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Ce qui fait que nous sommes catholiques

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En écrivant "Ils reconnaîtront en vous mes disciples" (Artège), le père Jean-Marc Bot a voulu montrer que la "différence catholique" est une vocation à l’universel : la rencontre avec la totalité du Christ pour la totalité du monde. En quoi cette identité aussi forte est-elle aussi une vocation à l’ouverture et au dialogue ?

L’identité confessionnelle des catholiques ne peut pas se diluer dans un fond commun qui serait la notion vague de « christianisme ». Certes nous faisons partie du monde chrétien et nous partageons avec les protestants et les orthodoxes le désir de devenir disciples du Christ, selon le même Évangile. En ce sens nous avons ensemble beaucoup de points communs. Mais Jésus n’a pas fondé une nouvelle religion qui s’appellerait le christianisme. Il a fondé son Église et il lui a confié des caractéristiques, dès l’origine, qui justifient ces quatre qualificatifs : une, sainte, catholique et apostolique.

Catholique, c’est-à-dire « universel »

À cause des divisions historiques entre confessions chrétiennes, le titre « catholique » est devenu la marque d’une identité confessionnelle parmi d’autres. Dans le monde protestant on va même jusqu’à préciser « catholique romaine ». Ce qui est contradictoire puisque ce titre signifie « universel ». Pour comprendre l’enjeu de cette question il suffit peut-être de revenir au IVe siècle, vers Cyrille, évêque de Jérusalem. Ce père de l’Église est bien connu pour ses catéchèses baptismales aux catéchumènes adultes, l’un des trésors les plus précieux de l’antiquité chrétienne. Voici comment il explique le titre de catholique qui caractérisait déjà l’Église à son époque : « Donc on appelle l’Église “catholique” en raison de son extension à l’ensemble du monde habité, d’une extrémité à l’autre de la terre. À cause aussi de ce qu’elle enseigne universellement et sans défaillance tous les dogmes qui doivent venir à la connaissance des hommes, tant sur les choses visibles que sur les invisibles, sur les célestes que sur les terrestres. Encore parce qu’elle soumet tout le monde humain à la piété, chefs et subordonnés, savants et ignorants. Aussi parce qu’elle soigne et guérit universellement toutes les sortes de péchés que commettent l’âme et le corps, et possède en elle toutes les formes de ce qu’on appelle vertu, dans les œuvres et les paroles et dans toutes les diverses sortes de dons spirituels ».

La totalité du Christ pour la totalité du monde

En résumé on peut dire que « catholique », selon l’étymologie grecque du mot — selon le tout — est équivalent à holistique et à œcuménique. La totalité se décline en extension et en compréhension : totalité du monde habité, avec ses différentes cultures, et totalité du contenu de révélation, avec ses vérités de foi (dogmes) et ses dons spirituels (charismes). Si nous parlons d’une Église universelle, c’est qu’elle hérite de la totalité divine incarnée par le Christ et que cette incarnation concerne tous les hommes sans exception, jusqu’à récapituler intégralement l’histoire humaine dans son acte de salut. Le concile Vatican II a exposé cette doctrine en disant d’une part que l’Église du Christ « subsiste dans » l’Église catholique, d’autre part que cette même Église est « le sacrement universel du salut ». Dans ce domaine, elle revendique une singularité de plénitude, tout en reconnaissant, en esprit œcuménique, que des éléments précieux de vie ecclésiale se trouvent présents et actifs dans les autres confessions chrétiennes.

L’ouverture au dialogue du salut

Or une Église, par définition catholique, c’est-à-dire universelle, ne mérite ce titre qu’à condition de posséder au plus intime d’elle-même le moyen de surmonter sa particularité confessionnelle. La question de fond est de savoir comment la foi en une telle identité débouche sur des attitudes ouvertes, non prétentieuses, non totalitaires, capables de la rendre crédible aux yeux des non-catholiques. Autrement dit un catholique ne peut en aucune manière être sectaire. Enraciné dans une identité aussi forte il doit pouvoir s’ouvrir positivement à ceux qui ne pensent pas comme lui, en pratiquant le dialogue du salut dont a parlé le pape Paul VI dans sa première encyclique, Ecclesiam suam. Dans le livre Ils reconnaîtront en vous mes disciples (Artège), je tente de synthétiser cette ouverture de plusieurs manières. Tout d’abord en montrant que le disciple du Christ est celui qui a rencontré le Ressuscité dans une expérience intime de conversion. Le sacrement de baptême marquant son appartenance à l’Église visible doit s’accompagner, avant, pendant, ou après sa célébration, d’une telle expérience spirituelle, sous peine de produire un effet pervers. Ensuite le catholique cohérent ne peut que puiser, comme tous les autres chrétiens, dans le Nouveau Testament, les éléments d’une spiritualité à triple dimension : prière, communion fraternelle et mission. Avec les autres chrétiens nous pouvons pratiquer l’échange des dons dans ces trois domaines, ce qui se fait déjà de bien des manières. Nous pouvons aussi nous retrouver dans la pensée sociale chrétienne, autour des valeurs les plus universelles, ce que je traite dans la dernière partie de mon livre.

Le message des papes

Mais les divisions historiques ont laissé des traces dans nos mémoires confessionnelles. Ainsi les catholiques du passé, en réaction contre les autres chrétiens, ont développé des réflexes identitaires autour de ce que saint Jean Bosco appelait, au XIXe siècle, les trois blancheurs : le pape, la Vierge Marie et le Saint Sacrement. Parmi ces marqueurs identitaires je voudrais ici dire un mot sur la papauté, puisque c’est finalement elle qui incarne la différence la plus irréductible par rapport aux autres communautés chrétiennes et aux églises sœurs.

Après le concile Vatican II, sous le pontificat du pape François, nous pouvons apprécier avec une certaine admiration le parcours de la primauté romaine. Cette vieille institution ne cesse de se rajeunir depuis qu’elle a quitté sa posture défensive, en guerre de civilisation contre la Modernité. Avant que le pape François ne se mette à réformer la curie, Jean Paul II avait terminé son encyclique sur l’œcuménisme par cette question : comment faire pour que la primauté romaine devienne un service d’amour reconnu par les uns et les autres ? Il avait sollicité des propositions, dans un dialogue fraternel et patient, pour l’aider à avancer dans cette direction, au-delà des polémiques stériles. Entre les deux excès de la papolâtrie et du complexe antiromain, les catholiques conservent la certitude de foi que l’unité organique est donnée en cadeau à leur Église depuis son origine. Pourtant il reste à celle-ci un chemin de conversion à parcourir pour que sa capacité universaliste se déploie davantage, de manière visible, jusqu’à offrir à tous les chrétiens le moyen le plus sûr de la communion dans la diversité. Nul doute que l’évolution de la papauté, en collégialité avec tout l’épiscopat, conduira l’Église vers ce miracle de la grâce.

Ils reconnaîtront en vous mes disciples, Ce qui fait que nous sommes catholiques, Artège, 2019, 248 pages, 15,90 euros

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