Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mardi 01 décembre |
Saint Eloi
home iconAu quotidien
line break icon

Pourquoi dit-on « aller au diable Vauvert » ?

COMPOSTELA

Pxhere

Axelle Partaix - Publié le 14/06/19

Notre culture et notre langue française sont fortement influencées par nos racines chrétiennes. Découvrez ces expressions que nous utilisons souvent sans soupçonner qu’elles puisent leur origine dans la tradition religieuse. Aujourd’hui : « aller au diable Vauvert ».

« Aller au diable Vauvert », c’est aller loin, très loin, dans un endroit perdu. On pourrait tout aussi bien dire aller à Perpète ou Trifouillis-les-Oies, à Pétaouchnok, à Tataouine ou encore à Bab el Oued (les deux derniers lieux existent réellement, respectivement en Tunisie et en Algérie). Quant à « envoyer quelqu’un au diable Vauvert », c’est s’en débarrasser sans égards ou, en termes familiers, l’envoyer balader.

« Vauvert » vient de « vau vert », ou « val vert », c’est-à-dire vallée verdoyante. Il ne manquait pas de vallées verdoyantes en France au Moyen Âge et plusieurs hypothèses pourraient être à l’origine de cette expression.


CZY WARTO JESZCZE CZEKAĆ

Lire aussi :
Pourquoi dit-on « à Pâques ou à la Trinité  » ?

L’une d’entre elles met en scène la petite ville de Vauvert, en Camargue, étape importante sur le Chemin de saint-Jacques-de-Compostelle au Moyen Âge (la ville s’appelait alors Posquières et ce n’est qu’au XVe siècle qu’elle a été rebaptisée Vauvert). De nombreux pèlerins s’arrêtaient à l’église Notre-Dame-de-la-Vallée-Verte, sanctuaire marial de renom devant lequel étaient données de petites représentations théâtrales mettant en scène le diable et que l’on appelait diableries. Ces saynètes connaissaient un grand succès auprès des pèlerins souvent venus de bien loin pour y assister. Ajoutons à cela que pour arriver ou quitter Vauvert, les pèlerins devaient traverser des marécages, beaucoup plus nombreux à l’époque, que la croyance populaire assimilait à un passage vers l’enfer.

« Au diable » ?

Une autre explication est liée au château de Vauvert, près de Gentilly au sud de Paris. Construit au XIe siècle par Robert Le Pieux dans un environnement très verdoyant (aujourd’hui le jardin du Luxembourg), il est abandonné à la mort du roi en 1031. Peu à peu, le château tombe en ruines, on raconte que des actes blasphématoires y sont commis, on le prétend hanté, habité par le diable. Les décennies passent, sans atténuer la réputation maléfique des lieux. Mais en 1257, saint Louis cède le château aux Chartreux afin qu’ils viennent y établir leur ordre (ou tout simplement l’ordre !). Dès leur installation, les apparitions cessent. Les mauvaises langues insinuent alors que les religieux ont exploité les craintes de la population et les superstitions inspirées par le cadre sinistre en simulant apparitions, hurlements et phénomènes inquiétants et inexpliqués.




Lire aussi :
Pourquoi dit-on « jeter son dévolu » ?

Voilà pour le côté diabolique, quant à l’éloignement, même si le château de Vauvert se trouvait bien plus près de la capitale que la petite ville du Gard, il était tout de même situé en pleine campagne, bien à l’extérieur du Paris de l’époque.

Le château a aujourd’hui disparu depuis longtemps avec ses fantômes (qui selon une théorie plus récente ne seraient autres que des brigands entretenant la légende afin de dissuader les curieux et d’assurer leur tranquillité !) et son diable qui n’a laissé pour souvenir que notre expression.
Comme le résume Marc Fumaroli de l’Académie Française dans son Livre des Métaphores (Robert Laffont 2012), c’est une « tradition parisienne et tradition camarguaise convergent dans le sens de lieu éloigné où la diable fait grand bruit et où l’on envoie se faire pendre un fâcheux ou un ennemi ».

Quel est le saint patron de votre région ? :
Tags:
diableexpressionssaint jacques de compostelle
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
La rédaction d'Aleteia
Le Conseil d'État somme le gouvernement de ré...
Aliénor Goudet
La demande très spéciale que la Vierge Marie ...
CATHEDRALE NOTRE DAME DE PARIS
Caroline Becker
Découvrez l'intérieur de Notre-Dame de Paris,...
Mathilde de Robien
C’est aujourd’hui que débute la neuvaine nati...
messe avec masques
Agnès Pinard Legry
Les églises sont "des lieux de contamination"...
WEB2-JEAN CASTEX-AFP-000_8VX2FV.jpg
Xavier Patier
Messe à 30 personnes : le mépris, ça suffit !
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement