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Quand des paras se déguisaient en bonnes sœurs pour échapper à la Gestapo

Mère Yvonne-Aimée de Jésus (1901-1951), née Yvonne Beauvais, était une religieuse du couvent des Augustines de Malestroit.
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Il y a 75 ans, les Alliés débarquaient en Normandie. Pendant tout le mois de juin, l’Ouest de la France est en proie à de violents combats tandis que la Résistance enchaîne des actes héroïques. Comme mère Yvonne-Aimée, la supérieure de la clinique de Malestroit, qui cacha deux parachutistes pendant une perquisition de la Gestapo.

À la nouvelle du Débarquement en Normandie, un nouveau maquis se constitue à Saint-Marcel, dans le Morbihan sous les ordres d’hommes venus de Londres. Sa mission : désorganiser les convois de la Wehrmacht. Repéré, il est attaqué le 18 juin. Les blessés allemands et français affluent vers la clinique des Augustines de Malestroit où ils sont tous soignés. Mais les Allemands ratissent la région à la recherche de maquisards et de parachutistes. Et le 23 juin 1944, ils perquisitionnent la clinique.

Mère Yvonne-Aimée est supérieure de la clinique des Augustines de Malestroit. À l’insu des patients et de la plupart des religieuses, elle accueille des résistants. Elle a hébergé notamment pendant deux mois le chef de la résistance de l’Ouest, le général Audibert. Ce jour-là, quatre maquisards et quatre parachutistes sont alités clandestinement. Et deux jeunes parachutistes blessés de 19 et 21 ans, arrivés le matin même, viennent d’être opérés.

La perquisition allemande

Deux-cents soldats armés entourent la clinique. Une vingtaine d’hommes entre et inspecte les chambres une à une. Comprenant le danger que courent tout particulièrement ces « pauvres enfants », mère Yvonne-Aimée ordonne : « Allez rapidement aux chambres des deux parachutistes opérés et faites-les descendre par le petit escalier, faites-les mettre à la communauté. Je vais retenir les Allemands en bas autant que possible, je vous rejoindrai dans quelques minutes. »

Heureusement, les Allemands ne découvrent pas le petit escalier par lequel les deux hommes ont pu se glisser sans se faire voir de la sentinelle. La supérieure ordonne aussitôt à une employée et une visiteuse d’occuper leurs lits encore chauds et de faire semblant d’être malades. Elle file à la communauté, y trouve les jeunes gens, les installe à l’infirmerie des sœurs âgées ou malades mais, craignant que les Allemands ne pénètrent dans la clôture, elle prend une décision :

« Je leur passe une jupe blanche, un rochet [partie d’habit religieux, ndlr.], une guimpe, un voile. Ils sont muets et ne savent que dire : “Merci, merci, vous nous sauvez !” ». Avec l’aide de l’infirmière (sœur Marie de la Croix), je les conduis à la tribune du chœur, les étends sur deux chaises longues, mets une couverture sur eux. Ainsi installés, si jeunes, si blancs, imberbes, ils paraissaient deux novices malades — et ressemblaient à deux authentiques augustines.

« Maintenant, leur dis-je, essayez de dormir, et ne craignez rien, vous êtes sous la garde du Seigneur. Il aura soin de vous, il ne vous arrivera aucun mal. Tâchez de ne pas tousser car les religieuses qui iraient au chœur ne doivent pas se douter que vous êtes là. » Tout ceci fut fait en moins de dix minutes… »

Le miracle de la clôture

La supérieure rejoint ensuite un Allemand qui a l’intention d’inspecter la clôture. Il lui demande la clé. Sans hésiter, elle la lui remet mais, avec un air choqué, lui indique qu’il s’agit de la maison des sœurs et que les hommes ne doivent pas y entrer. « À chaque porte de la clôture, il s’arrêta, puis tourna le dos — et en partant me rendit la clef que je lui réclamai. N’est-ce pas un miracle ? »

Au bout de deux heures, la perquisition se termine, les deux hommes sont sauvés. Le lendemain, habillés de vêtements civils, ils sont remis à un ami de la Résistance qui les conduit en lieu sûr où ils peuvent continuer à être soignés. L’un d’eux écrit en 1945 à mère Yvonne-Aimée : « Je pourrais vivre cent ans que je n’oublierai jamais le moment où “j’ai pris le voile”, ni le courage ni le sang-froid dont vous avez fait preuve pendant ces pénibles heures… »

Croix de guerre

En 1945, mère Yvonne-Aimée reçoit la croix de guerre avec palme puis la Légion d’honneur des mains du général de Gaulle, la Médaille de la résistance française, la Médaille américaine de la liberté et enfin la Médaille du Roi d’Angleterre. Plus tard, une autre religieuse, mère Marie-Anne est décorée à son tour de la Croix de la Résistance et, en 1949, toute la clinique des Augustines est citée à l’Ordre de l’Armée.

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