Évidemment que Notre-Dame est une monument culturel de par sa longue histoire, mais c’est avant tout un lieu de culte. Notre-Dame est un livre d’Histoire, le livre de la France qui est elle-même fille aînée de l’Église. La France est une terre spirituelle appartenant à une Europe chrétienne. Ce n’est pas offensant, même dans notre société laïque, d’assumer cet héritage. Je refuse d’ailleurs que l’on fasse payer les églises au titre qu’elles sont devenues des sites touristiques. Faire payer les touristes à des heures précises, pourquoi pas, mais non durant les heures d’office. J’ai moi-même regardé la première messe depuis l’incendie et je comprends très bien la démarche de Mgr Aupetit d’avoir voulu rappeler la vocation initiale. C’est aussi une démarche sociale. Il rappelle que Notre-Dame est vivante et que de nombreuses personnes travaillent quotidiennement à son fonctionnement. Comme disait Marcel Proust, les églises font partie des rares édifices à maintenir encore leur vocation initiale, si on les compare aux châteaux par exemple. N’opposons donc pas culturel et cultuel.

Il y a exactement 34 églises parmi les 103 monuments sélectionnés. Est-ce le reflet incontestable de l’héritage chrétien de la France ?
Évidemment. Si la liste des monuments est variée, car nous avons fait le choix d’aider tous les types de patrimoine, les églises sont une part importante de la sélection. Tous les villages de France ont leur clocher et beaucoup de communes nous appellent à l’aide. Le maire d’un village d’une centaine d’habitants n’a pas toujours les moyens de financer les restaurations alors il fait appel à la mission Bern. Mais ce chiffre nous montre également la souffrance et la perdition du patrimoine religieux. Dans les conseils municipaux, la restauration de l’église est rarement un sujet prioritaire car elle ne va pas jouer en faveur des futures élections. Il est dommage que les communes se réveillent au moment où leur patrimoine est en train de s’écrouler.

Comment faire pour redonner vie aux églises délaissées ?
S’il y a incontestablement moins de pratiquants, les villageois restent attachés à leur église car elle demeure un point de repère dans le paysage. Ils sont nombreux à ne pas aller à la messe ou à ne pas vouloir s’y investir bénévolement, mais il suffit qu’on menace de détruire leur église pour que ceux-ci se révoltent. En réalité, on a toujours besoin d’une église, ne serait-ce que pour des grands événements auxquels les gens sont attachés : les mariages, les baptêmes, les obsèques… Pour celles qu’on ne peut plus maintenir comme lieu de culte, il semble nécessaire de leur trouver de nouvelles destinations, toujours dans le respect du lieu et de sa vocation d’origine. À Tréguier par exemple, l’ancien couvent des sœurs du Christ a été rénové afin d’en faire un lieu d’accueil et de charité.

« Les pierres des églises sont toujours là et elles continuent de parler. »

Quoiqu’il arrive, les pierres des églises sont toujours là et elles continuent de parler. La spiritualité reviendra. Ces édifices sacrés sont indispensables. Je pense à l’abbaye de Senanque ou de Lagrasse que j’ai visitées… Personnellement, je suis très attaché à l’église abbatiale de Thiron-Gardais qui se trouve sur les chemins du Mont Saint-Michel, car elle se situe à proximité du collège royal et militaire dont je suis propriétaire. Les églises sont des lieux de recueillement, de transmission, d’héritage. On a besoin de ces lieux de ressourcement qui permettent de se déconnecter de nos grandes villes qui manquent parfois de beauté.

Vous avez signé il y a quelques jours une tribune dans le JDD pour manifester votre inquiétude concernant un nouveau décret sur les 2.700 sites classés en France. Que craignez-vous exactement ?
Je crains une déréglementation et la pression des lobbies. À force de vouloir décentraliser tout, on risque de faire n’importe quoi. Ces sites classés font partis des joyaux paysagers de la France et s’ils ne sont plus gérés directement par le Ministère, ils seront beaucoup plus exposés aux pressions locales, politiques ou économiques. Le département ne dispose pas toujours de l’expérience et des moyens nécessaires pour conserver ces paysages. Le projet routier défigurant la vallée de la Dordogne en est le parfait exemple. Il y a le patrimoine bâti à sauver mais n’oublions pas aussi le patrimoine paysager.

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