Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Chaque jour, du beau, du bon et du vrai avec la newsletter d'Aleteia!
Je m'abonne gratuitement!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Comment réagir face à l’hypersexualité chez les jeunes ?

GROUP TEENAGERS
George Rudy I Shutterstock
Partager

Les portables sont interdits à l’école depuis septembre 2018. Malgré cela, les collégiens, parfois dès la 6e, sont confrontés à une hypersexualisation galopante, assumée ou subie, véhiculée par la pornographie et les réseaux sociaux. Comment réagir en tant que parent ?

C’est un fait, l’hypersexualité envahit les cours d’école. L’actualité en a été la preuve récemment : la principale du collège de Mios, en Gironde, a informé par courrier les 600 parents d’élèves de 6e et de 5e de comportements inappropriés au sein de l’établissement. Leur description fait froid dans le dos : « Visionnage de films à caractère pornographique, exhibitionnisme, masturbation dans la cour de récréation, attouchements des parties intimes, diffusion de photos dénudées ou vidéos sur les réseaux sociaux, réalisation de vidéos à caractère pornographique. » Un élève a seulement 12 voire 11 ans lorsqu’il rentre au collège! La totale méconnaissance, chez certains, du caractère intime de la sexualité, corrélée à un mauvais usage des réseaux sociaux, fait de la cour de récréation une menace pour de jeunes adolescents. Faut-il y voir, en tant que parent, de simples bêtises de jeunesse ou un enjeu de taille dans l’éducation affective de ses enfants ? Éléments de réponse avec Françoise Guinard, membre du CLER Amour et Famille et intervenante sur le sujet de la pornographie aux forums Giga la Vie organisés par l’Institut des Hauts-de-Seine.

Aleteia : Est-ce que ce phénomène d’hypersexualisation chez les jeunes est quelque chose de nouveau? Si oui, qu’est-ce qui fait qu’il est de plus en plus prégnant, et envahit ainsi les cours d’école?
Françoise Guinard : Cette sexualité exacerbée et montrée aux yeux de tous est apparue à partir du moment où les smartphones sont tombés entre les mains des enfants. Ils ont eu accès aux réseaux sociaux, à des contenus publicitaires inadaptés et pornographiques. Malgré l’interdiction du téléphone à l’école, ils se connectent dans les toilettes ou à la sortie des cours.

« C’est de leur âge d’avoir une certaine curiosité pour la sexualité, pour découvrir comment cela fonctionne. »

Pourquoi est-ce si prégnant, si contagieux ? Parce que l’âge du collège est un âge où un enfant cherche à se valoriser aux yeux des autres. Il veut montrer à ses copains ce qu’il a vu, et plus c’est choquant, plus cela a de la valeur ! Et les copains n’osent pas dire non ni détourner la tête, de peur de passer pour un ringard.

Certains parents du collège de Mios ont réagi en disant : « c’est de leur âge ! » ? Mais est-ce vraiment de leur âge ?
Non, ce n’est pas de leur âge. Les adultes ont tendance parfois à banaliser la sexualité. La loi interdit aux mineurs l’accès à toute forme de pornographie, mais dans les faits, les mineurs ne sont absolument pas protégés. Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. À eux de les accompagner dans la découverte de la vie affective, de la vie relationnelle et de la sexualité. Mais il est vrai qu’ils sont souvent démunis pour aborder avec eux ces sujets.

Alors comment les aborder justement ?
Il est essentiel de reprendre avec eux les notions de pudeur, d’intimité et de respect : respect de soi et de l’autre. « Mon corps, c’est moi ». Prendre soin de son corps, c’est le respecter. Et respecter son corps, c’est aussi savoir dire non. C’est de leur âge d’avoir une certaine curiosité pour le corps, pour la sexualité, pour découvrir comment cela fonctionne. Mais ici, le moyen pour satisfaire cette curiosité n’est pas bon en soi, car il met dans le cerveau des images choquantes du corps.

Quel est le danger ?
Ce serait d’être à la fois choqué et envoûté par la force de ces images, et d’y revenir, tellement elles ont choqué le cerveau. On a donc un risque d’accoutumance, puis de dépendance.

« Si un enfant y est confronté, il est vraiment nécessaire d’en parler, même s’il n’a pas cherché à les voir, car cela peut être extrêmement culpabilisant pour lui. »

Que dire à son enfant qui entre en 6e par exemple, puisqu’il sera nécessairement confronté, à un moment ou à un autre, à de tels comportements dans la cour de récréation ?
En premier lieu, je dirai d’éviter les sanctions ou les punitions qui risquent de renforcer l’attrait des jeunes vers ces pratiques. Je conseille de privilégier la prévention par l’information et le dialogue, pour aider le jeune à réfléchir et à prendre du recul par rapport à ces comportements : qu’est-ce que j’ai envie de vivre ? qu’est-ce que cela produit sur moi ? sur l’autre ?

Il est important de prévenir son enfant que des images et des vidéos, en lien avec la sexualité, circulent peut-être au collège et que certains enfants ont de la curiosité pour ce sujet. Informez-le que ces images du corps sont avant tout faites pour un public adulte, qu’il existe de belles images du corps et d’autres où le corps est dégradé, abîmé. Dites-lui que ces images sont dégradantes, voire écœurantes, que c’est une industrie énorme faite pour gagner de l’argent. Si un enfant y est confronté, il est vraiment nécessaire d’en parler, même s’il n’a pas cherché à les voir, car cela peut être extrêmement culpabilisant pour lui.

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]