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Politique : la tentation du statu quo

élections ; politique ; vote ; république
© Corinne SIMON/CIRIC
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Comment interpréter le résultat des élections européennes ? Les nouveaux clivages révèlent des fractures sociales plus profondes que les divisions partisanes.

À peine 15 % des voix… C’est ce que pèsent désormais, en scores cumulés, le Parti socialiste et le parti Les Républicains, soit les deux partis que l’on appelait, il n’y a pas si longtemps encore, les « partis de gouvernement ». Ils ont gouverné en effet, ils ont échoué, la sanction est logique.

Nouvelles fractures

Chez Les Républicains, le psychodrame est à l’œuvre. Valérie Pécresse s’en va ; les élus grondent. « La marque LR est périmée », se lamente le maire de Chaville Jean-Jacques Guillet. Il faut le comprendre : l’étiquette du parti, jadis porteuse, est devenu un boulet. Le parti Les Républicains constituait principalement un cartel électoral, c’est-à-dire une alliance d’intérêts électoraux entre personnes qui ne partagent pas de socle idéologique commun. À partir du moment où LR n’est plus une machine à fabriquer des élus, le cartel éclate, LR n’a plus de raison d’être. Et la solution de survie peine à apparaître. En effet, la droite est prise en étau entre deux forces qui récusent toutes deux le clivage droite-gauche, lui préférant celui entre mondialistes et nationalistes, entre progressistes et populistes. Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont d’accord sur ce clivage : il permet au premier d’asseoir son pouvoir ; il permet à la seconde de gérer confortablement sa rente d’opposition.

Cependant, si LREM et le RN sont parvenus à imposer ce schéma politique, ce n’est pas seulement par habileté stratégique, c’est aussi parce qu’il repose sur une fracture sociogéographique profonde entre territoires gagnants et perdants de la mondialisation. Sur ce terrain, le clivage droite-gauche devient inopérant.

Attitude psychologique

Voici cependant la droite qui court paradoxalement après ce qui est obsolète. Certains pensaient avoir la solution : un conservatisme à la française. Le triomphe de Fillon aux primaires de 2017 a pu laisser croire à l’émergence d’un tel courant. En choisissant François-Xavier Bellamy, nouvelle figure de proue conservatrice, Laurent Wauquiez avait misé sur ce créneau pour sauver les meubles, c’est raté. Il semble que ce conservatisme n’intéresse pas les grandes masses sociologiques qui structurent aujourd’hui l’électorat. Il est difficile d’imaginer comment il pourrait constituer une identité politique opérationnelle pour demain.

Il se confirme peut-être que le conservatisme, en France, est profondément, et peut-être avant tout, une attitude psychologique : l’attitude psychologique d’une sociologie incluse qui préfèrera toujours, bon an mal an, un statu quo économique, social et institutionnel à n’importe quelle aventure politique réellement nouvelle. Sur ce créneau, Macron emporte le morceau parce qu’il tient fermement le manche face aux « antisystème ». C’est ainsi qu’il a conquis l’électorat bourgeois de la droite classique. Il incarne en effet par excellence la formule du personnage Tancredi dans le film Le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change.

Retrouvez en podcast cette chronique publiée en partenariat avec Radio Espérance

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