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Les clés d’une œuvre : « La Dispute du Saint-Sacrement » par Raphaël

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La Dispute du Saint-Sacrement par Raphaël, fresque, Palais du Vatican.
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Cœur de la vie chrétienne, le Saint-Sacrement est aussi au cœur de la fresque de Raphaël qui décore la Chambre de la signature du palais du Vatican. Sa composition très structurée nous fait découvrir les mystères de l’Église et de l’Eucharistie.

La fresque est située dans la Chambre de la signature, une des quatre salles du Vatican décorées par Raphaël, les stanze, à la demande du pape Jules II. Elle se trouve en face de L’École d’Athènes. Cette dernière représente les principaux philosophes grecs, et donc la raison, tandis que La Dispute évoque la théologie et la vie de l’Église. Le rapprochement des deux symbolise ainsi l’alliance de la foi et de la raison.

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La Dispute du Saint-Sacrement par Raphaël, fresque, Palais du Vatican.

Le Saint-Sacrement, exposé dans un ostensoir sur un autel ouvragé, est placé au centre du demi-cercle que constitue la voûte de la pièce. Sa position dégagée attire les regards.

Le Saint-Sacrement au centre de la discussion théologique

Au-dessus, en une parfaite verticale, le Saint-Esprit, le Christ, et Dieu le Père, réunissent sur une ligne commune le mystère de la Trinité et celui de l’Eucharistie, sujet de la disputatio. En effet, le titre de « dispute » qu’a retenu l’histoire est plus à comprendre comme une discussion théologique, animée, mais nécessaire, celle qui a permis de définir les dogmes relatifs à l’Eucharistie, que comme la bataille que l’on pourrait imaginer. Dieu lui-même vient bien rejoindre les hommes sous la forme de l’hostie consacrée ; échanges, débats et démonstration ont permis d’aboutir à cette conclusion fixant, pour les siècles, les termes théologiques du mystère du don de Dieu aux hommes à la consécration.

Le registre du bas représente l’Église militante. Prêtres, évêques, papes, docteurs de l’Église des temps primitifs et même artistes.  L’église en construction en arrière-plan est à la fois la basilique Saint-Pierre et l’Église universelle. Les mouvements sont vifs, les bras levés, les arguments semblent fuser.

L’apaisement de la contemplation

Dans le registre central, l’atmosphère est beaucoup plus apaisée, comme si, dans la contemplation de l’Éternel, toute discussion devenait inutile. Autour de Marie et de saint Jean-Baptiste, l’Église triomphante encadre le Christ. Raphaël regroupe patriarches et prophètes de l’Ancien Testament, évangélistes et martyrs. Un nuage que soutiennent des angelots leur sert de siège, et de trône pour le Christ.

Les anges, habitants du ciel, sont innombrables, cachés dans l’or du décor, ou plus visibles, honorant Dieu trois par trois. Autour de la colombe figurant l’Esprit Saint, quatre d’entre eux tiennent les Évangiles, marquant le lien entre le Verbe et la chair, entre les Écritures et l’Eucharistie.