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Le jour où deux chefs d’État ennemis ont prié ensemble pour la paix

Capture I Catholic News Service

Le 8 juin 2014, Mahmoud Abbas et Shimon Peres ont prié avec le pape François pour la paix au Proche-Orient.

Paul de Dinechin - Publié le 07/06/19

“Pour faire la paix, il faut du courage, bien plus que pour faire la guerre”. Voilà ce que le pape François déclarait le 8 juin 2014 à deux chefs d’État ennemis. Le chef de l’Église catholique leur avait donné rendez-vous au Vatican. Une réunion que l’on avait alors qualifiée, non sans raison, d’historique.

Sous un ciel romain azur et dans un décors de verdure calme et serein, à deux pas du tombeau du premier pape martyr, la scène avait tout pour susciter un immense intérêt. Le 8 juin 2014, dans les jardins du Vatican, les projecteurs du monde entier étaient braqués sur le spectacle qui allait se jouer.




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« J’offre ma maison, au Vatican, pour accueillir cette rencontre de prière ». Sur invitation du souverain pontife, lancée d’une voix sans tremblement lors d’un déplacement en Terre Sainte un mois plus tôt, deux chefs d’État en conflit depuis alors 70 ans – l’Israélien Shimon Peres et le Palestinien Mahmoud Abbas – allaient se retrouver d’une minute à l’autre dans le centre névralgique du catholicisme pour invoquer le “don de la paix” en Terre Sainte et dans le monde.

Leur objectif commun, en cette chaude fin d’après-midi romaine du mois de juin, était de refroidir le climat de haine et d’atténuer la spirale de violence dans laquelle se trouvaient leur deux pays. Le moment était délicat, les discussions entre Israël et la Palestine étant alors au point mort.

Discrètes entrevues

Les acteurs principaux sont entrés en scène dans un ordre différents. Hôte de cet extraordinaire temps de prière, le pape François a tout d’abord accueilli Shimon Peres, président israélien. Costume sombre, cravate bleue : ce vieux monsieur de 91 ans était à la fin de son mandat. Il allait d’ailleurs mourir deux ans plus tard, au terme d’une vie entièrement consacrée ou presque à la politique.

Les deux hommes s’étaient rapidement éclipsés dans l’un des salons de la Maison Sainte-Marthe pour un échange en tête-à-tête. Même scénario pour Mahmoud Abbas, alors président de l’Autorité palestinienne depuis 2005.


POPE FRANCIS,SKIES,WEATHER

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Ce n’est qu’après seulement que les trois hommes se sont retrouvés. Si Mahmoud Abbas et Shimon Peres s’étaient déjà rencontrés à plusieurs reprises, les voir se saluer avec un sourire aussi large, réunis devant et par l’évêque de Rome, fut pour les témoins de la scène un moment exaltant et émouvant. Le Saint-Esprit lui-même – certainement présent – devait à coup sûr afficher un petit air de satisfaction.

Puis, tous ensemble, ils avaient rejoint les différentes délégations d’un pas lent et solennel à travers les allées délicatement pavées du petit État. Un moment fort qu’une horde de photographes venue du monde entier avait saisie sous tous les angles.

Une seule parole : ‘frère’

Cardinaux, évêques, prêtres, rabbins, imams, mais aussi diplomates, conseillers, professeurs… Les témoins de la scène avaient ensuite assisté à une série de prières pour chacune des trois religions monothéistes, suivant à chaque fois le même schéma : une ouverture musicale, une prière, une demande de pardon et enfin une invocation de paix.

Le successeur de Pierre lui-même avait invoqué l’aide de Dieu et lancé un appel à cesser “la spirale de la haine et de la violence, à la rompre avec une seule parole : ‘frère’”. Se tournant plus particulièrement vers la Sainte Vierge, il avait terminé avec cette supplication : “Rends-nous disponibles à écouter le cri de nos concitoyens qui nous demandent de transformer nos armes en instruments de paix, nos peurs en confiance et nos tensions en pardon”.




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“Pour faire la paix, avait-il aussi confié aux deux leaders des pays divisés, il faut du courage, bien plus que pour faire la guerre“. Il faut du courage “pour dire oui à la rencontre et non à l’affrontement ; oui au dialogue et non à la violence ; oui à la négociation et non aux hostilités ; oui au respect des accords et non aux provocations ; oui à la sincérité et non à la duplicité”.

Dernière scène mythique de la journée : à grands renforts de coups de pelles, le Pape et les deux responsables politiques de Terre Sainte avaient planté un olivier, arbre symbole de paix et de réconciliation.

Une minute pour la paix

Bien sûr, cet événement n’avait pas rétabli la paix du jour au lendemain au Proche-Orient. Mais ce 8 juin 2014, trois responsables importants de bonne volonté et croyant en Dieu avaient apporté une contribution nouvelle et forte pour la paix.

À l’approche du 5e anniversaire de cette rencontre, le pape François a relancé, lors de la dernière audience générale sur la place Saint-Pierre, l’invitation à consacrer une minute à la paix – de prière, pour les croyants, et de réflexion, pour ceux qui ne croient pas – à 13 h le 8 juin prochain. Un seul but à son sens : chercher à rendre le monde plus fraternel.


PAPIEŻ FRANCISZEK

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