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« Roxane » : une comédie poétique au secours de l’âme contre la finance

MARS FILMS
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Le premier long-métrage de Mélanie Auffret plonge dans l’univers incertain des producteurs d’œufs en Bretagne. Quand le théâtre s’invite au cœur du drame des enjeux financiers, Rostand et Molière nous parlent bien mieux du sens des choses que l’industrie alimentaire. « Roxane » est en salles actuellement.

L’héroïne est une poule. Le film un plaidoyer pour la liberté, même si elle doit user du ridicule. Et le ton est celui du théâtre et des vers, au milieu de la production d’œufs bio. Guillaume de Tonquédec sauve fabuleusement l’ensemble de l’histoire par sa présence exemplaire, toujours suivi par sa fidèle poule au caractère bien trempée : Roxane.

« On se souvient toujours si mal de ceux qui vous ont fait du bien »

Son personnage, Raymond, est lui-même producteur d’œufs bio. Son secret pour rendre ses poules heureuses est de leur déclamer des vers de Cyrano de Bergerac. Mais face à la pression et aux prix imbattables des concurrents industriels, sa coopérative ne viendra plus chercher ses œufs, comme pour bien d’autres. Face à cette menace de fermeture de son exploitation, il a alors l’idée de faire le buzz sur internet avec des vidéos. Mais pour cela, il lui faut parfaire sa diction et surtout sa culture… avec une enseignante anglaise qui ne le ménage pas. Elle nous offre d’ailleurs un très beau moment d’émotion en disant les mots de Sacha Guitry dans Deburau, qui termine par : « On se souvient toujours si mal de ceux qui vous ont fait du bien ». Phrase qui résume très bien le traitement réservé à ceux qui nous nourrissent sur les terres de France. À méditer.

L’insouciance a-t-elle encore de l’avenir ?

L’idée du film est formidable : parler d’une crise sociétale et de son inversion des valeurs sous le regard de la poésie et du théâtre. La réalisatrice, pour ce premier film, a peut-être trop hésité à y plonger franchement. Elle aurait pu pourtant. Mais ce qu’elle nous sert déjà de textes et de mots tirés des classiques du théâtre français est bien mené. On se régale de voir Raymond poster une vidéo où il se met en scène avec sa poule pour la fable « Le Corbeau et le Renard ». Face à des adultes à la dérive, qu’ils soient devenus cyniques ou suicidaires à cause des mêmes raisons, rêver un peu et faire rêver les autres a encore du sens. Au départ ridicules et presque grotesques, les vidéos réalisées au milieu de l’exploitation de poules prennent leur envol, même si on ne comprend pas très bien en quoi elles peuvent sauver Raymond de la faillite. Cela lui redonne en tout cas l’admiration de sa femme.

Certains aspects de la comédie sont plus relativement réussis mais on se plaît à croire que l’insouciance peut encore avoir quelque rôle à jouer aujourd’hui. Et c’est le beau message de ce film.

Roxane, de Mélanie Auffret, avec Guillaume de Tonquédec, Léa Drucker, Lionel Abelanski et Kate Duchêne, 1h28, en salles le 12 juin

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